Jouer contre des grands maîtres simulés - Echecs et informatique sur PC-Windows

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Jouer contre des grands maîtres simulés





 



Jouer contre des moteurs simulant le jeu de tel ou tel grand maître des échecs est un luxe qu'il est tout à fait possible d'obtenir aujourd'hui. Certains moteurs sont suffisamment puissants et plastiques pour proposer des profils de personnalité crédibles. Le plus doué est incontestablement le moteur Rodent. Son système "d'accord de personnalité", riche de plus de 70 paramètres, est capable de simuler avec réalisme même le jeu de joueurs spéculatifs comme Mikhaïl Tal. Entre Rodent III et Rodent IV, c'est plus de vingt personnalités de grands maîtres qui sont simulés.
Le moteur Prodeo est également très fort, sur ce plan. Il propose autant de paramètres que Rodent. Ils sont cependant moins bien documentés et je ne proposerai pas de vous guider, comme je l'ai fait avec Rodent, pour l'utiliser. Je n'insisterai que sur les sept profils déjà crées simulant des joueurs célèbres.


Capablanca, Botvinnik, Karpov, Kasparov...

Un autre important pourvoyeur de grands maîtres simulés est l'interface Lucas Chess, qui propose une collection de "moteurs GM" riche de 16 membres, dont beaucoup sont inévitablement  les mêmes que ceux proposés par Rodent ou ProDeo. On ne sait pas quels sont des 52 moteurs internes de LC celui ou ceux qui ont été bricolés pour parvenir à ces 16 profils mais étant donné le sérieux de l'équipe de développement de Lucas Chess, en particulier Lucas Monge, on peut les supposer crédibles.

C'est le moteur The King, qui équipe la franchise d'échecs Chessmaster, qui offre la plus grande collections de GM : 49 simulation balayant l'essentiel de l'histoire des échecs, du 19eme siècle jusqu'à, disons, hier (Chessmaster n'a plus évolué depuis plus de 15 ans), mais avec une nette sureprésentation des GM américains...


Les limites des joueurs simulés

Il faut être conscient des limites des profils simulés. Ce sont d'intéressantes approximations et c'est tout. La plupart, sinon tous, se basent d'abord sur l'opinion que se sont forgée les spécialistes sur la base de parties particulièrement célèbres et/ou d'évènements prestigieux, tel que le championnat du monde. Une fois créé, le profil d'un GM simulé jouera toujours de la même manière. Un champion humain ne fonctionne jamais ainsi. Son jeu évolue dans le temps mais aussi dans l'espace, en fonction des circonstances. Ne prenons qu'un seul exemple, celui de Vladimir Kramnik. Il est habituel de classer l'ancien champion du monde dans la catégorie des joueurs positionnels et défensifs, très forts certes mais dont les parties sont ennuyeuses. Or, dans la première partie de sa carrière, Kramnik avait un style beaucoup plus offensif et étonnait par ses combinaisons tactiques complexes. Au fur et à mesure qu'il progressait dans la hiérarchie échiquéenne, son jeu devenait plus sage et plus défensif. Mais ce n'est même pas toujours vrai ! Dans les épreuves du championnat du monde, face à des joueurs qui ne laissent pas impunie la plus petite erreur, la prudence était de mise et Kramnik affichait une préférence pour les lignes calmes. Dans d'autres compétitions aux enjeux moins importants, devant des joueurs moins prodigieusement forts, Kramnik retrouvait son style offensif et combinatoire naturel. Question: quel Kramnik est le bon ?  


Tal, Petrossian, Nimzowitsch, Kortchnoï.


Les grands maîtres de Rodent III

Le moteur Rodent III simule avec fidélité (et une force de plus de 3000 Elo) le jeu de 21 grands personnages de l'histoire des échecs. Auxquels s'ajoutent mes deux profils : Paul Morphy et Viktor Kortchnoï. Nous avons, approximativement dans l'ordre de la chronologie historique :

Adolf Anderssen
/ Paul Morphy / Wilhelm Steinitz / Siegbert Tarrasch / Akiba Rubinstein / Frank Marshall / Emanuel Lasker / José Raúl Capablanca / Aaron Nimzowitsch / Richard Reti / Alexandre Alekhine / Mikhaïl Botvinnik / Tigran Petrossian / Mikhaïl Tal / Viktor Kortchnoï / Boris Spassky / Bent Larsen / Bobby Fischer / Anatoli Karpov / Garry Kasparov / Vishy Anand / Manuel Bosboom et  Veselin Topalov.

Les profils de chacun de ces joueurs sont dotés de bibliothèques d'ouvertures réalisées à partir des parties des champions eux-mêmes, afin de parfaire le mimétisme.

On pourra évidemment regretter de ne pas trouver dans cette liste quelques joueurs qui y auraient bien mérité une place, comme par exemple Max Euwe. Ou bien quelques uns des joueurs les plus forts de ces 10 dernières années. La collection s'arrête à hier. La présence de Vishy Anand est déjà presque une anomalie. Aucun joueur de la nouvelle génération n'est simulé - et notamment pas Magnus Carlsen, qui restera pourtant, c'est certain, comme un moment important dans l'histoire des échecs.


Tous les profils de Rodent III sont commentés sur cette page du site : "Les grands maîtres de Rodent:  21 Famous personality".

Arena est l'interface la plus adaptée pour utiliser les joueurs simulés de ce moteur. Pour l'installation voir cette page.


Bobby Fischer, Boris Spassky, Anderssen, Steinitz.


Les grands maîtres de Rodent IV


Bien que partageant les mêmes principes "d'accordabilité", Rodent IV est trop différent de Rodent III pour que les personnalités développées pour lui puisse être utilisées, même avec un petit peu d'adaptation. Une convertion demande un certain travail. Par ailleurs, l'auteur de Rodent, Pawel Koziol, a beaucoup élevé son niveau d'exigence. Et c'est pourquoi le moteur en version 4 ne propose plus que trois grands maîtres du passé : Morphy, Nimzowitsch et Mikhaïl Tal. C'est peu, mais j'ai passé du temps à convertir d'abord mon propre profil Kortchnoï, puis cinq des anciennnes personnalités de Rodent III : José Raúl Capablanca, Mikhaïl Botvinnik, Tigran Petrossian, Anatoly Karpov et Garry Kasparov. Par la suite, les autres profils ont suivi : Bobby Fischer, Veselin Topalov, Wilhelm Steinitz
, Siegbert Tarrasch, puis Boris Spassky, Vishy Anand, Frank Marshall, Alexander Alekhine, Richard Réti et Bent Larsen. Enfin, j'ai créé récemment de toute pièce un Adolf Anderssen et un profil tout nouveau simulant le grand champion anglais Nigel Short. Rodent IV a donc à présent vingt grandes personnalités simulées. Au fil du temps, j'adapterai les derniers GM de Rodent III (il ne reste plus qu'Akiba Rubinstein et Emanuel Lasker).
J'ai également commencé à réfléchir à la création de personnalités nouvelles, notamment de la jeune génération, très peu représentées actuellement. Mes premières cibles: Vachier-Lagrave, déjà publiée mais encore en béta, et Magnus Carlsen.
En collaboration avec Fabien Sauser, une personnalité Max Euwe a été développée et est également disponible.



The King et les 49 GM de Chessmaster

Le programme d'échecs commercial Chessmaster, avec son célèbre moteur The King, fut le premier à être accompagné d'un module de créations de personnalités et à proposer une petite cinquantaine de simulations de grands maîtres d'échecs, d'hier ou d'aujourd'hui. Voici la liste complète :

Alekhine Alexander, Anand Vishy, Anderssen Adolf, Bird Henry, Blackburne Joseph Henry, Bogoljubow Efim, Botvinnik Mikhaïl, Capablanca José Raul, Chigorin Mikhaïl, Christiansen Larry, Euwe Max, Evans Larry, Fine Reuben, Fischer Robert, Flohr Salo, Geller Efim, Ivanchuk Vassili, Kamsky Gata, Anatoly Karpov, Kashdan Isaac, Garry Kasparov, Keres Paul, Korchnoï Viktor, Larsen Bent, Lasker Emanuel, Leko Peter, Marshall Frank, Morphy Paul, Najdorf Miguel, Nimzowitsch Aaron, Paulsen Louis, Petrosian Tigran, Pillsbury Harry Nelson, Polgar Judit, Reshevsky Samuel, Reti Richard, Rubinstein Akiba, Seirawan Yasser, Shirov Alexei, Short Nigel, Smyslov Vassily, Spassky Boris, Steinitz Wilhelm, Tal Mikhaïl, Tarrasch Siegbert, Tartakower Xavier, Timman Jan, Waitzkin Joshua, Zukertort Johannes.

Même si le nombre de paramètres de programmation de The King ne permet pas la précision apportée à une simulation par Rodent ou Prodéo, ces imitations ont été développées par des professionnels et validées par des grands maîtres. Elles tiennent la route et la ressemblance vous sautera aux yeux.
Pour rendre ces simulations encore plus réalistes, j'ai créé 126 bibliothèques d'ouvertures pour les accompagner - deux ou trois par grand maître, afin qu'elles puissent s'adapter au niveau de force choisi pour la personnalité.


Lucas Chess et ses 16 "moteurs GM"

Dans sa série "Moteurs GM", Lucas Chess propose lui aussi 16 simulations de grands maîtres. Comme on pouvait s'y attendre, beaucoup (Alekhine, Anand, Botvinnik, Capablanca, Fischer, Karpov, Kasparov, Lasker, Petrosian, Spassky, Steinitz et Tal) sont déjà dans la liste des famous personality de Rodent. Mais il y a quatre inédits, qui comblent un vide avec bonheur. Deux anciens,  Max Euwe et Vassily Smyslov, un senior, Vladimir Kramnik, et un jeunot, Magnus Carlsen. Voir : "Lucas Chess : menu jouer".

Pour obtenir ces diverses personnalités, les auteurs ont d'abord eu recours à Greko 7. Ce moteur ne proposait que six paramètres pour régler le style et un dernier pour le niveau de jeu. Ce n'était pas suffisant pour définir finement une personnalité et par ailleurs, le jeu n'était pas toujours très réaliste. Par la suite, des moteurs programmables de deuxième génération ont permis de proposer des joueurs plus crédibles - et en particulier des imitations de grands maîtres assez fidèles. Ces moteurs sont notamment Greko 12.9, Amyan 1.62, Fruit 2.3.1, Gambit Fruit 4bx,  Deep Toga NPS 1.9.6, Hamster 0.5. Le style natif de ces moteurs et le nombre de paramètres mobilisable est variable. Ils ont été utilisés en fonction de la personnalité à émuler. Je suppose que Gambit Fruit, moteur offensif et spéculatif, était parfait pour imiter Tal tandis que Fruit, beaucoup plus sage, allait mieux pour Karpov, par exemple. Bizarrement Rodent, pourtant le moteur le plus abouti en matière de création de personnalités, n'a pas été sollicité.
Quoi qu'il en soit, les Grands Maîtres de Lucas Chess sont de très bonnes imitations, peut-être pas aussi bonnes que celles de Rodent mais probablement au moins aussi bonnes que ce que proposait Chessmaster il y a quelques années.


Comment utiliser les bibliothèques d'ouvertures des moteurs GM ?


Pour chaque moteur GM, Lucas Chess propose une bibliothèque d'ouvertures spécifique, au format Polyglot (.bin), du nom du joueur simulé. C'est une très bonne chose mais cette bibliothèque n'est pas automatiquement sélectionnée en même temps que vous choisissez un moteur GM. Avant de lancez la partie, n'oubliez pas d'ouvrir l'onglet "Coup Initiaux" du menu des moteurs, de choisir la bonne bibliothèque et de cocher la case "Mandatoire".


Sur ce même onglet vous aurez à régler un paramètre important : à côté de "Coup de l'adversaire" vous avez un menu spinbox qui contient quatre choix :
➤"Sélectionné par le joueur" : si vous avez choisi une ouverture spécifique (en cliquant un peu plus haut sur le bouton "Ouverture") vous forcerez le moteur GM à l'utiliser.
➤Aléatoire équitable : il y aura un tirage au sort du coup à jouer mais une ouverture très rarement jouée par le GM aura autant de chance d'être sélectionnée qu'une ouverture fréquemment pratiquée. C'est le choix par défaut.
➤Aléatoire proportionnelle : tirage au sort là encore mais une ouverture fréquemment pratiquée par le joueur aura beaucoup plus de chance d'être sélectionnée qu'une ouverture rarement employée (le meilleur choix selon moi)
➤Toujours le % le plus élevée : la ligne d'ouverture la plus performante (celle qui a donné le plus de parties gagnante) sera automatiquement jouée (le moins bon choix).

Par ailleurs, les bibliothèques d'ouvertures des moteurs GM sont minuscules. La plus petite (Steinitz) ne pèse que 8 Ko ; la plus grosse (Karpov), 44 ko. Elles ne contiennent donc que les ouvertures les plus courantes du GM et les lignes seront peu développées. Si vous souhaitez voir le moteur jouer à un niveau très élevé, vous pourrez les remplacer par des bibliothèques plus conséquentes. Par exemple, les bibliothèques de Rodent - du moins pour les 12 GM en commun avec ce moteur (voir "Les bibliothèques d'ouvertures de Rodent").

Pour les quatre autres, j'ai créé moi-même  les bibliothèques adéquates. Vous les trouverez en téléchargement avec les fiches sur les GM, plus bas. Copiez les bibliothèques dans le dossier "Openings" de Lucas Chess (c'est obligatoire).


Tous les "Moteurs GM" de Lucas Chess

Récapitulatif des moteurs simulés par Lucas Chess : Alekhine / Anand / Botvinnik / Capablanca / Carlsen / Euwe / Fischer / Karpov / Kasparov / Kramnik / Lasker / Petrossian / Smyslov / Spassky / Steinitz / Tal.


Prodeo

Le hollandais Ed Schröder fut l'un des premiers à mettre en service des versions très largement paramétrables de Prodeo, son moteur gratuit, afin de mimer des personnalités différentes. Depuis la version 1.2, aujourd'hui inutilisable, chaque distribution du moteur contient d'ailleurs sept profils mimant les personnalités d'Alexandre Alekhine, Vishy Anand, Bobby Fischer, Anatoli Karpov, Garry Kasparov, Judit Polgar et Mikhaïl Tal.
Depuis la version 2.6, Ed Schröder propose un outil en ligne de création de "personnalités". Vous le trouverez ici : http://rebel13.nl/pers26.html
Malheureusement, il n'y a pas assez d'indications pour régler en connaissance de cause les 110 paramètres proposés et personnellement, j'ai renoncé à l'utiliser, préférant me concentrer sur Rodent III.

Utiliser les sept profils de personnalité pose par ailleurs quelques problèmes pratiques car s'ils sont présents dans toutes les versions de Prodeo, y compris les plus récentes, celles-ci ne sont pas configurées pour les utiliser. Rien de bien compliqué cependant. Voir à ce sujet: "Jouer contre Alekhine, Anand, Fischer, Karpov, Kasparov, Polgar ou Tal ?"
Notez qu'il y a un profil qui n'est pas déjà pris en charge par Rodent ou Lucas Chess, celui de Judit Polgar, première femme à dépasser 2700 Elo et à se classer dans le top 10 des meilleurs joueurs du moment. Une joueuse au style flamboyant, qu'on appréciera de retrouver sur nos ordinateurs.

Gestion des bibliothèques d'ouvertures


Prodeo utilise un système d'ouvertures qualifié "d'intelligent", c'est-à-dire censé s'adapter au style de jeu du joueur. Il s'appuie sur la base de données ECO (EOC dans la terminologie de Prodeo). Intelligent mais pas assez tout de même pour choisir les lignes préférées des grands maîtres. Si vous utilisez Arena comme interface, guidez le moteur vers une bibliothèque d'ouverture dédiée. J'ai créé pour le moteur The King de Chessmaster des bibliothèques d'ouvertures abk pour les 49 personnalités simulées pour le jeu. Tous les joueurs de Prodéo étant commun à cette liste, il vous suffit d'aller chercher les bonnes bibliothèques.  

Télécharger le pack de bibliothèques de grand maîtres ?



Chessterfield

Je n'ai pas encore parlé de Chessterfield, moteur à réseau neuronal livré avec un module d'apprentissage permettant de construire de nouveaux fichiers de poids à partir de plusieurs dizaines de milliers de parties au format Pgn. Nouveau fichiers de poids signifiant "style différent". Voir "Chessterfield CL i5a, moteur neuronal".
Il faut au moins 40.000 parties pour avoir un profil qui dépasse 1800 Elo et donc Chessterfield n'est pas vraiment adapté pour créer des simulations de GM. J'ai toutefois utilisé quelques subterfuges pour créer un profil "Judit Polgar" et un profil "Alexei Shirov" d'une force d'environ 1850 Elo. Ce n'est pas très puissant, d'où le nom de "MiniPolgar" et de "Petit-Shirov" que je leur ai donné. Mais les profils, accompagnés de bibliothèques d'ouvertures créée avec les parties des deux joueurs, me semblent assez réussis.




Les moteurs qui jouent comme...

Certains moteurs, avec leur configuration par défaut, ont un jeu qui ressemble à celui de tel ou tel joueur humain.

Ainsi, AdroitChess (2080 Elo) joue à la manière de Tigran Petrossian.

AnMon (2550 Elo), Houdini (3200 Elo*) et Rhetoric (2800 Elo) ont un jeu offensif et spéculatif proche du style d'Alexei Shirov.

Komodo (3400 Elo**) est un Karpov like.

Sissa (1950 Elo), GreKo (2700 Elo) et Stockfish (3400 Elo), avec des niveaux de force très différents, sont proches du style offensif de Kasparov.

Gambit Fruit (2700  Elo) et Open Tal (2600 Elo) ont été développés pour jouer à la manière risque-tout de Mikhaïl Tal.

SmarThink (3000 Elo) est un clone informatique de Bobby Fischer.

Alarm (2200 Elo) et Mustang (2040 Elo) jouent à la manière de Viktor Kortchnoï.

Winchess (2300 Elo), moteur très équilibré entre jeu positionnel et jeu tactique-offensif, pourrait se comparer à Alexandre Alekhine.


*Pour la version 15a, gratuite. La dernière version d'Houdini approche les 3400 Elo
**Pour la version 12, gratuite.



Maxime Vachier-Lagrave


Maxime Vachier-Lagrave, dit souvent "MVL", est né en 1990 à Nogent-sur-Marne, dans la région parisienne. C'est le meilleur joueur français actuel et probablement le meilleur joueur français de tous les temps - si l'on excepte le jeune joueur d'origine iranienne, Alexis Firouzja.

MVL a commencé à jouer aux échecs à l'âge de cinq ans et a rapidement accumulé les faits d'armes : champion de France des moins de 8 ans en 1997,  des moins de 10 ans en 1999, des moins de 12 ans en 2000 puis des moins de 16 ans en 2002... A 16 ans et 10 mois, il remporte le titre de champion de France.
A l'international, il remporte, en 2009, le titre de champion du monde junior. Vachier-Lagrave a obtenu la norme de grand maître international à 14 ans et 4 mois, un record battu seulement par Abhimanyu Mishra (devenu GMI à 12 ans et 4 mois).


Carrières échiquéenne

Après 2009, la carrière de MVL s'internationalise. Il remporte plusieurs fois le tournoi de Bienne, gagne le championnat d'Europe de blitz (en 2010 et 2012) et participe à plusieurs reprises aux sélection de la coupe du monde : il atteint la huitième de finale en 2009, la demi-finale en 2013, le quart de finale en 2015, la demi-finale en 2017 et 2019...
Il se classe premier, second ou troisième de nombreuses compétitions ou tournois, ce qui fait de lui en 2016 et 2017 le deuxième joueur mondial, avec un Elo de plus de 2800 points. Il semble alors qu'il soit l'un des concurrents les plus sérieux de Magnus Carlsen pour le titre mondial. Mais son échec en finale de la coupe du monde lui interdit de participer au tournoi des candidats du championnat du monde 2018.

Ci-contre : Maxime Vachier-Lagrave lors du tournoi de Dortmund 2016 (photo : Euku)


Ses résultats dans les années suivantes seront un peu décevants : troisième du Grand Prix FIDE 2019, troisième de la coupe du monde 2019, il ne peut en principe être sélectionné pour le championnat du monde. Les organisateurs ont la possibilité de choisir un huitième candidat, mais leur choix se porte sur le russe Kirill Alekseïenko. Finalement, c'est le retrait de l'Azerbaïdjanais Teimour Radjabov, pour cause de pandémie, qui permet à MVL de participer au tournoi des candidats. L'épreuve commence en mars 2020. Tout se passe bien au début pour le joueur français, qui est premier æquo avec Ian Nepomniachtchi, à la septième ronde. Mais l'aggravation de la pandémie contraint la FIDE à suspendre le tournoi, qui ne reprend qu'un an plus tard. MVL termine second, à un minuscule 1/2 point derrière Nepomniachtchi, qui affrontera donc Carlsen au prochain championnat du monde.
Une petite déception pour lui comme pour nous, mais MVL n'a que 30 ans et encore beaucoup de temps devant lui.


Style de jeu

Maxime Vachier-Lagrave est un redoutable attaquant, très fort en tactique car capable de calculer très profondément. Son jeu est dynamique et mobile, ne reculant devant aucune complication. Il aime les situations déséquilibrées et confuses, dont il est souvent en mesure de s'extraire.  C'est un joueur très peu matérialiste, qui sacrifie très facilement du matériel.
On a souvent reproché à MVL d'avoir un répertoire d'ouvertures très limité. Lorsqu'il a les blancs, il joue le plus souvent 1. e4 en misant sur des classiques variantes de la Ruy Lopez, de la Giuoco piano ou de la Caro-Kann. Avec les noirs, il privilégie  la défense sicilienne, en particulier la Najdorf contre 1. e4 ;  et la défense Grünfeld, qu'il maîtrise comme personne, contre 1. d4.  
C'est un choix délibéré de sa part, qui a, dit-il lui-même, ses avantages et ses inconvénients. Il semble cependant que cela lui réussisse plutôt, pour le moment...



Jouer contre une simulation de MVL ?

Comme je l'ai promis il y a déjà plusieurs mois, j'ai développé pour Rodent IV une simulation de Maxime Vachier-Lagrave. Le profil est disponible sur la page que je consacre aux grands maîtres de Rodent IV, mais attention : bien que déjà fortement testé, ce profil est encore provisoire. Je le livre sans garantie. Tel quel, je crois qu'il fournit une bonne approximation, au moins du niveau de ce que nous avions avec Chessmaster ou avec Rodent II et III.  Je compte néanmoins sur ceux qui connaissent bien ce joueur pour m'aider à affiner cette personnalité.  

Voir "Maxime vachier-Lagrave pour Rodent IV ?"



Magnus Carlsen

Magnus Carlsen n'est pas une personnalité très connue du grand public, comme a pu l'être autrefois Garry Kasparov, un temps son mentor. Pourtant, il n'a rien du champion du monde de passage qui chauffe le fauteuil en attendant le retour du vrai champion - ou l'arrivée du suivant. Aussi précoce que Kasparov ou peu s'en faut (GM à 13 ans), détenteur du record du Elo le plus élevé jamais atteint par un humain (2882) et bien sûr victorieux d'un nombre faramineux d'épreuves prestigieuses, dont le championnat du monde, c'est un phénomène, qui n'a pas à rougir de la comparaison avec les plus grands joueurs du passé

(photo : Magnus Carlsen par Niki Riga. Où une fois de plus Magnus semble faire la gueule).


Détenteur du titre mondial depuis 2013

En 2013, Magnus Carlsen a ravi à Vishy Anand le titre de champion du monde que le joueur indien détenait sans discontinuer depuis cinq ans.  Il le conservera contre Anand l'année suivante, contre Sergueï Kariakine en 2016 et contre Fabiano Caruana en 2018. Autre fait remarquable : il est le premier joueur à détenir simultanément le titre dans les trois contrôles de temps notés par la FIDE : "standard", "rapid" et "blitz". Car évidemment, Carlsen est aussi un redoutable joueur de parties rapides !

Ordinateur humain

Le style de jeu de Carlsen n'est pas totalement conventionnel. Pour commencer, il ne se préoccupe pas spécialement d'obtenir un avantage dès l'ouverture. Il se contente de faire en sorte d'arriver à une position solide. S'il est un bon "généraliste" des ouvertures, il n'en est pas un spécialiste, comme l'a fait remarquer Vishy Anand. Par contre il possède une vision de la situation sur l'échiquier d'une justesse qui confine au surnaturel. Sa capacité à évaluer la valeur d'une position fait concurrence à celle de puissants moteurs d'échecs tel que Stockfish, plus fort que les meilleurs joueurs humains.  
Cette maîtrise de la position fait de lui un joueur à la Karpov. L'analogie du boa-constrictor, qui prend son temps et entoure lentement sa proie en l'étouffant, autrefois affublé à l'ancien champion du monde russe, est remployée pour Carlsen, non sans raison. Dans une finale considérée à priori comme nulle, il est capable de reprendre le dessus grâce à de petits avantages positionnels accumulés.
C'est un peu le revers de la médaille. Carlsen n'est pas un joueur offensif, adepte des coups fumants, comme il le reconnaît lui même : "Je n'essaie pas de briller par un coup flamboyant, ni d'écraser mon adversaire, mais je joue, coup après coup, en restant concentré et créatif" (interview à Numero.com). Du coup son jeu ne passionne pas les foules.

Jouer contre une simulation de Magnus Carlsen ?

C'est possible grâce à Lucas Chess. Magnus Carlsen fait partie de la série des "Moteurs GM" de cette interface d'échecs. Comme toujours avec LC, on ne sait pas lequel de ses innombrables moteurs internes a été modifié pour arriver à cette simulation. Mais le sérieux de Lucas Chess plaide pour elle (Voir "Moteurs GM").

Si besoin, téléchargez ici une bibliothèque d'ouvertures Polyglot (.bin) réalisée à partir de 2648 parties gagnantes ou nulles de Carlsen. Elle remplacera avantageusement la minuscule bibliothèque de Lucas Chess.



Judit Polgar, la "reine des échecs"


Ce n'est pas pour avoir été championne du monde que Judit Polgar laissera une trace forte dans l'histoire des échecs, mais parce qu'elle a été jusqu'à ce jour la seule femme ayant pu prétendre au titre mondial. Elle ne l'a jamais remporté mais en a été assez près, entre 1996 et 2005, période durant laquelle elle a été classée au 10eme rang et même au 8eme rang en 2004 et 2005.

Le fait est là : les femmes jouent peu aux échecs et leurs plus grandes championnes sont d'un niveau nettement inférieur aux meilleurs hommes. Non que je crois qu'elles soient moins douées pour cela. C'est plutôt un fait culturel.
Échappant totalement à ce schéma, grâce à son père, Judit Polgar a toujours répugné à participer aux compétitions féminines, préférant affronter les hommes sur leur propre terrain. Avec succès puisqu'elle a réussi à se maintenant dans le "Top Ten" des meilleurs joueurs pendant huit ans, dont quelques années en huitième position. Son plus fort classement : 2735 Elo.


Un style offensif qui paye

Judit Polgar passe pour une joueuse agressive. Son style est cependant loin d'un MiKhaïl Tal. Il est souvent prudent et positionnel, l'échange étant pratiqué même parfois comme avec réticence ; ses choix d'ouvertures sont assez conventionnels. Mais elle est capable de fulgurances. Si elle trouve un angle d'attaque, elle sort de sa réserve, prend des risques, sacrifie du matériel et se lance dans des combinaisons audacieuses et déséquilibrées mais, souvent gagnantes. C'est aussi ce qui a fait sa renommé. Le public adore les joueurs attaquants, à condition qu'ils réussissent. Ceux qui arrivent à un haut niveau sont peu nombreux et peinent en général à se maintenir. Dans sa meilleure période, de 1996 à 2004, elle aura été, avec Alexei Shirov, l'un des joueurs les plus spectaculaires du circuit. Rares sont d'ailleurs les grands noms des échecs de son époque qu'elle n'aura pas réussi à inscrire un jour ou l'autre à son tableau de chasse. On y trouve notamment Vishy Anand, Magnus Carlsen, Anatoly Karpov, Garry Kasparov, Vladimir Kramnik, Boris Spassky, Veselin Topalov...

(Photo ci-dessus : Judit Polgar en 2014 - Oliver Moody)

Judit Polgar est aussi un excellente joueuse de parties rapides. Parmi ses nombreux titres de gloire, n'oublions pas non plus de signaler qu'elle est devenue grand maître international en 91 à l'âge de 15 ans, battant d'un mois le record de Bobby Fischer.


Une famille de joueuses d'échecs

Judit Polgar, née en 1976 à Budapest, est la plus jeune d'une fratrie de trois soeurs : Susan, Sofia et Judit. Sa carrière exceptionnelle est en quelque sorte le fruit d'une expérience de laboratoire. Son père, László Polgar, enseignant hongrois d'origine juive, avait décidé de prouver que le génie n'est pas inné mais acquis. Il a obtenu, avec quelques peines, l'autorisation des autorités hongroises d'éduquer lui même ses trois filles. Il leur a appris très tôt à jouer aux échecs et les a soumis à un entraînement intensif qui a fait de toutes trois des championnes. Acquis aux idéaux socialistes, László voulait démontrer qu'un enfant correctement stimulé dès son plus jeune âge pouvait obtenir un succès exceptionnel dans n'importe quel domaine intellectuel. Il a réussi son pari, mais si l'ainé, Susan, a été longtemps au sommet de l'élite échiquéenne féminine, Sofia n'a fait qu'une carrière assez modeste. Et même si ses deux soeurs ont été de fortes joueuses, seule Judit pourrait être qualifiée de géniale.  


Fin de carrière à 38 ans

Judit Polgar a mis fin à sa carrière de joueuse d'échecs en 2014, à 38 ans, afin de se consacrer à sa famille et à ses enfants. Elle est néanmoins restée très proche des échecs, écrivant des livres, chroniquant les grandes compétitions et créant une fondation en Hongrie chargée de la promotion des échecs dans l'éducation.


Jouer contre Judit Polgar ?

En matière de simulation de Judit Polgar, vous avez trois possibilités. Le profil Prodeo version Polgar, le profil de Chessmaster et mon moteur Chessterfield "MiniPolgar".  

ProDeo, version Polgar : au milieu des années 90, Ed Schröder, créateur de plusieurs grands moteurs d'échecs, a été le premier à incorporer dans une console de jeu d'échecs un moteur imitant le style d'un joueur, en l'occurrence celui de la championne hongroise. Pas étonnant si son moteur gratuit, Prodeo, propose un profil à son nom (Voir "Jouer contre Alekhine, Anand, Fischer, Karpov, Kasparov, Polgar ou Tal ?")

(Photo ci-dessus : Judit Polgar en 2008, par Stefan64)

Ed Schröder a laissé ses profils de personnalité présents dans les distributions récentes de Prodeo mais a négligé de les adapter aux nouvelles versions. Quelques manipulations assez simples, que je vous indique sur cette page vous permettront de le faire avec ProDéo 2.2 ou avec Prodéo 2.6. Vous pourrez jouer contre une version simulée de Judit Polgar, dotée d'une force de 2700 Elo, comparable au niveau de la championne.  
Si Prodéo-Polgar tourne avec Arena, téléchargez la bibliothèque d'ouvertures au format Abk que j'ai créé avec près de 8000 parties gagnantes ou nulles de la championne.

Polgar version Chessmaster : la joueuse hongroise a fait l'objet d'une simulation intégrée au jeu Chessmaster. Vous trouverez sur la page dédiée à son moteur, The King, la possibilité de télécharger le profil Polgar ainsi que les trois bibliothèques d'ouvertures, "spécial Polgar",  à utiliser conjoibntement avec l'interface Arena.

MiniPolgar : si vous n'avez pas besoin d'un niveau de force aussi élevé, je peux vous proposer aussi mon petit moteur "MiniPolgar", à réseau neuronal, à utiliser de préférence avec Arena. J'ai employé le module d'apprentissage de Chessterfield pour lui apprendre à jouer comme elle, en lui faisant ingurgiter toutes les parties que j'ai pu trouver de la championne, soit environ 13.000. Ce n'était pas suffisant pour obtenir un niveau de force élevé, alors j'ai du "renforcer" le moteur en lui ajoutant des parties de joueurs au style proche de celui de Polgar (Shirov, Morozevich, Nakamura...). Néanmoins, la simulation est assez ressemblante.
MiniPolgar est accompagné d'une bibliothèque d'ouvertures construite elle-aussi avec les parties de Polgar, au format Abk d'Arena.
Utilisation : téléchargez l'archive "Mini-Polgar", décompressez-là dans le dossier "Engine" d'Arena et installez le moteur dans l'interface (Voir "Installation et gestion des moteurs").
N'oubliez pas de lui indiquer le chemin vers la bibliothèque, "Polgar Judit.abk", qui se trouve dans le même dossier que le moteur (Voir "Arena et les bibliothèques d'ouvertures").



Max Euwe

Max Euwe est né en 1901 à Amsterdam, aux Pays-Bas ; il est  mort en 1981 dans la même ville.

Bien qu'il ait été champion du monde de 1935 à 1937, le Hollandais Max Euwe n'a pas marqué fortement de son empreinte le monde des échecs. Sans doute parce que, contrairement à tous les autres - ou presque - il est resté un amateur pour qui les échecs était moins une profession qu'un hobbie pratiqué avec passion. Docteur en mathématique, il fut avant-tout un enseignant et un universitaire, doublé d'un chercheur en mathématique et en informatique. Sur le plan théorique, son apport est modeste. Il a très bien joué, mais sans sans rien révolutionner. Il a écrit, souvent avec d'autres auteurs, de nombreux ouvrages pédagogiquement très réussis et dont certains sont encore appréciés aujourd'hui ; mais rien là-encore qui enrichisse vraiment la science des échecs.  
Il a cependant beaucoup fait pour développer la disciplines aux Pays Bas. On se souvient aussi qu'il a été un très bon président de la FIDE, dans les années soixante-dix.

Photo : Max Euwe en 1963 - Par Harry Pot — Dutch National Archives, The Hague, Fotocollectie Algemeen Nederlands Persbureau (ANEFO)


Bref champion du monde

Le tort de Max Euwe fut aussi de remporter de justesse la victoire contre le champion du monde en titre, Alexandre Alekhine, à un moment où celui-ci n'était pas au mieux de sa forme. C'était en 1935. Le joueur Franco-Russe, qui avait des problèmes d'alcool, est venu visiblement éméché à certaines parties et ce fait est resté dans les anales. Alekhine repris d'ailleurs son titre haut la main moins de deux ans plus tard et le conserva jusqu'à sa mort en 1946. Max Euwe continua cependant à jouer à un haut niveau durant une vingtaine d'années, participant notamment à sept Olympiades.  Il fut aussi, de 1970 à 1978, un président de la FIDE respecté et apprécié, qui joua un rôle positif de modérateur dans le conflit entre Bobby Fischer et la FIDE lors du championnat du monde de 1972.

Style

Max Euwe est un joueur au style assez équilibré entre tactique et stratégie positionnelle.  Il jouait fréquemment à la manière des hypermodernes lorsqu'il avait les blancs mais avec les noirs, il préfèrait les lignes classiques, mettant souvent en oeuvre une défense slave. Son jeu était clair, direct, méthodique et efficace. Bien que n'étant pas du tout un attaquant féroce, il lui arrivait parfois de créer la surprise en se lançant dans des positions déséquilibrées et à double-tranchant dont il sortait souvent victorieux.  Max Euwe était en effet un très bon tacticien.

Jouer contre une simulation de Max Euwe ?

Max Euwe pour Rodent IV : c'est tout frais, il y a maintenant une personnalité Euwe pour le moteur Rodent IV ! Je l'ai développé en collaboration avec Fabien Sauser. Voir "Max Euwe pour Rodent IV ?"

Max Euwe, moteur GM de Lucas Chess
: le bref champion du monde a été pris comme modèle pour l'un des 16 moteurs "GM" de Lucas Chess. Téléchargez ma bibliothèque d'ouvertures obtenue à partir de 1640 parties gagnantes ou nulles du champion, en remplacement de la petit bibliothèque de Lucas Chess.

Max Euwe version Chessmaster : Max Euwe a également été simulé pour le jeu Chessmaster. Vous trouverez sur la  page dédiée à son moteur, The King, la possibilité de télécharger le profil Euwe ainsi que les trois bibliothèques d'ouvertures, "spécial Euwe",  à utiliser conjoibntement avec l'interface  Arena.



Vladimir Kramnik

Vladimir Kramnik est né en 1975 à Touapsé, petit commune de la région de Krasnodar, en Russie. Ce joueur russe a été l'un de ces champions d'échecs très précoces tel que Kasparov, Fischer ou Polgar. Il a commencé à jouer aux échecs à 5 ans et à 11 ans était déjà considéré comme assez bon pour intégrer la prestigieuse école d'échecs de Mikhaïl Botvinnik.

Il n'a pas encore 17 ans lorsque ses performances exceptionnelles lors des Olympiades de 1992 permettent à l'équipe de Russie de remporter l'épreuve. Il obtient dans la foulée le titre de GMI, sans passer par la case "MI", un cas rarissime. A partir de là, sa progression sera extrêmement rapide. Après le tournoi de Linarès, où il battit Garry Kasparov pour la première fois, l'ancien champion du monde assura que le jeune joueur russe serait un jour champion du monde. Il ne se trompait pas.

(Photo : Vladimir Kramnik - Maria Emelianova / Chess.com)



Triple champion du monde

En 1993 et 1993, Kramnik fut sélectionné pour les épreuves des candidats mais fut éliminé en cours de route.  Ce n'était qu'un galop d'essai. Dans les années suivantes, il remporta un grand nombre de tournois prestigieux tandis que son jeu évoluait peu à peu. Son style initiale, tactique et combinatoire, cédait la place à un jeu positionnel plus prudent et moins agressif, une évolution qu'il pensait nécessaire, à raison, pour conquérir le titre mondial.  
En 2000, il remporte enfin l'avant dernier dernier championnat du monde "classique", qui se déroule à Londres, en battant assez nettement Garry Kasparov, qui détient le titre depuis 15 ans. Quatre ans plus tard, il doit défendre son titre contre contre Peter Leko. Le joueur Hongrois déploie un jeu hyper-défensif avec lequel Kramnik n'est pas du tout à l'aise. Il gagne, mais de justesse.



(Photo : Kramnik face à Leko - Dortmund. Sparkassen Chess Meeting 2006)


Le creux de la maladie

Les années suivantes sont difficiles pour Kramnik, qui subit une poussée sévère de spondylarthrite ankylosante, une maladie génétique provoquant d'intolérables douleurs articulaires. En 2005, il s'arrête durant six mois de jouer aux échecs pour subir un traitement lourd qui s'avèrera efficace.
Entre-temps, les deux championnats du monde concurrents ont fusionné. Il n'y a à nouveau plus qu'une épreuve "unifiée". En 2006, Kramnik, revenu aux échecs, champion du monde sortant "classique", affronte le champion Bulgare Veselin Topalov, champion du monde sortant "FIDE". La rencontre est très tendue car Topalov accuse, sans preuve, Kramnik de tricher.  Déstabilisé, le joueur russe est déclaré forfait pour une partie qui revient à Topalov. A la fin des parties lentes, le résultat est cependant égal : 6-6. Kramnik l'emporte au départage, par 2,5-1,5.



Le reflux

En 2007, Kramnik perd son titre en laissant Vishy Anand le devancer dans un tournoi en double-ronde avec huit joueurs, après quelques mauvaises parties contre Grichtchouk puis contre Morozevitch. Il a néanmoins acquis un droit à la revanche et affronte donc à nouveau Vichy Anand un an plus tard. Cette fois il perd assez nettement contre le joueur indien. Kramnik reconnaît sa défaite et avoue que son adversaire était à ce moment là  tout simplement plus fort que lui, "dans tous les compartiments du jeu". Il en identifie l'une des raisons : Anand s'est préparé avec les nouveaux outils informatiques, auxquels Kramnik ne croyait pas. C'était une erreur. "J'ai minimisé leur importance et vers la moitié du match j'ai réalisé qu'il était trop tard." avouait-il au cours d'une interview donnée au site Chess.com.

Dans les années suivantes il est systématiquement sélectionné pour participer aux épreuves du championnat du monde, sans réussir à reprendre le titre. Il restera cependant encore de nombreuses années parmi les quatre meilleurs joueurs mondiaux, ne reculant que très lentement, rang par rang...
Kramnik a cependant un problème : il n'a pas - et dit-il n'a jamais eu - le goût de la compétition. Les contraintes inhérentes à la vie d'un joueur de très haut niveau lui pèse. Il y a quelques mois, à seulement 43 ans, il a annoncé  l'abandon de sa carrière de joueur professionnel, avouant n'avoir plus assez de goût pour les échecs.  


Le style

Kramnik, joueur très polyvalent, n'est pas de ceux que l'on peut enfermer dans un style particulier. Excellent en défense, il est aussi capable de développer avec succès de complexes combinaisons tactiques. Dans ses parties de championnat du monde, il aura beaucoup joué de manière positionnel, par prudence, tant le niveau des joueurs qu'il affronte est élevé. Mais dans beaucoup d'autres tournois, où les enjeux sont moins importants (et les joueurs moins forts), on retrouve souvent beaucoup de son style initial, offensif et combinatoire.


Jouer contre une simulation de Vladimir Kramnik ?

Prodeo (2700 Elo), avec son profil par défaut, a un jeu qui ressemble à celui de Vladimir Kramnik. Mais Lucas Chess propose un vrai profil Kramnik, dans sa collection de "Moteurs GM", qui sera probablement un meilleur choix. L'interface propose une mini-bibliothèque d'ouvertures "Kramnik" au format Polyglot (.bin). Si vous souhaitez quelque chose de plus consistant, vous pourrez toujours télécharger sur Echecs & Informatique deux bibliothèques d'ouvertures réalisées à partir de 6981 parties de Kramnik, l'une au format Polyglot, pour Lucas Chess, l'autre au format Abk, pour Arena.
Télécharger "kramnik.abk"?

Télécharger "kramnik.bin"?


Vassily Smyslov

Vassili Vassilievitch Smyslov est né en 1921 à Moscou, Russie : il est mort en 2010, dans sa ville natale.

Un peu étonné de trouver un profil Vassily Smyslov dans la collection des "Moteurs GM". En effet, ce joueur Russe, même s'il a été champion du monde, n'a laissé que de modestes traces dans la culture échiquéenne. Peut-être parce que, comme Max Euwe, il était davantage un très brillant amateur qu'un joueur d'échecs professionnel…  Il a mené en effet parallèlement une carrière de compositeur et de chanteur d'opéra. Il se laissa aussi accaparer par la présidence de la puissante fédération soviétique des échecs.

Photo : Smyslov en 1977 au tournoi de Tilbourg, au Pays-Bas. Koen Suyk / Anefo



Champion du monde éphémère

Vassily Smyslov aura été durant une grande partie de sa vie un très fort joueur d'échecs, sans réussir cependant à se distinguer véritablement des grands maîtres du moment. D'où de nombreuses victoires dans les tournois internationaux et un grand nombre de sélection pour les épreuves du championnat du monde (sept en tout dont 4 finales) toutes infructueuses... sauf en 1957.
En 1954,  Smyslov avait déjà pu tenter sa chance contre Botvinnik, contre qui il fit jeu égal. Le privilège de tenant du titre permis à Botvinnik de le conserver de justesse. En 1957, Smyslov retrouva à nouveau Botvinnik face à lui. Il gagna cette fois assez nettement, mais Botvinnik exerça son droit à la revanche et repris tout aussi facilement le titre à Smyslov un an plus tard. Celui-ci redevint alors l'éternel outsider, engrangeant de nombreuses victoires jusque dans les années 80, tout en restant pour un temps "celui qui pourrait peut-être un jour, encore..."



Style

Vassily Smyslov possède un style de jeu positionnel aux traits assez peu marqués ; sa maîtrise des phases finales du jeu était cependant reconnue comme exceptionnelle.


Jouer contre une simulation de Vassily Smyslov ?

Smyslov, moteur GM de Lucas Chess :
Lucas Chess propose un profil de jeu imitant le champion russe dans sa série "Moteurs GM". Si vous souhaitez obtenir une bibliothèque un peu plus consistante que la mini-Smyslov de Lucas Chess, téléchargez ici la bibliothèque que j'ai créé à partir de 4604 parties de Smyslov.

Smyslov, personnalité de Chessmaster : une autre possibilité est d'utiliser la simulation de Smyslov proposée avec le jeu Chessmaster. Son moteur The King, interfacé avec Arena, pourra faire tourner ce profil avec l'une des trois bibliothèques abk que j'ai créées spécialement pour l'accompagner.



Alexei Shirov

Alexei Shirov est né en 1972 à Riga, en Lettonie, à l'époque république soviétique. Marié à une Argentine, il s'est installé avec elle en Espagne et a pris la nationalité espagnole en 1996. En tant que joueur d'échecs, il a également adhéré à la fédération espagnole et a représenté durant plusieurs années l'Espagne dans les épreuves internationales. Il a néanmoins gardé des liens forts avec la Lettonie où il se rend très souvent. En 2011, il  est même retourné s'y installer. Il représente à nouveau la fédération lettone d'échecs.

Photo : Shirov en 2010 - Stefan64


Quelle orthographe ?

Lorsqu'il faut gérer de grosses collections de parties, on peine souvent avec les joueurs russes ou des pays de l'Est, dont l'orthographe varie beaucoup d'un pays à l'autre. Le cas de Shirov est l'un des pires. Officiellement, en France, il s'appelle Alexeï Chirov. Mais dans le monde anglo-saxon, c'est Alexeï Shirov, avec un "s".  Pour les espagnols, c'est Aleksejs Sirovs. Et dans les Pays Baltes, on préfère Aleksejus Sirovas. Si vous devez rassembler une collection de parties de ce joueur, mieux vaut connaître tous ses noms possibles.


Un joueur influencé par Mikhaïl Tal


Shirov est actuellement  le 78ème joueur mondial, mais il a été pendant de nombreuses années (avec des aller-retour) dans le Top Ten des meilleurs mondiaux ; et même durant une courte période le second. Son plus haut classement Elo a été de 2755, en 2008, alors qu'il se classait au 4e rang mondial.
Shirov est le meilleur joueur Letton mais ce pays a eu un autre champion d'envergure : Mikhaïl Tal. Est-ce un hasard si Shirov est comme son illustre aîné un joueur au style très offensif, qui prend des risques et ose des combinaisons complexes ? Sans doute pas. Shirov joue néanmoins de manière moins brouillonne et moins casse-cou que Tal.

Le public et les aficionados des échecs adorent les parties des joueurs offensifs, avec leurs coups brillants et spectaculaires. De ce côté là, on est servi, avec Shirov. C'est pourquoi on trouve facilement 12.000 parties de lui, qui n'a jamais remporté le titre mondial, alors qu'on peine à en rassembler 3500 de Magnus Carlsen, champion du monde depuis 2013 mais dont le jeu n'intéresse pas grand monde, en dehors des spécialistes.  
Malheureusement, les styles attaquants sont risqués et la plupart des joueurs offensifs, pour se maintenir au niveau nécessaire, ont dû mettre beaucoup d'eau dans leur vin et jouer comme les autres : positionnel et en défense. Pas Shirov, dont la devise pourrait-être: "Attaquant un jour, attaquant toujours". Tant mieux pour nous mais cela l'a probablement privé du titre mondial.


Vingt ans dans les parages du championnat du monde


Alexeï Chirov est devenu champion du monde des moins de 16 ans en 1988, puis vice-champion du monde junior (moins de 20 ans) en 1990 (à égalité de points avec le vainqueur, Ilia Gourevitch). Il n'a obtenu le titre de GMI qu'en 1992, à l'âge de 20 ans, alors que d'autres ont été bien plus précoces. Il n'en reste pas moins qu'il a été très jeune un joueur remarqué pour son style brillant et bouillant. Et qu'il a été entre 1990 et 2007 l'un des meilleurs mondiaux, sans cesse sélectionné pour les divers championnats du monde ; et arrivant très souvent assez près du titre, sans jamais réussir à l'obtenir.

Photo : Shirov en 2014, à Baden-baden - Stefan64

Sa première sélection pour le cycle des candidats date de 1990. Mais il n'avait que 18 ans et pas encore l'envergure suffisante pour se maintenir très longtemps. En 1993, il manque de peu d'être qualifié. En 1997, il fait un premier bon, mais il est éliminé en quart de finale du championnat du monde FIDE contre Vishy Anand.

Ses excellents résultats dans diverses compétitions et sa côte Elo très élevée incitent les organisateurs du CM "classique" à le sélectionner pour affronter, en 1998, le champion en titre depuis des années, Garry Kasparov. Mais les discussions avec Shirov sont arrêtées en raison de divers problème, dont une certaine mésentente avec Kasparov, qui a fait fuir les sponsors. Finalement c'est Kramnik, que Shirov avait pourtant battu lors des sélections, qui affrontera Kasparov et deviendra champion du monde "classique".

Au championnat du monde FIDE de 1999,  il est éliminé en quart de finale par Nisipeanu, un joueur pourtant à sa portée; au CM FIDE de 2000 il fait mieux : il arrive en finale mais perd encore contre Anand, un joueur contre qui Shirov aura toujours eu du mal à s'imposer. Il perd d'ailleurs à nouveau contre lui en quart de finale du Championnat du monde FIDE de 2001.
En 2002, il est  1/2 finaliste du tournoi des candidat pour le "classique" de 2004. C'est Peter Leko qui affrontera le tenant du titre, Kramnik.  

En 2005, il n'est pas présent pour le championnat du monde  FIDE, car il n'entre pas dans les critères de sélection. En 2007, il participe encore au tournoi des candidats mais, éliminé au second tour par Levon Aronian, il n'a fait guère mieux que de la figuration. Cependant, la même année, il réussit plus brillamment lors de la coupe du monde FIDE, où il est finaliste. Cette compétition servait de sélection pour le tournoi des candidats du championnat du monde de 2010, auquel cependant il ne peut participer. Pour ce qui est du championnat du monde, ce sera son dernier coups d'éclat.  En 2009, il est éliminé en huitième de finale de coupe du monde et dans les années suivantes il ne passe pas le deuxième tour. Aujourd'hui, à 47 ans, Shirov est encore dans le groupe des 100 meilleurs joueurs mondiaux, mais il n'est plus un joueur de premier plan.


Jouer contre une simulation d'Alexei Shirov ?

Pour commencer, je peux vous signaler trois moteurs qui ont un jeu offensif et spéculatif assez proche du style de Shirov : AnMon (2550 Elo), Rhetoric (2800 Elo) et Houdini (3200 Elo). AnMon et Rhetoric sont moins forts qu'Houdini mais leur jeu a un aspect plus naturel.

Shirov version Chessmaster : le moteur The King est accompagné d'une simulation d'Alexei Shirov. Comme ce moteur ne tourne en pratique qu'avec Arena, j'ai réalisé deux bibliothèques abk, une petite (18 1/2 coups) et une grosse (45 1/2 coups).   

Petit-Shirov Chessterfield : je peux vous proposer aussi mon propre moteur "Petit-Shirov", dont le fichier de poids pour Chessterfield a été obtenu par apprentissage de plus de 14.000 parties du champion Letton. Comme c'est trop peu pour permettre au réseau neuronal de jouer correctement, j'ai renforcé le fichier de poids avec des parties gagnantes des moteurs cités ci-dessus et avec des parties de joueurs humains proches par le type de jeu (Topalov, Morozevich, Nakamura, Tal, Sutovsky...). Au total environ 42.000 parties ont servi à la constitution du fichier de poids dont un gros tiers appartient à Shirov. Sa force est modeste: environ 1900 Elo. Mais le style est là.
Comme d'habitude, j'ai créé une bibliothèque d'ouvertures au format Abk d'Arena pour accompagner la simulation. Il est possible également d'utiliser les bibliothèques abk pour The King.

Télécharger le fichier de poids "Shirov" et sa bibliothèque abk ?



Veselin Topalov

Veselin Topalov, né en 1975 à Roussé en Bulgarie, a été champion du monde des échecs en 2005 et le meilleur joueur mondial - ou le second joueur - entre  juillet 2006 et novembre 2009.  Son style flamboyant lui a valu également l'une des plus prestigieuses récompenses de l'époque : l'Oscar des échecs. 


Champion du monde et premier joueur mondial

Veselin Topalov ne commence à jouer aux échecs qu'à l'âge de huit ans mais ses progrès sont fulgurants. Peu avant son quatorzième anniversaire, il gagne le championnat du monde des moins de 14 ans, finit second du championnat du monde des moins de 16 ans en 1990 et obtient le titre de Grand Maître International en 1992, à 17 ans.  Dans les années suivantes, il accumule les victoires à des tournois majeurs. Sélectionné pour le championnat du monde 2004, il atteint la demi-finale avant d'être battu par Roustam Kassimdjanov. Il conquiert haut  la main le titre mondial l'année d'après en obtenant 10 points sur 14 possibles.

(Ci contre, Veselin Topalov au championnat d'Europe d'échecs par équipes de Varsovie, en 2013 - Photo Przemyslaw Jahr)

En 2006, les championnats du monde FIDE et classique sont réunifiés. Pour sa première édition, la nouvelle compétition se passera d'une longue sélection : il est simplement décidé que Topalov, champion du monde de la fédération internationale, affrontera Kramnik, le champion du monde "classique" à Elista, capitale d'une  petite république russe, la Kalmoukie, La confrontation est assez perturbée, Topalov accusant Kramnik de tricherie. A la fin des 12 parties, le score est égal : 6-6. Mais Kramnik remporte le titre au départage. 

Premier joueur mondial en 2006, Topalov est le troisième joueur de l'histoire des échecs à dépasser 2800 Elo. Il conservera la tête du classement mondial de juillet 2006 à janvier 2007, cédera un moment la place à Viswanathan Anand, puis la reprendra en octobre 2008. Il la conservera jusqu'en novembre 2009. Par la suite, la carrière du grand maître bulgare a marqué le pas. Quinze ans après la conquête du titre mondial, Topalov reste tout de même encore (en juin 2021) le 10eme joueur mondial. 


Le plus beau style depuis Garry Kasparov

Veselin Topalov est réputé avoir un style proche de Garry Kasparov, ce que confirme Topalov lui-même. Vladimir Kramnik, qui a attentivement étudié son jeu pour le championnat du monde réunifié de 2006, a écrit à son sujet : "Le style du grand maître bulgare se caractérise par un jeu très agressif avec une recherche perpétuelle de coups dynamiques complexes, souvent au prix de sacrifices. Cette tendance peut le conduire à perdre des parties dans une position égale..." 

(ci-contre, Topalov en 2012, au tournoi de Wijk aan Zee - Photo Stefan64)

Comme Kasparov, Topalov est loué pour son style très esthétique. Malgré la complexité de ses combinaisons, ses parties produisent la même impression d'harmonie que celle de son aîné, Garry Kasparov. Le joueur bulgare est aussi un battant qui joue pour gagner, même avec les noirs. C'est à son style et à sa combativité autant qu'à ses brillants résultats qu'il doit son ''Oscar des échecs''. 


Le profil Topalov pour Rodent IV

L'un des meilleurs connaisseurs du moteur Rodent, Brendan J. Norman, a développé une simulation du jeu de Veselin Topalov pour Rodent III. Sa diffusion est restée confidentielle mais l'auteur de Rodent, Pawel Koziol, l'a finalement publié sur son espace GitHub à l'occasion de la mise en circulation de Rodent IV. Restait à en assurer la conversion, ce dont je me suis chargé.

En savoir plus sur le profil Topalov pour Rodent IV ?



Henry Bird

Henry Bird est né à Portséa, dans le Hampshire, en 1830. Il est mort à 77 ans en 1908. Il fut l'un des plus brillants joueurs britanniques de son époque.


Carrière échiquéenne

Bird a appris à jouer aux échecs en regardant des adultes jouer dans un café de Londres, alors qu'il n'avait que 10 ans. A 16 ans il était déjà un très bon joueur, fréquentant le Divan du quartier du Strand, l'un des hauts lieux des échecs à Londres, au milieu du 19 eme siècle.
En matière de compétition, le premier fait marquant de sa carrière échiquéenne fut sa participation au tournoi international de Londres, en 1851. Tournoi qu'il gagna, sous ses diverses formes, à trois reprises, en 1879, 1889 et 1891. Il remporta également un certain nombre de compétitions à l'étranger, notamment le tournoi de Gouda en Hollande, en 1880. Au tournoi de New York de 1876, Bird reçut le tout premier prix de beauté jamais décerné, pour une partie jouée contre James Mason.

En 1859, il fut l'un des cinq joueurs britanniques choisis pour affronter Paul Morphy, en visite à Londres et alors considéré comme le meilleur joueur du monde. Le champion américain battit facilement le champion britannique.  Bird avait une époque de retard sur Morphy, mais il resta néanmoins jusqu'à sa mort en 1908 l'un des meilleurs joueurs de son pays, continuant à jouer aux échecs "contre n'importe qui, n'importe quand, dans n'importe quelle condition."


Contribution aux échecs

Bird n'a jamais pris les échecs suffisamment au sérieux pour penser en faire sa profession. En matière théorique, sa contribution a été modeste. Le seul livre qu'il ait écrit sur les échecs, "Chess History and Reminiscences", est loin d'être une œuvre majeure. Par sa pratique toutefois, il a beaucoup enrichi la connaissance des ouvertures, laissant à la postérité au moins deux lignes importantes : la fameuse "ouverture Bird": 1. f4 ;  et la "défense Bird" : 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fb5 Cd4.


Le style de Bird

Bird est typiquement un joueur du milieu du 19 ème siècle, très offensif, concentré sur ses attaques et relativement peu intéressé par la sécurité de son roi ou la solidité de sa position. Il faisait peu de cas de la théorie et ne jouait pas toujours des ouvertures très solides.  La beauté d'une partie comptait autant sinon plus que de la gagner.  Bref, un romantique anglais !


Jouer contre une simulation de Bird ?

A ma connaissance, seul Chessmaster proposait une simulation d'Henri Bird. Pour l'utiliser, installez le moteur The King de Chessmaster dans l'interface Arena et sélectionnez Bird dans la collection de GM proposée. Vous trouverez également sur cette page trois bibliothèques d'ouvertures obtenues à partir de jeux du vieux champion anglais (une petite, une moyenne, une grande, afin de s'adapter à des niveaux de force différents).



Blackburne Joseph Henry

Blackburne est né en 1841 à Manchester, en Angleterre. Il est mort en 1924, à 82 ans, à Londres. Il fut l'un des meilleures joueurs britanniques du 19 ème siècle.


Compétiteur et bateleur

Blackburne est venu tardivement au échecs (il n'a appris à jouer qu'à 18 ans), mais se révéla vite un joueur de grands talents. En 1869 il remporta le championnat d'échecs de Grande Bretagne (le Challenge Cup de la British Chess Association) et la notoriété acquise lui permit de devenir professionnel. Il gagnait sa vie en donnant des exhibitions, en particulier d'impressionnantes démonstrations de jeu en aveugle, mais aussi grâce à ses résultats de compétiteur de très haut niveau.
De 1870 à 1993 il participa à de nombreux tournois, en gagnant un certain nombre et se maintenant facilement dans l'élite mondiale des échecs. Il était cependant un cran en dessous des meilleurs de son époque, Steinitz et Lasker.
Après 93, ses résultats déclinèrent doucement mais il resta un joueur très populaire dans son pays.


Aucun apport théorique

Blackburne n'a pas contribué à enrichir la science des échecs. Il n'a mis à jour aucune ligne d'ouvertures nouvelle et n'a publié qu'un seul livre sur les échecs, de faible intérêt théorique.


Style de jeu : la "mort noire"

Blackburne est le pur représentant de l'école romantique, version britannique. davantage "joueur de bistrot" et bateleur que compétiteur mondial. Aussi tacticien qu'Anderssen, mais encore plus agressif et encore moins préoccupé que lui par la solidité de sa position, le joueur britannique gagnait souvent grâce à ses combinaisons complexes et brillantes - celles qui font les prix de beauté pour la postérité et l'avaient fait surnommer "la mort noire" (son nom et son inquiétante barbe noire y étaient aussi pour quelque chose). Mais ce style bouillant lui faisait perdre également beaucoup de parties, trop contre l'élite de l'époque, mieux armée que lui sur le plan théorique.


Joueur contre une simulation de Blackburne ?

C'est possible avec le moteur The King. Le "cerveau" du programme de jeu Chessmaster est doté de 49 profils de personnalité dont l'un imite Blackburne. Téléchargez-le sur mon site et installez-le dans l'interface Arena, avec au moins une des trois bibliothèques d'ouvertures que j'ai générées pour lui.



Efim Bogolioubov

Efim Bogolioubov  est né à Kiev, en Ukraine,  en 1889, alors que la région était sous la tutelle de l'empire Russe, puis, plus tard,  de l'Union Soviétique. Naturalisé Allemand en 1926, il s'est installé définitivement en Allemagne où il est mort en 1952, à l'âge de 63 ans.


Carrière échiquéenne

Bogolioubov est une étoile mineure dans la constellation des grands joueurs d'échecs. C'était un excellent joueur, qui fit partie de l'élite mondiale de 1918 à la fin des années trente, sans réussir à atteindre les plus hauts sommets. Il affronta, sans succès, Alekhine pour le titre de champion du monde, en 1929 et en 1934. La seconde guerre mondiale mit sa carrière entre parenthèses. A la fin des hostilités, il revint à la compétition mais son temps était passé.


Apport théorique

Principalement on lui doit la défense Bogo-Indienne (1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.Cf3 Fb4+), moins populaire que la défense Ouest-Indienne mais néanmoins solide et toujours occasionnellement utilisée.


Jouer contre une simulation de Bogolioubov ?

Seul Chessmaster a proposé une simulation du jeu de Bogolioubov. Vous pouvez l'utiliser en installant le moteur The King avec l'interface Arena. Vous sélectionnerez le profil Bogolioubov dans la liste des joueurs proposés. Trois bibliothèques d'ouvertures, adaptées à des niveau de force différents, sont également disponibles pour accompagner le profil.



Xavier Tartakower  


Savielly Grigorevitch Tartakover, dit Xavier Tartakower, est né à Rostov-sur-le-Don en Russie en 1887,  d'un père autrichien et d'une mère polonaise, tous deux d'origine juive.  Il est mort en 1956, en France.



Un personnage hautement romanesque

La vie de Tartakower aura été on ne peut plus romanesque, pleine de surprises et de rebondissements. Ses parents ont fui l'URSS alors qu'il avait 12 ans. Il obtint son bac à Genève, en Suisse, puis poursuivi ses études à Vienne, en Autriche, où il décrocha un doctorat en Droit.  Il a passé la première guerre mondiale dans les rangs de l'armée austro-hongroise, s'installa ensuite à Paris mais prit la nationalité polonaise - dont pourtant il ne parlait pas la langue. Durant la seconde guerre, il participa à la résistance française sous le nom de "lieutenant Cartier". Il adopta finalement la nationalité française lorsque la Pologne, après la guerre, tomba dans le giron soviétique.
Tartakower était un personnage haut en couleur, souvent à contre-courant, pourvoyeur de jeux de mots savoureux, d'un caractère jovial mais pas toujours facile.  Il avait deux passions, l'une lui rapportait beaucoup d'argent, les échecs, et une autre lui en faisait perdre plus encore, les jeux d'argent.  Les casinos l'ont conduit progressivement à la misère.


Carrière échiquéenne


Tartakower a découvert le jeu assez tardivement, durant ses études de droit en Autriche mais il est vite devenu un brillant amateur. Il obtint ses premiers grands succès après la première guerre mondiale. Durant les années de 1930 à 1935 il gagna beaucoup de tournois prestigieux, tels les tournois de Hastings (1924, 1926, 1927), de Londres (1927), de Pologne (1935, 1937)... il permit à l'équipe polonaise de gagner plusieurs médailles lors des olympiades d'échecs... Il aurait pu prétendre au titre mondial mais sa concentration n'était pas constante. Il craquait souvent à la fin des épreuves, ruinant par de grosses gaffes des jours d'efforts fructueux.
Après la seconde guerre mondiale, il décida de devenir professionnel, mais ses résultats ont été moins brillants. Il remportera tout de même une quatrième fois le tournoi de Hastings, en 1946 et amènera une médaille d'or à la France à l'olympiade d'échecs de 1950. C'est durant cette période en revanche que ses talents de pédagogue et de journaliste des échecs s'affirmèrent.


Style

Dans le domaine des échecs aussi Tartakower était fantasque.  Il explorait souvent des sentiers peu fréquentés, notamment en matière d'ouvertures.  Ses coups excentriques, ses ouvertures improbables n'étaient pas toujours des paris gagnants mais ils avaient au moins le mérite de déstabiliser ses adversaires. Tartakower cherchait généralement à obtenir un avantage dans l'ouverture, en employant des lignes peu usitées, voire nouvelles, ce qui lui permettait souvent d'obtenir un avantage positionnel ou tactique, quand cela ne se retournait pas contre lui...


Apport théorique

Plus que tous autres, il employait quantité d'ouvertures différentes, aussi bien avec les blancs qu'avec les noirs. Se réclamant de l'école hypermoderne, Tartakower aura été un explorateur insatiable de territoires inconnus en matière d'ouvertures. Plusieurs sont restées célèbres:
➤L'ouverture 1.b4, appelé par Tartakower lui-même l'ouverture "Orang-Outang", utilisée pour la première fois à New York en 1924.
➤Les ouvertures "catalanes", baptisées ainsi parce que Tartakower les a employées massivement à Barcelone en  1929. Elles consistent, pour les blancs, à combiner la mise en fianchetto du fou Fg2 avec le duo de pions blancs d4 et c4.
➤ La "variante Tartakover du Gambit dame"  (1.d4 d5 2.c4 e6 3.Cc3 Cf6 4.Fg5 Fe7 5.e3 0-0 6.Cf3 h6 7.Fh4 b6). Beaucoup de très grands joueurs l'ont utilisés et l'utilisent encore.
Une bonne vingtaine de variantes d'ouvertures déjà connues portent aussi son nom.

Tartakower a publié une trentaine de livres, dont certains ont été de grands succès, notamment :
➤ "La Partie d'échecs hypermoderne" (1925)
➤ Le "Bréviaire des échecs" (1934). Ce dernier n'est pas un ouvrage théorique mais un livre d'initiation qui a été lu par des générations de joueurs débutants.
Écrivant pour de nombreuses revues spécialisées, il a été un brillant commentateur de l'actualité échiquéenne, se voyant même décerner un officieux de "Champion des journalistes d'échecs".

Jouer contre une simulation de Tartakower ?

Le moteur de Chessmaster, The King, est doté d'une personnalité "Tartakower". Installez le moteur dans l'interface Arena et depuis le menu de configuration, choisissez la personnalité Tartakower parmi les 49 profils de grands maîtres. N'oubliez pas de guider Arena vers l'une des trois bibliothèques que j'ai construites à partir d'un échantillon de 1290 parties de ce joueur.



Larry Christiansen

Le GMI américain Larry Christiansen est né en 1956 en Californie. Il est très populaire aux Etats Unis pour le sens tactique aigu qu'il met au service d'un jeu d'attaque féroce.
Joueur précoce, il a remporté à plusieurs reprises le championnat junior des Etats Unis (1973, 1974, 1975 et 1977), avant d'être propulsé au rang de Grand Maître International à l'âge de 21 ans, sans passer par la "case" Maître International, cas rarissime.
Il a remporté le titre de champion des Etats Unis en 1980, 1983 et 2002. Il fut également quatre fois vice-champion de ce même titre.

Etoile mineure

Ses succès à l'international demeurent cependant relativement modestes. Il a participé à de nombreuses Olympiades en équipe, où il a été souvent brillant, gagnant la médaille d'or comme membre en 1993 et la médaille d'argent comme capitaine en 1998. Il a remporté une vingtaine de tournois internationaux, dont le très prestigieux tournoi de Linares, en 1979 et 1981.  Mais s'il a été sélectionné deux fois pour le championnat du monde FIDE (1998 et 2002) et une fois pour la coupe du monde (en 2013), il a été éliminé assez vite.

Ci-contre, Larry Christiansen (Photo James F. Perry)

Style

Christiansen est un joueur au tempérament agressif, doté d'un sens tactique aigu, pratiquant  allègrement le sacrifice de pièces. Il est très respecté par ses collègues grands maîtres - et apprécié du public - pour sa capacité à créer des occasions d'attaque dangereuses à partir de n'importe quelle position.
En matière d'ouvertures, il est connu pour apprécier la défense Est-Indienne, la défense Benoni contre 1 d4 et la Sicilienne-Paulsen contre 1 e4.

Christiansen, pédagogue

Christiansen est un excellent pédagogue, un temps entraîneur de l'équipe d'échecs du MIT. Il a écrit une douzaine d'ouvrages dont le très populaire "Storming the Barricades", publié en 2000. "Rocking the Ramparts", quatre ans plus tard, a obtenu également un bon succès.  Les titres de ces livres parlent d'eux-mêmes : le GMI américain y aborde principalement... l'attaque ! Ils s'adressent avant-tout aux compétiteurs désireux de développer, tactiquement, un jeu plus agressif.


Jouer contre une simulation de Christiansen ?

A ma connaissance, il n'existe qu'une seule simulation du jeu de Christiansen, celle que proposait Chessmaster pour le moteur The King. Le joueur américain doit sans doute en partie cet honneur au fait qu'il a été battu par Chessmaster 9000 en 2002 au cours d'un match en quatre jeux, par un score de 1,5 à 2,5. Ces parties sont commentées par Christiansen lui-même et disponibles depuis dans Chessmaster.

Si vous n'avez pas Chessmaster, vous pouvez lancer le moteur The King version UCI depuis l'interface Arena et sélectionner parmi les 49 profils de grands maîtres proposés celui de Christiansen. Sur la page consacrée au moteur de Chessmaster, vous trouverez également un lien pour télécharger trois bibliothèques d'ouvertures que j'ai réalisées à partir de plus de 1600 parties de ce joueur.



Peter Léko

Peter Léko est un joueur d'échecs hongrois né en 1979 à Subotica (actuellement en Serbie). Enfant prodige, il a obtenu le titre de grand maître international à 14 ans et 4 mois, record qui ne sera battu (de deux mois) que par Etienne Bacrot.


Carrière échiquéenne

Champion du monde des moins de 16 ans en 1994, Léko explosa littéralement en 1998 ; affrontant l'élite mondiale des échecs, à Dortmund, Madrid et Tilburg il gagna consécutivement 40 parties, n'en perdant qu'une seule.
Léko a enchaîné dans les années suivantes les victoires à de nombreux tournois internationaux: Dortmund (en 1999, 2002 et 2008), Linarès (2003), Wijk aan Zee (2004)...
Ces succès lui ont permis d'être sélectionné à quatre reprises pour le championnat du monde à élimination directe, atteignant le troisième tour en 1999 et 2000. Il avait à peine 20 ans.
Finaliste du championnat du monde 2004, il affrontera le tenant du titre, Vladimir Kramnik, faisant jeu égal avec lui : 7-7 ; ce qui permis toutefois à ce dernier de conserver le titre.

Parmis les grands succès de Léko, on compte également sa victoire au championnat du monde rapide de Dubaï, en 2002.

Par la suite, Léko a un peu déçu. 5eme joueur mondial, il est à nouveau sélectionné pour les championnats du monde de 2005 et 2007, mais finit respectivement 5eme et 4eme, alors que beaucoup le donnaient comme favori. Il reste néanmoins une dizaine d'années dans le "Top 10" des meilleurs joueurs du monde.
De 2011 à 2015, le joueur hongrois a participé à la coupe du monde FIDE, mais il sera éliminé au 1er tour en 2011, au second en 2013 et au 3eme en 2015.

Actuellement (en 2021), à 40 ans, Peter Léko pointe à la 76eme place. Il n'est plus dans le peloton de tête, préférant mettre sa science des échecs au service d'autres joueurs. Il est par l'exemple l'entraîneur du très jeune joueur allemand Vincent Keymer, probablement un futur grand nom de la discipline. A l'occasion de compétitions majeures, Léko joue volontiers le rôle de secondant (par exemple auprès de Viswanathan Anand ou de Ian Nepomniachtchi...).


Style ultra-défensif

Peter Léko est moyennement apprécié des aficionados car c'est un joueur très peu combatif. Il campe en défense, déployant un jeu positionnel très solide, ne prenant jamais aucun risque. Il est très difficile à battre mais accumule les parties nulles, acceptant la nullité si elle lui est proposée même en situation de faible infériorité.  
C'est ce même tempérament frileux qui le pousse à préférer les ouvertures peu tendues.


Jouer contre une simulation de Peter Léko ?

Chessmaster proposait une simulation de Peter Léko. Si vous n'avez pas ce programme, il vous suffira de lancer le moteur The King version UCI depuis l'interface Arena et de sélectionner le profil "Léko" dans la liste des 49 personnalités proposées.  Sur la page consacrée au moteur de Chessmaster, vous trouverez également un lien pour télécharger trois bibliothèques d'ouvertures que j'ai réalisées à partir de plus de 1600 parties de ce joueur.



Miguel Najdorf

Mieczyslaw Mandel Najdorf est né en 1910 en Pologne, dans une commune proche de Varsovie. Il est mort à Malaga, en Espagne, en 1997.
Il appartenait à l'équipe polonaise participant aux 8ème olympiades de Buenos Aires en 1939 lorsque la guerre éclata et que son pays fut envahi par les troupes allemandes. D'origine juive, il jugea plus prudent de rester en Argentine et d'adopter la nationalité de ce pays. Il changea son prénom pour Miguel. Najdorf appris plus tard la disparition de sa femme et de son enfant et de la plupart des membres de sa famille.


Carrière échiquéenne

Najdorf commence à se faire remarquer en 1922, en faisant match nul contre Alexander Alekhine. En 1935 il est l'un des meilleurs joueurs de l'équipe olympique polonaise, qui compte aussi Tartakower, celui qu'il a toujours considéré comme son maître.  

Ci-contre, Miguel Najdorf en 1973 à Wijk aan Zee (Photo Bert Verhoeff / Anefo)


Pendant la guerre, son activité est réduite mais il remporte tout de même un certain nombre de compétitions en Amérique du sud.  De 1946 à 1950, son talent éclate. Il gagne un grand nombre de tournois internationaux qui font de lui un des premiers joueurs à obtenir la norme de Grand Maître International de la FIDE.  Cependant, il ne réussit pas à se qualifier pour le championnat du monde de 1948. En 1950 il participe aux tournois des candidats qui devront affronter Botvinnik, le champion en titre. Il finit 5ème. Trois ans plus tard, il participe au tournoi des candidats de Zurich et termine 6e sur 15. Il ne réussit plus à se qualifier dans les années suivantes.
Najdorf a probablement payé sa décision de ne pas devenir un joueur d'échecs professionnel, préférant rester un amateur génial. Homme d'affaires avisé, il tirait de gros revenus de ses diverses activités.  Ne jouant pas aux échecs à plein temps, il manquait de préparation face à l'élite de l'époque. Najdorf a néanmoins continué à jouer aux échecs jusqu'à la fin de sa vie. Dans les années 70, il était encore parmi les 100 meilleurs joueurs du monde.  


Spécialiste des parties à l'aveugle

Najdorf était un adepte des parties à l'aveugle. En 1943, il réussit à conduire 40 parties en même et à en remporter 36, n'en perdant que trois. Cette exhibition avait pour but d'attirer l'attention de ce qui restait de sa famille et de ses amis, en Europe et en Russie.  


Personnage haut en couleur

Miguel Najdorf fut un joueur très populaire, à la fois par son style de jeu, très souvent surprenant, et parce que c'était un homme très sociable, plein d'humour et d'esprit. Certaines de ses saillies sont restées célèbres. Comme celle-ci par exemple : "Quand Boris Spassky vous offre une pièce, vous feriez bien d'abandonner sur le champ. Mais quand Mikhail Tal offre une pièce, il vaut mieux continuer à jouer, car il pourrait vous en offrir encore une, puis une autre..."


Style de jeu

Najdorf n'est pas de ceux qui se laissent enfermer dans un style. Il est rarement prévisible mais on peut noter une nette préférence pour l'attaque. Son jeu est généralement mobile et ouvert. Il accorde un intérêt limité à la solidité de sa position et à la protection de son roi.
En matière d'ouverture, son répertoire est vaste. Il peut jouer le pion dame comme l'ouverture anglaise ou le début Réti lorsqu'il a les blancs -  car Najdorf avait absorbé l'apport hypermoderne et la théorie du contrôle du centre à distance.
Lorsqu'il a les noirs, il opte souvent pour la King's indian ou la défense sicilienne.


Contribution théorique


Najdorf à beaucoup contribué à enrichir la théorie des ouvertures. La variante sicilienne qui porte son nom (1. e4 c5 2. Cf3 d6 3. d4 cxd4 4. Cxd4 Cf6 5. Cc3 a6) est une ouverture très productive qui a été employée par des générations de grands maîtres. Encore aujourd'hui, elle est fréquemment jouée par Anand, Topalov, Kariakine, Grichtchouk ou notre meilleur français,  Maxime Vachier-Lagrave. Le joueur argentin a également popularisé plusieurs variantes d'ouvertures classiques.


Jouer contre une simulation de Najdorf ?

Le moteur de Chessmaster, The King, est doté d'une personnalité "Najdorf". Installez le moteur dans l'interface Arena et depuis le menu de configuration, choisissez la personnalité "Najdorf" parmi les 49 profils de grands maîtres. N'oubliez pas de guider Arena vers l'une des trois bibliothèques que j'ai construites à partir d'un échantillon de plus de 1600 parties du grand maître argentin.


Larry Evans

Larry Evans est né en 1932 à New York ; il est mort en 2010 à Réno, dans le Nevada. Il fut longtemps l'un des meilleurs joueurs américains et un journaliste spécialisé dans les échecs de grande renommée, auteur de nombreux ouvrages très populaires. Evans a également collaboré à la réalisation de la franchise Chessmaster.


Carrières échiquéenne

Bien qu'il ait été un très bon joueur, Larry Evans aura eu une carrière essentiellement américaine. Il fut ainsi en 40 ans cinq fois champion des Etats-Unis (1951, 1952, 1962, 1968, 1980), remporta quatre fois l'Open américain (en 1951, 1952, 1954, 1971). A l'international,  il obtint cependant plusieurs médailles d'or et d'argent en tant que membre de neuf équipes olympiques américaines.
Très bon technicien des échecs, Evans secondant Bobby Fischer pour le championnat du monde de 1972.


Carrières d'écrivain et journaliste

Evans a publié à 18 ans son premier livre sur les échecs et n'a jamais cessé de commenter la discipline. Il a signé plus d'une vingtaine de livres, dont certains sont de véritables ouvrages de référence. C'est le cas par exemple du traité d'ouvertures "Modern Chess Openings", coécrit avec Walter Korn et considéré longtemps comme la "bible" en matière d'ouvertures.  Il était probablement le journaliste spécialisé le plus connu des aficionados, écrivant durant 30 ans pour le magazine Chess Life et pour une cinquantaine d'autres journaux à travers les Etats Unis. Parmi de nombreuses récompenses, on retiendra le titre de "Meilleur journaliste spécialisé de l'année 2000".
Enfin, Evans fut également l'un des piliers de la franchise Chessmaster, écrivant une grande partie du contenu didactique du programme.


Style de jeu

"Défenseur, spécialiste de la prise de pions", spécifie sa fiche dans Chessmaster qui précise encore : "à l'affût d'une capture de pion, ce tempérament (défensif) est réputé pour pouvoir endurer des heures de labeur afin de mener un simple petit pion jusqu'à la victoire.."
Larry Evans est de fait un joueur fortement défensif qui, à la manière de Petrossian ou Kortchnoï, se lance parfois dans de vigoureuses contre-offensives lorsque l'adversaire commet une erreur ou si sa position est très affaiblie.
En matière d'ouvertures, Evans aime la partie anglaise (1. c4) lorsqu'il a les blancs, la King's Indian ou la défense sicilienne s'il a les noirs.


Jouer contre une simulation de Larry Evans avec The King

Seul Chessmaster a proposé une simulation du jeu d'Evans, une star mineure dans le monde des échecs. Si vous n'avez pas ce programme, vous pouvez installer ma version UCI du moteur The King dans Arena et sélectionner le profil "Evans" parmi les 49 proposés. Les bibliothèques d'ouvertures de Chessmaster n'ayant pu être récupérées, j'en ai réalisé trois autres, à partir d'environ 700 parties d'Evans (une petite de 12 ½ coups de profondeur, une moyenne de 30 ½ coups et une grosse de 60 ½ coups).



Nigel Short


Né en 1965 à Leigh, en Grande Bretagne, Nigel Short est un joueur d'échecs à la précocité exceptionnelle. Son premier fait d'arme a été de battre Viktor Korchnoï à l'âge de 10 ans. Certes au cours d'une épreuve de parties simultanées, mais quand même ! A 12 ans, il était déjà en mesure de participer au championnat de Grande Bretagne. A 14 ans il obtenait la norme de maître international, après avoir gagné, ex-aequo avec John Nunn et Robert Bellin, le championnat britannique. Il participe à plusieurs championnats du monde junior mais n'obtient jamais le titre. En 1980, c'est Kasparov qui le lui ravit. Néanmoins ses brillants résultats à de nombreuses épreuves de renom lui valent d'être reconnu grand maître International à 19 ans.  


Grand champion britannique

Short gagna à plusieurs reprises le championnat britannique : ex-aequo en 1979 (mais perdant au départage), puis gagnant en 1984, 1987 et 1998. Il a été également champion d'Angleterre, tournoi à élimination directe, en 1991, champion du Commonwealth en 2004, 2006 (à Bombay) et en 2008 (à Nagpur) et champion Open de l'UE en 2006.


Sur les rives du championnat du monde


Les résultats de Short au tournoi interzonal de Bienne, en 1985, lui permettent de participer au tournoi des candidats. C'est le premier britannique à obtenir son ticket d'entrée, mais il finit dixième. Il se qualifie à nouveau pour le cycle suivant et atteint cette fois le quart de finale. Il perd contre un compatriote, Jon Speelman. Au cycle de 1990-1993, il est finaliste, après avoir éliminé Boris Guelfand, Karpov et Jan Timman, face à Garry Kasparov.
C'est à ce moment que survient le "schisme" qui divisa le monde des échecs durant plus de 12 ans. La FIDE ayant décidé du lieu de la finale et du montant du prix sans consulter aucun des deux finalistes, ceux-ci se rebellèrent et créèrent la Professional Chess Association, la PCA, qui organisa la finale indépendamment de la FIDE. Sponsorisée par le journal britannique The Times, qui offrit la coquette somme de 2,5 millions de dollars, l'épreuve eut lieu à Londres et Kasparov l'emporta nettement (+6 -1 =13).

Ci dessus, photo de Przemyslaw Jahr (Nigel Short au Championnat d'Europe d'échecs par équipes Varsovie 2013)

Comme la FIDE ne reconnut pas ce match, le championnat du monde 93 repris avec Karpov et Timman, précédemment battus par Short.  Il est probable que si Short n'avait pas suivi Kasparov dans l'aventure PCA, il aurait été déclaré champion du monde.
A partir de cette date, la PCA s'installa en rivale de la FIDE et organisa durant plusieurs années son propre championnat du monde.
Short se qualifia sans difficulté pour le  PCA de 1995 et fut battu par Gata Kamsky en finale, à Linarès. Par la suite, le joueur britannique ne réussit plus jamais à s'approcher aussi près du titre. En 1999, au championnat du monde FIDE, il perdit en huitième de finale contre Shirov.  Il sera sélectionné pour tous les championnats suivants jusqu'en 2007 mais sans réussir à dépasser le deuxième tour.


Style de jeu

Short a un style de jeu assez classique et tactique. C'est un attaquant féroce qui recherche généralement des positions ouvertes et des lignes de jeu offensives qui débutent généralement par le classique 1. e4. Lorsqu'il a les noirs, Short joue souvent le gambit de la dame refusée.
Le joueur britannique avance vite et accorde relativement peu d'attention à la solidité de sa position ou à la sécurité de son roi. Son défaut est précisément sa difficulté à jouer autrement. Face à un joueur positionnel très fort en défense, il s'est parfois retrouvé démuni.


Jouer contre une simulation de Nigel Short ?


Jusqu'ici, seul Chessmaster offrait une simulation du jeu de Nigel Short. Si vous souhaitez l'affronter, installez le moteur The King dans l'interface Arena et depuis le menu de configuration, choisissez la personnalité "Short" parmi les 49 profils de grands maîtres. N'oubliez pas de guider Arena vers l'une des trois bibliothèques que j'ai construites à partir d'un échantillon de parties du grand maître anglais.
Mais depuis peu, Rodent IV dispose d'une personnalité "Short", plus
fine et plus forte que celle de Chessmaster, que j'ai développé moi-même l'été dernier. Voir "Nigel Short pour Rodent IV".



Yasser Seirawan


Yasser Seirawan est un grand maître international américain,  né à Damas en 1960 d'un père syrien et d'une mère anglaise. Après avoir abandonné la compétition, il est devenu journaliste et commentateur de talent de l'actualité échiquéenne. Il a écrit de nombreux livres et créé le magazine Inside Chess, dont il a été le rédacteur en chef. Sa notoriété est davantage américaine qu'internationale.


Carrières échiquéenne

Seirawan commence à faire parler de lui à 13 ans, en obtenant le titre de champion junior de l'Etat de Washington. Quelques années plus tard, il devient champion du monde junior, en Norvège. Dans les années suivantes, il remporte plusieurs tournois importants, notamment ceux de Wijk aan Zee, Lugano et New York, au début des années 80. Ces résultats et sa deuxième place tournoi interzonale de Bienne, en 1985, lui ouvrent les portes de la sélection des joueurs appelés à participer au championnat du monde 1987.  Finissant 10ème, il ne passe pas le premier tour.  Il se qualifie encore pour le cycle suivant et est éliminé en 8eme de finale. Bien qu'appartenant à l'élite mondiale des échecs, Seirawan reste un cran en dessous des meilleurs des années 80 et 90.
Aux Etats Unis, en revanche, c'est un astre de première magnitude. Il a réussi à quatre reprises à remporter le championnat américain : en 1981, 1986, 1989 et 2000.  Membre de l'équipe olympique américaine durant de nombreuses années, il a également beaucoup contribué à lui obtenir plusieurs médailles d'argent et de bronze.

Photo : Yasser Seirawan (Chess World Championship Bonn 2008). Auteur : Georgios Souleidis


Style de jeu

Seirawan déploie un jeu fortement défensif. Il possède une connaissance de la position exceptionnelle et une maîtrise des finales parfaite. Son tempérament prudent le pousse souvent à utiliser la défense Caro-Kann et ses variantes, lorsqu'il a les noirs. Cela lui permet d'opposer une forte résistance et d'obtenir au minimum la nullité. Pour un joueur défensif, il fait preuve d'une grande ténacité et ne se contente pas facilement d'une partie nulle. En matière de tactique offensive, il privilégie - relativement - la promotion de pions.


Jouer contre une simulation de Seirawan ?

Seul Chessmaster a proposé jusqu'ici une imitation du jeu de Seirawan. Si vous n'avez pas Chessmaster, vous pouvez lancer le moteur The King version UCI depuis l'interface Arena et sélectionner parmi les 49 profils de grands maîtres proposés celui de Seirawan. Sur la page consacrée au moteur de Chessmaster, vous trouverez également un lien pour télécharger trois bibliothèques d'ouvertures que j'ai réalisées à partir d'une sélection de parties de ce joueur.



Salomon Flohr


Salo Flohr est né en 1908 à Horodenka, alors en Autriche-Hongrie - et maintenant en Ukraine - dans une famille juive.  Ses parents ont été victimes d'un pogrom durant la première guerre mondiale ; Salo Flohr et son frère, devenus orphelins,  ont pu trouver refuge en Tchécoslovaquie, où ils s'établirent. Dans les années vingt, le talent de Flohr pour les échecs éclata. Au début des années trente, il était dans le peloton de tête des meilleurs joueurs mondiaux et un véritable héros dans son pays. Mais l'invasion de la Tchécoslovaquie  par les troupes allemandes le contraignit à nouveau à s'enfuir. Avec l'aide de Botvinnik, il se réfugia en Union Soviétique. Cette nouvelle fuite, traumatisante, affecta son jeu. Très respecté en URSS, il se reconvertit dans le journalisme et devient l'un des piliers du chess sytem russe jusqu'à son décès en 1983.


Carrières échiquéenne

De 1928 à 1937, Salo Flohr participa à 42 tournois internationaux et en remporta une bonne moitié, tout en finissant deuxième ou troisième de la plupart des autres. C'était aussi un redoutable joueur d'olympiades, obtenant à titre individuel deux médailles d'or, une d'argent et une de bronze. Ces brillants résultats lui ouvrirent les portes de la compétition pour le titre mondial. La FIDE le choisit pour le challenger d'Alexandre Alekhine, en 1937 mais  il ne trouva pas l'argent pour participer à la compétition. Réfugié en URSS avec sa famille pour échapper  aux nazis, il participa encore au tournoi AVRO de 1938, destiné à sélectionner l'adversaire d'Alekhine, mais il finit dernier, trop marqué par les événements récents. Le championnat du monde n'aura finalement pas lieu, pour cause de seconde guerre mondiale, mais Flohr semblait encore dans la course après la guerre. Il se qualifia cependant avec quelques difficultés pour le tournoi des candidats de 1950 et finit dernier une fois de plus. Sa carrière échiquéenne était terminée.


Style de jeu

Au fil du temps, la manière de joueur de Flohr a beaucoup changé. Le style brillant et offensif des années trente a laissé la place dans les années quarante à un jeu hyper-défensif, d'une prudence extrême. Flohr avait perdu sa combativité, évitant comme la peste les positions risquées et acceptant la nullité à la moindre situation d'infériorité. Il privilégia les ouvertures tranquilles, en particulier les ouvertures du pion dame, qui s'accommodaient mieux de son jeu devenu ultra-positionnel.


Jouer contre une simulation de Flohr ?

A ma connaissance, il n'existe qu'une seule simulation du jeu de Salo Flohr, celle que proposait Chessmaster. Si vous n'avez pas ce programme, vous pouvez lancer le moteur The King version UCI depuis l'interface Arena et sélectionner celui de Flohr parmi les 49 profils de grands maîtres proposés. La simulation a retenu toutefois le style frileux et défensif du Flohr de fin de carrière, dont nous avons vu plus haut qu'il n'était pas vraiment représentatif des qualités de ce joueur.




Reuben Fine


Reuben Fine est né à New York à 1914 et il est mort dans cette même ville en 1993, à l'âge de 78 ans. Joueur professionnel à partir du début des années 30 il fut l'un des meilleurs joueurs américains et,  jusqu'à la seconde guerre mondiale, l'un des cinq meilleurs mondiaux. Injustement peu connu, il fait partie de ces joueurs qui, à l'instar de Kortchnoï, Keres ou Rubinstein, avaient tout pour être champion du monde mais ne l'ont pas été pour diverses raisons qui tiennent plus à l'adversité et au hasard qu'à un manque de capacités.
Après la guerre, Reuben Fine continua à jouer en professionnel quelques années mais il abandonna la compétition en 1951 pour se tourner vers la psychologie et la psychanalyse.


Carrières échiquéenne

Sur le territoire national, Reuben Fine a un palmarès contrasté. Alors qu'il remportait systématiquement l'US Open (7 fois en tout), il ne réussit jamais à conquérir le titre de champion des Etats Unis, qui revenait systématiquement à son rival américain de toujours, Samuel Reshevsky. juif orthodoxe d'origine polonaise, un joueur pourtant à priori moins fort que lui.
Ses succès à l'international sont plus marquants. Il remporte dans les années trente beaucoup de grands tournois internationaux et il est le fer de lance de l'équipe olympique américaine, à qui il permet d'empocher l'or à trois reprises, en 1933, 1935 et 1937. En 1938, il arrive à égalité avec Paul Keres pour la première place du tournoi AVRO de 1938, qui avait pour but de sélectionner le challenger d'Alekhine pour le titre de champion du monde. Mais Alekhine disposant d'une certaine latitude pour le choix de son adversaire, les discussions traînent en longueur et retardent le début de la compétition. Le déclenchement de la seconde guerre mondiale mettra fin aux tractations.
Après la guerre et la mort d'Alekhine, Fine est invité par la FIDE à participer à un nouveau processus de sélection pour le titre de champion du monde, mais il décline. Les échecs ne lui rapportent plus de quoi vivre décemment et il prépare sa reconversion professionnelle. A cette période, il est absorbé par sa thèse de doctorat en psychologie. Il est également refroidi par l'incertitude qui pèse sur la tenue du championnat et par l'influence que les soviétiques exercent sur la FIDE, laquelle est complaisante avec l'habitude qu'ils ont prise de jouer entre eux des "parties de salon" afin de favoriser leur meilleur champion. On se souvient que ce fut l'un des points de discorde vingt ans plus tard entre la FIDE et Bobby Fischer.
Lorsque Fine obtint son doctorat en 1951, il abandonna la compétition.

Reuben Fine, essayiste

Si Reuben Fine n'a pas révolutionné les échecs, d'un point de vue théorique, il a été en revanche un essayiste de grand talent, auteur de quelques-uns des meilleurs ouvrages sur la discipline. Publié en 1941, Basic Chess Endings, un recueil d'analyses de fins de partie, est toujours considéré aujourd'hui comme un ouvrage majeur.  Autre livre de référence, The Ideas Behind the Chess Openings ("Les idées cachées dans les ouvertures d'échecs") s'intéresse aux ouvertures moins pour détailler une multitude de variantes que pour mettre à jour les principes qui les sous-tendent.
Alors qu'il ne jouait plus aux échecs qu'en amateur Reuben Fine a publié en 1956  The Psychology of the Chess Player,  une analyse du comportement du joueur d'échecs dans une perspective psychanalytique.



Style de jeu

Très fin connaisseur des ouvertures, Fine avait la réputation de baser son jeu sur un bon début de partie, recherchant l'initiative dès les premiers coups puis ne concédant plus aucune faiblesse. En réalité, il était un joueur beaucoup plus complet, à l'aise dans tous les compartiments du jeu, notamment dans les finales, qu'il maîtrisait aussi bien que les ouvertures. Son jeu était assez équilibré, mais davantage tourné vers l'attaque que la défense et affichait une forte préférence pour les lignes ouvertes.


Jouer contre une simulation de Reuben Fine ?

Méconnu ou oublié, Fine avait bien besoin d'une franchise américaine pour lui rendre hommage. Sans Chessmaster et son moteur The King, il n'y aurait certainement aucune simulation du champion avorté. Vous pouvez lancer le moteur The King version UCI depuis l'interface Arena et sélectionner parmi les 49 profils de grands maîtres proposés celui de Fine. Sur la page consacrée au moteur de Chessmaster, vous trouverez également un lien pour télécharger trois bibliothèques d'ouvertures réalisées à partir des parties de ce joueur.




Pillsbury Harry Nelson


Né en 1872 à Somerville, dans le Massachusetts, le grand maître américain Harry Nelson Pillsbury était de l'étoffe qui font les champions du monde. Malheureusement, son parcours a été entravé par la forme sévère de la Syphilis dont il souffrait et qui l'a emporté très jeune, à 33 ans, en 1906. Mais si sa carrière a été brève, elle a été fulgurante et brillante.


Carrières échiquéenne

Pillsbury n'a appris à jouer aux échecs que tardivement, à 16 ans, mais à peine deux ans plus tard, il faisait déjà parler de lui. Son premier exploit vraiment marquant fut de battre Steinitz, à New York, en 1892 ; le champion autrichien lui avait concédé un avantage d'un pion mais cela lui apporta néanmoins beaucoup de notoriété et le décida de devenir joueur d'échecs professionnel.
Le club d'échecs de Brooklyn financa son voyage en Grande Bretagne pour le tournoi d'Hastings de 1895 où, à 22 ans, il réussit à battre l'élite mondiale des échecs, notamment le champion du monde en titre Emanuel Lasker et l'ex-champion du monde Wilhelm Steinitz.
Dans la foulée, il participa au tournoi de Saint-Pétersbourg, qui eut lieu quelques mois plus tard, et c'est là que les premiers symptômes de la maladie apparaîtront. Au milieu du tournoi, alors qu'il était en tête de classement, il souffrit de violentes céphalées. Ses résultats s'effondrèrent. Il finit troisième derrière Lasker et Steinitz. S'il avait gagné ce tournoi, comme cela semblait prévisible, Lasker n'aurait sans doute pas pu éviter d'affronter l'américain pour le titre mondial.
Pillsbury continua à jouer à très haut niveau, mais la maladie l'empêcha d'être au mieux de ses capacités. Alors qu'il semblait en mesure de battre les plus forts joueurs de l'époque, Lasker, Steinitz et Tarrasch, ses résultats devinrent moins brillants. En 1998, il termina second au départage du tournoi de Vienne. Puis deuxième au tournoi de Paris en 1900 et encore deuxième du tournoi de Munich, la même année.
Les progrès de la maladie l'éloignèrent des compétitions internationales mais Pillsbury continua à jouer à haut niveau dans son pays. Champion des Etats Unis depuis 1897, il conserva le titre jusqu'à sa mort en 1906.


Style de jeu

Pillsbury est un attaquant qui déploie un jeu vif et tactique, volontiers combinatoire.  Il est moins à l'aise dans les finales ou lorsque les parties s'éternisent dans un jeu lent et défensif. Ce sont des faiblesses qu'il aurait probablement pu corriger, s'il en avait eu le temps. En matière d'ouvertures, il a popularisé le gambit de la dame et ses variantes ; il a beaucoup joué également les ouvertures espagnoles.



Jouer contre une simulation de Pillsbury ?

Une simulation de Pillsbury accompagnait le jeu Chessmaster. Si vous ne disposez pas de cette célèbre franchise d'échecs, vous pouvez lancer une version UCI du moteur The King de Chessmaster et sélectionner le profil Pillsbury parmi les 49 profils de grands maîtres proposés avec le moteur. Vous trouverez également sur cette page une collection de trois bibliothèques d'ouvertures construites à partir des parties du champion américain.



A suivre...

 
 
 
 
 
 
 
 
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