Les variantes du jeu d'échecs - Echecs et informatique sur PC-Windows

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Variantes

Les variantes du jeu d'échecs




Le dossier "variantes" à pris beaucoup d'ampleur depuis sa première édition, déjà vieille de plusieurs années. Il se décline maintenant en une douzaine de chapitres :





Introduction

On trouve ici un tour d'horizon rapide de l'histoire des variantes et des informations détaillées sur un grand nombre de variantes que je considère comme les plus importantes (un choix qui peut être un peu subjectif). Je dirige aussi le lecteur vers les logiciels, interfaces, moteurs, serveurs de parties et applets qui permettent d'y jouer.


Les moteurs de variantes

Pour jouer en local ou même en ligne à une variante il faut un moteur qui est capable de "réfléchir" dans le concept de cette variante. Ce chapitre est divisé en deux sections :

➤Fairy Stockfish : fork de Stockfish spécialisé dans les variantes, Fairy Stockfish est le roi du domaine : universel, très fort et très moderne. Il est accompagné de Fairyground, une interface en ligne permettant d'aborder toutes les variantes de Fairy Stcokfish, sans exception.

➤Autres moteurs de variantes : une collection de moteurs plus anciens et de force variable capables de jouer à certaines variantes


Les interfaces

Pour animer un moteur de variantes, il faut aussi une interface (rappel : je ne parle ici que des logiciels qui fonctionnent avec Windows bien que certains fonctionnent aussi sur d'autres systèmes). Beaucoup des interfaces gratuites dont il est question sur ce site ne savent pas gérer les variantes (
Lucas Chess, Mayura, Crafty Chess ou SCID); ou bien leurs capacités en la matière sont très modestes (Arena). J'ai sélectionné cinq interfaces gratuites qui savent gérer un grand nombre de variantes. Il est utile de les connaître toutes car chacune à ses variantes, ses points forts et ses points faibles.

➤ChessV : l'interface de variantes universelle, intégrant six moteurs différents qui lui permettent de jouer à près de 120 variantes

➤CuteChess : cette interface joue à plus d'une cinquantaine de variantes (avec les moteurs vus plus haut)

➤LiGround : forme un couple harmonieux avec Fairy Stockfish, déjà intégré à l'interface. Gère les variantes du serveur Lichess et les variantes régionales.

➤Winboard : cette interface très ancienne est une championne des variantes. Elle concurrence ChessV par le nombre de variantes qu'elle est capable de prendre en charge
(avec les moteurs vus plus haut)

➤Pychess
: interface moderne issue de l'univers Linux elle est aussi assez forte pour afficher des variantes.


Fairyground : l'interface en ligne de Stockfish est austère mais c'est un bon outil de travail et c'est la seule interface capable d'afficher toutes variantes gérées par le moteur.



Les logiciels d'échecs avec moteur intégré


Certains logiciels d'échecs, assez rares, accomodent un moteur jouant à des variantes. J'en connais deux très utiles :

➤Rival chess : petit programme ancien qui joue principalement aux échecs avec un bon niveau de force (environ 2000 Elo) mais propose aussi trois variantes dont Kinglet et le Shatranj.

➤Smirf FullChess : cette interface joue à de nombreuses variantes 8x8 et 12x8, principalement les échecs aléatoires de Fischer (Chess 960) et leurs sous-variantes ainsi que les échecs de Capablanca et leurs sous-variantes historiques ou contemporaines. Le tout avec un niveau de force élevé (environ 2400 Elo)


Applets et sites Web

On peut faire autrement que de jouer en local. On peut jouer en ligne avec un applet gérant un bot de variantes (ex : Jocly) ou trouver des adversaires (bots ou humains) sur les serveurs de parties. L'avantage de ces outils c'est qu'on peut les utiliser depuis n'importe quel support : Pc Windows ou Linux, Mac, tablettes ou smartphone...

➤Jocly : cet outil de développement de jeux de plateaux  permet de jouer dans une page Web avec un navigateur quelconque à plus d'une cinquantaine de variantes des échecs (et à beaucoup d'autres jeux). Niveau de force assez faible mais interface très fun.

➤Lichess.org : en utilisant Fairy Stockfish, le serveur de parties Lichess nous permet de jouer à huit sympathiques variantes (Antichess, Atomic, CrazyHouse, Fischer random chess, Horde, King of the hill, Racing kings, Three-checks).

➤Pychess.org : serveur de parties plus discret que Lichess mais capable de jouer à un nombre très important de variantes.

Lishogi : clone de Lichess réunissant une communauté de joueurs de Shogi et de ses variantes.

Playstrategy
: serveur plus généraliste. Il propose de jouer à une trentaine de jeux de plateaux à deux joueurs dont les échecs et une douzaine de ses variantes, au Shogi et aux Xiangqi.


➤Xianqqi.com
: serveur de création très récente ne jouant qu'aux échecs chinois.





Introduction


Le monde des variantes est en perpétuelle évolution et ce dynamisme non seulement ne se dément pas mais s'accélère beaucoup depuis quelques années. On est surpris de constater sur les serveurs de parties en ligne le succès de certaines variantes !
Ce foisonnement a d'abord des causes endogènes à l'occident. Nous vivons dans un monde mercantile dans lequel la nouveauté est valorisée, presque sacralisée même,  tandis que l'ancien est démonétisé - au sens figuré mais également au sens propre : le vieux ne fait pas recette ! Dans d'autres cultures, en particulier en Asie, on est bien davantage préoccupé de permanence, de tradition.

Un second paramètre est purement technique : il y a quarante ans, jouer à une variante féérique supposait d'abord d'en avoir entendu parler puis d'acheter un nouveau jeu, avec peut être un nouveau plateau, des pièces différentes, trouver des partenaires humains forcément rares pour jouer... Aujourd'hui il suffit de lancer un programme ou de se connecter à un serveur de parties pour trouver des adversaires à son niveau dans beaucoup de variantes. Il n'est pas indispensable d'acheter plusieurs jeux d'échecs pour avoir les 36 pions nécessaires à une partie Horde. Enfin, dès qu'une variante devient populaire, l'information nous parviens facilement...

Mais une troisième cause majeure saute aux yeux : les échecs modernes sont en crise. Paradoxalement - car le succès populaire est toujours soutenu, et même en progression depuis quelques années - les échecs compétitifs ont de plus en plus de mal à intéresser. Une partie d'échecs n'est déjà pas en soi très télégénique, ce qui est un handicap dans une société où l'audio-visuel domine. Mais il y aussi le fait que les parties deviennent ennuyeuses. La théorie à tellement évolué qu'une partie d'échecs de haut niveau aujourd'hui ressemble davantage à un concours de bons élèves qu'à la bataille des deux esprits qu'elle était autrefois. Nombre de variantes ont d'ailleurs été créées dans l'esprit de leur auteur pour redynamiser des échecs assoupis dans une technique. En 1920, Capablanca a proposé sa propre variante parce qu'il pensait que nous étions sur le point de faire le tour des échecs et que deux très bons joueurs ne pourraient bientôt que terminer sur des parties nulles. Beaucoup plus près de nous, la variante aléatoire de Fischer avait pour but d'empêcher les 20 premiers coups de la partie de devenir un simple exercice de mémoire. Avec la variante No Castling, Kramnik poursuit aujourd'hui un objectif similaire : redonner de l'éclat aux échecs, enlisés dans un corpus théorique monumental…
Toutefois, force est de constater que pour l'instant aucune variante n'a réussi à succéder aux échecs à l'échelon compétitif. La variante Capablanca est restée confidentielle. La variante 960 de Bobby Fischer a connu un plus grand succès et il existe d'ailleurs des compétitions nationales et internationales. Mais l'impact de ces évènements reste marginal.

Pour ceux qui aiment les jeux de plateaux à deux joueurs, le monde des variantes des échecs est un univers passionnant à découvrir. Ce n'est pas sans raison qu'on le qualifie souvent de "féerique". Le plus embêtant est le manque de fondement théorique de la plupart des variantes, ce qui tend à faire de nous des amateurs sans bagage, pouvant jouer des milliers de parties sans progresser. Ne perdez pas de temps à essayer de mettre la main sur un traité théorique concernant la variante atomique, par exemple. Ça n'existe pas ! On trouve bien quelques commentaires et conseils utiles, ici ou là, mais rien d'assez construit pour permettre une étude systématique. En matière de variantes, hors les variantes régionales pratiquées comme les échecs depuis des siècles, tout ou presque reste à découvrir. Finalement, c'est peut être là que se trouve la raison de la résistance des échecs : le jeu a derrière lui cinq siècles de réflexion théorique accumulée...  

Rob Rob, février 2024



Variantes des échecs, échecs non-orthodoxes, échecs féeriques :
de quoi parlons nous ?



Par "variantes du jeu d'échecs", il faut entendre toutes sortes de jeux qui empruntent aux échecs plusieurs de ses éléments principaux : cela peut être son plateau de 8x8 cases, son but (mater le roi), toutes ses pièces ou seulement certaines... Les différences comptent autant que les ressemblances. Ainsi les variantes utilisent parfois un plateau plus grand (souvent 10x8) ou plus petit, un autre but de jeu - par exemple ne plus avoir de pièce le premier - ou des pièces nouvelles, dites "féériques", aux pouvoirs  inhabituels.  
Les échecs eux-mêmes sont une variante de jeux plus anciens sur lesquels il a fini par prendre le pas. De même, beaucoup de variantes modernes ont été imaginées dans le but d'améliorer le jeu d'échecs, sans jamais parvenir à le détrôner jusqu'ici.  Certaines variantes, plus ludiques, connaissent cependant un notable succès populaire, grâce à la facilité d'usage qu'offrent les serveurs de parties en ligne. Mais en matière de compétition, les échecs orthodoxes mènent toujours la course - du moins dans le monde occidental.
A côté des échecs et de ses évolutions, il faut aussi aborder l'existence des variantes dites "régionales", pratiquées essentiellement sur le continent asiatique, des "cousins" descendant vraisemblement d'un même ancêtre commun, qui poursuivent leur vie de leur côté, connaissant d'ailleurs eux-aussi de nombreuses variantes...



Plan du chapitre

La préhistoire des échecs
Les échecs "historiques"
  Shatranj (8x8)
  Amazon (8x8)
  Almost (8x8)
  Courier (12x8)
  Great chess (10x10)
Capablanca Chess et variantes proches
  Capablanca chess (10x8)
  Carrera's chess et Carrera modernisée (10x8)
  Bird's array chess (10x8)  
  Capablanca Random Chess - CRC (10x8)
  Chancellor (9x9) et New Chancellor (10x8)
  Conservative Capablanca Chess
  Embassy Chess (10x8)
  Gothic Chess (10x8)  
  Grotesque Chess (10x8)   
  Grand Chess (10x10)
  Janus Chess (10x8)

  Ladorean Chess (10x8)
  Schoolbook (10x8)
Echecs aléatoires de Fischer et variantes proches
  Echecs aléatoires de Fischer
  Shuffle Chess et Wild castle  
  Chess 480

Autres variantes 8x8   
  Antichess, Giveway, Suicide, Losing chess, Loser's chess
  Atomic et Atomic 960
  Berolina  
  Bughouse  
  Corner
  Crazyhouse et Crazyhouse 960
  Duck chess
  Kinglet  
  King of the hill et King of the hill 960
  Knightmate
  No Castling (ou No Castle)
  Placement
  Racing kings
  Seirawan ou S-Chess
  Three-check et Three-checks 960  
Les mini-échecs (4x4, 4x5, 4x8, 5x5, 5x6, 6x6)
Les variantes asymétriques
  
Horde
  Spartan
Les variantes régionales
  
Makruk (échecs thaïlandais)
  
Cambodian (Ouk Chaktrang - Echecs cambodgien)
  
Makpong (variante du Makruk)
  
Sittuyin ("échecs birmans")
  Jangqi (échecs coréens)  
  ASEAN (Makruk occidentalisé)  
  Shogi (échecs japonais)
  Xiangqi ("échecs chinois")
Les variantes hexagonales
  Echecs hexagonaux de Glinski  
  Echecs hexagonaux de McCooey  
  Echecs hexagonaux de De Vasa
  Echecs hexagonaux de Brusky  
Index alphabétique  





La préhistoire des échecs

L'origine des échecs se perd dans la nuit des temps. Le plus ancien jeu dont on connaisse l'existence qui évoque les échecs est le Chaturanga, d'origine indienne. Les premiers indices solides datent du septième siècle mais il a probablement été inventé au 5eme ou au 6eme siècle - peut-être même avant.


Gravure ancienne représentant (vraisemblablement) une partie de Shatranj ou de Chaturanga (Bibliothèque Nationale de France).

Le Chaturanga est une forme d'allégorie militaire. En sanskrit, le mot signifiait étymologiquement "quatre membres" et servait généralement à désigner l'armée et ses quatre divisions principales - l'éléphanterie, les chars, la cavalerie et l'infanterie - toutes représentées dans le jeu avec en plus le général et son conseiller. On sait aussi qu'il se jouait sur un plateau de 8x8 cases sans damier et que la configuration habituelle rappelait beaucoup celle des échecs modernes. Mais si l'on connaît l'apparence qu'avait un jeu de Chaturanga (grâce à des représentations artistiques et à des éléments matériels retrouvés) on ignore toujours ses règles exactes. Les mouvements des pièces ne sont pas connus avec certitude, le but du jeu non plus (le roi pouvait peut être être capturé). Il est certain par contre qu'il y a eu une variante à quatre faisant intervenir un jet de dé.  


Une représentation moderne du Chaturanga à deux et quatre joueurs...

Au 6eme siècle un jeu de Chaturanga est offert au royaume de Perse, dans le cadre d'un échange diplomatique ; à moins qu'il ne soit simplement arrivé en Perse avec les marchands d'épices et les nomades d'Asie centrale... Ce qui est sûr c'est que les Perses appellent le jeu le Chatrang et que ses règles se stabilisent. En 642 les arabes conquièrent la Perse et s'entichent du jeu qu'ils pratiquent avec passion - et renomment Shatranj. Beaucoup plus férus d'écriture que les Perses, ils ont laissé quantité d'informations fiables qui ont pu parvenir jusqu'à nous. Nous savons avec certitude que le jeu était très proche des échecs modernes, ne s'en distinguant que par quelques traits assez secondaires (voir "Shatranj").  A l'occasion de leurs conquêtes occidentales, les arabes ont diffusé le Shatranj en Europe, où il s'est transformé pour devenir nos échecs modernes.
Que ce soit à directement partir du Chaturanga ou par l'entremise du Shatranj, le jeu a circulé dans tout l'Orient où il s'est cristallisé en diverses variantes régionales : le Makruk, toujours très pratiqué en Thaïlande et au Cambodge ; le Xiangqi, en Chine, qui évoluera vers le Jangki en Corée et le Shogi au Japon ; le Sit-tu-yin en Birmanie...
En occident, la dynamique de la transformation s'est poursuivie pour aboutir à de nombreuses variantes modernes que je classerai provisoirement dans la catégorie des "échecs féeriques"...

Le but de ce site étant avant tout de proposer des outils informatiques gratuits ou libres pour jouer ou travailler sur les échecs, je n'insisterai pas davantage sur l'histoire du jeu et de ses variantes. Dans les sections suivantes je vais lister les variantes qui me semblent les plus importantes en insistant sur leurs règles et en proposant des logiciels, des moteurs ou des applets  pour y jouer.



Les échecs "historiques"



Shatranj (8x8)

On ignore où se situent exactement les origines du jeu d'échecs. Les formes les plus primitives sont nées probablement quelque part en Asie entre le 3eme et 4eme siècle de notre ère. On sait en revanche qu'au sixième siècle, un jeu très proche de nos échecs modernes, le "Shatranj", est apparu en Perse. Le jeu est devenu assez vite très populaire dans le monde musulman, au moyen-orient. Puis le Shatranj a accompagné naturellement la poussée musulmane en Europe du sud (Espagne, Italie) et en Afrique du nord, au milieu du moyen-âge et s'est imposé dans les milieux éduqués.



Règles

Les règles du jeu sont très proches de celles des échecs modernes. La position initiale des pièces est la même qu'aujourd'hui.
➤Le roi se déplace comme aux échecs d'une case dans toutes les directions. Il peut au cours de la partie réaliser une seule fois un mouvement en "L" comme un cavalier; ce mouvement ne peut pas être réalisé s'il est en échec.
➤Le conseiller ("vizir"), qui occupe la position de la dame, se déplace d'une case en diagonale.
➤Les éléphants, sur la position des fous, se déplacent de deux cases en diagonale. Comme les cavaliers, ils peuvent passer par dessus les pièces qui font obstacle.
➤Les chevaux ("faras") occupent la position des cavaliers et se déplacent de la même façon.
➤Les chars ("roukh") occupent la position des tours et se déplacent de la même façon.
➤Les soldats ("baidaq") occupent la position des pions, se déplacent de la même façon et prennent en diagonale. Mais ils ne connaissent pas la possibilité de se déplacer de deux cases à leur coup initial. De plus leur promotion ne se fait qu'en conseiller.


Les pièces du Shatranj / Mouvements du conseiller et de l'éléphants, seuls pièces dont les déplacements sont différents des pièces des échecs modernes (source : Wikipedia)

Le déroulement du jeu est identique à celui des échecs. Le but est de bloquer le roi, ce qui correspond exactement à la règle du mat. Les prises fonctionnent comme aux échecs. Les blancs jouent en premier. En revanche, le roque est inconnu.

Remarque : les possibilités de mouvement des pièces au shatranj font que les débuts de partie sont beaucoup plus lents qu'aux échecs. C'est probablement l'une des causes de l'évolution du jeu vers les échecs modernes.


Une partie de Shatranj sur l'interface ChessV...

Jouer au Shatranj avec...


De très nombreux moteurs sont capables de jouer aux échecs historiques. Depuis l'interface ChessV il est possible d'employer les moteurs ChessV Engine, FairyMax, Shamax et SjaakII.
Avec CuteChess ou Winboard nous n'avons que l'embarras du choix :  FairyMax, Nebiyu, ShaMax, SjaakII, Pulsar et Fairy Stockfish jouent tous au Shatranj, avec des niveaux de force très variables.

Le programme d'échecs Rival Chess permet de jouer au Shatranj mais avec les pièces des échecs. Les éléphants sont donc représentés par les fous et le conseiller par la dame.

L'interface en ligne Fairyground permet d'y jouer avec Fairy Stockfish comme moteur.

Pour tester le Shatranj on pourra aussi employer l'applet à l'intelligence modeste du site Chessvariants.com.

Enfin, il y a bien sûr un applet Jocly "Shatranj ancien chess".

Comme toujours, de nombreuses sous-variantes existent. ChessV en offre toute une collection: le Shatranj Kamil (David Paulowich, 2005) sur échiquier 8x8, le Shatranj Kamil X du même auteur, sur échiquier 10x10, le capablanca Shatranj sur échiquier 10x8 (Christine Bagley-Jones, 2006). Inventés par Joe Joyece en 2006 nous avons aussi : le Gilded grand shatranj sur plateau 10x10, le Grand shatranj 10x10, le Great Shatranj 10x8, le Lemurian Shatranj 8x8 et le modern Shatranj 8x8.



Amazon Chess (8x8)

Règles

La variante amazon est une très ancienne variante des échecs, très courante au moyen âge en Europe et au Moyen-Orient. Elle était encore fréquemment utilisée dans les milieux populaires en Russie au dix-huitième siècle. Elle est très proche des échecs modernes. La disposition des pièces est identique. Il n'y a qu'une seule différence, mais elle est de taille : la dame est remplacée par une pièce féerique appelée "amazone" dont les déplacements sont une combinaison des mouvements de la reine et du cavalier. Elle peut sauter par-dessus les pièces lorsqu'elle se déplace comme une cavalier mais pas lorsqu'elle se déplace comme une dame.

L'amazone, généralement représentée comme un cavalier couronné,  est une pièce très puissante car elle contrôle un nombre de cases considérable. C'est sans doute cette trop grande puissante qui a conduit peu à peu à limiter ses pouvoirs à ceux de la reine actuelle.

Ci-contre, les déplacements possibles de l'Amazone. Les ronds noirs sont positionnés sur les cases où la pièce peut se déplacer comme un cavalier, en sautant par dessus les pièces voisines.

On y joue avec...

Deux moteurs sont capables de jouer à la variante amazon : Fairy Stockfish (avec CuteChess et Winboard) et SjaakII (avec CuteChess).

L'interface en ligne Fairyground permet d'y jouer avec Fairy Stockfish comme moteur.  

On peut aussi employer l'applet Jocly "Amazon Chess".


Almost

La variante Almost chess ("Presque les échecs") est une sous-variante d'Amazon, imaginée par Ralph Betza au début des années 90 pour réduire la trop grande puissance de l'amazone, qui déséquilibrait le jeu. Ainsi la reine d'Almost ne combine plus que les pouvoirs de la tour et du cavalier.


On y joue avec...

Bien qu'assez confidentielle, la variable Almost est présente dans la plupart des interfaces, grace à Fairy Stockfish et au ChessV engine.

L'interface CuteChess avec Fairy Stockfish
L'interface Winboard avec Fairy Stockfish
L'interface ChessV avec ChessV engine
L'interface Fairyground avec Fairy Stockfish



Courier chess (12x8)

Les échecs Courier (ou Coursier en français) sont une variante médiévale qui se joue sur un échiquier 12x8. Il s'agit de l'une des plus vieilles variantes des échecs, dont les premières traces connues datent du 12eme siècle. Plus dynamique que le Shatranj, les échecs Courrier ont été très populaires durant plus de six siècles, évoluant parallèlement à la version orientale, qui, elle, se transformait pour devenir les échecs modernes.


Jocly en position de départ de la variante Courier chess...

Règles

Dans la variante Courier, le but du jeu est, comme aux échecs, de mater le roi. Toutefois, la règle du pat reste inconnue et il n'y a pas de mécanisme de roque. Voici les autres caractéristiques importantes :
➤ Les rois sont tous deux sur la colonne "f". Comme aux échecs orthodoxes ils se déplacent d'une case dans n'importe quelle direction mais ne peuvent être capturés.
➤A côté du roi sur la colonne "e" il y a une pièce appelée le "sage" (ou "mann") qui se déplace comme le roi mais peut être capturée.
➤En position avancée sur la colonne "g" centrale (g3 et g6) , se trouve le "ferz" ou "dame", qui se déplace d'une case en diagonale. Devant le ferz est positionné un pion.
➤En h1 et h8 est placé le "schleich" (ou "imbécile") qui se déplace comme une tour mais d'une seule case)
➤Sur les colonnes "d" et "i" (d1, i1 et d8, i8) se trouvent les "coursiers" (ou "läufer", aux mouvements identiques aux fous des échecs classiques. Sur le plateau agrandi, ces pièces bénéficient d'une très grande mobilité et d'une forte puissance. Elles ont donné leur nom à la variante.
➤Sur les colonnes "c" et "j" se tiennent les "archers" (c1, j1 et c8, j8), qui se déplacent de deux cases en diagonale en sautant la première case même si une pièce s'y trouve.
➤Sur les colonnes "b" et "k" (b1, k1 et b8, k8) nous avons les cavaliers, qui agissent exactement comme les cavaliers des échecs orthodoxes.
➤Enfin nous trouvons dans les coins a1, a8 et l1, l8 une paire de tours identiques à celles des échecs classiques.
➤La variante courier possède 12 pions qui se déplacent d'une seule case par coup en avant (même pour le premier coup) et prennent en diagonale. Mais ils ne sont pas tous placés sur la seconde rangée. Les pions des colonnes externes "a" et "l" et de la colonne centrale "g" sont avancés de deux cases. La prise en passant n'existe pas puisque les pions n'avancent que d'une case.
➤Dernier point concernant les pions : lorsque l'un d'eux atteint la dernière rangée du camp adverse, il est promu en ferz.


Représentation de la variante Courier dans l'interface ChessV

Modernisation

La variante Courier a connu à partir du 18eme siècle de nombreuses tentatives de modernisations qui se poursuivent encore aujourd'hui. Dans l'ensemble, on observe un rapprochement avec les échecs modernes : absence de pièces avancées, pions pouvant progresser de deux cases au premier coup, ferz obtenant les pouvoirs de la dame moderne, introduction de la règle du pat, introduction du roque, etc.


On y joue avec...

De nombreux moteurs jouent à la variante Courier médiéval. Les voici - approximativement par ordre de force croissant : ChessV engine (avec l'interface ChessV), Nebiyu, FairyMax, ShaMax, SjaakII et Fairy Stockfish (avec CuteChess ou Winboard).

Un applet Jocly joue à la variante Courier médiévale avec un niveau de force comparable à celui de ChessV engine.

L'interface en ligne Fairyground permet d'y jouer avec  Fairy Stockfish comme moteur.  

Parmi les variantes plus modernes, nous avons un autre applet Jocly qui joue à "Courier-spiel reformed" tandis que l'interface ChessV offre de son côté la version "ArchCourier" (Eric Greenwood, 2006), "Courier chess moderno" (José Carrillo, 2008) et "Compound courier custom chess" (Graeme Neatham, 2017).



Great chess (10x10)

Il s'agit d'une variante historique ancienne pratiquée en Inde (le jeu est mentionné dans un écrit indien du XVIII) et probablement aussi en Turquie jusqu'à l'époque ottomane. Un livre turc du début du 19eme siècle le mentionne explicitament, d'où parfois l'appellation de "Great Turkish chess". On ne connaît pas exactement le moment où il apparaît mais les historiens des échecs estiment qu'il pourrait remonter à l'époque de la Renaissance, quelque part entre de 14 et le 15eme siècle. Les informations sur le jeu sont par ailleurs souvent contradictoires. Même aujourd'hui, on trouve sous l'appellation de "Great Chess" des variantes présentant des différences importantes dans la position des pièces, la taille du plateau ou même le mouvement des pièces. A priori je considère comme conforme celle qui est offerte par l'interface ChessV.


Position de départ de la variante Great dans l'interface ChessV.

Les pièces

Le jeu se pratique sur un échiquier de 10x10 et comporte 22 pièces par joueur :

➤Le "Padshah" ou roi, qui se déplace comme le roi aux échecs. Le roi des blancs est en f1, celui des noirs en e10.
➤Le "Shazadeh" ou prince, qui possède les mouvements de la dame  et des cavaliers des échecs. Le prince des blancs est en e1, celui des noirs en f10.
➤Le "Vizir" ou ministre, qui se déplace comme la dame des échecs et se trouve en d1 pour les blancs et g10 pour les noirs.
➤Le "Kotwal", ou chef de la police, qui combine les mouvements du fou et du cavalier. Il se trouve en g1 pour les blancs et d10 pour les noirs.
➤Le "Ghora" ou cavalier, disponible en 4 exemplaires, dont deux en position avancée sur les colonnes "e" et "f". Ils bougent commes les cavaliers des échecs.
➤Le "Fil" ou éléphant, en deux exemplaires sur les colonnes "c" et "h". Ils se déplacent comme les fous des échecs.
➤Le "Rukh" ou tour, disponible en deux exemplaires. Elles se déplacent comme les tours aux échecs et se trouvent également sur les bords de la première rangée.
➤l'"Urdabegini" ou servante armée, en deux exemplaires sur les colonnes "e" et "f" et en position centrale sur la deuxième rangée. Ils combinent les mouvements des tours et des cavaliers.
➤Le pion. C'est le pion des échecs, disponible en huit exemplaires. S'il arrive en haut du camp adverse, il est promu en Vizir.


Les règles

Le but du jeu est le même qu'aux échecs : il faut mettre le roi adverse échecs et mat. Par ailleurs, comme aux échecs, un roi ne peut être capturé, il ne doit donc pas rester en situation d'échecs.
En principe il n'y a pas de roque et les pions n'avancent que d'une seule case à la fois. Il n'y a pas de double pas pour le premier coup. Toutefois, comme cela rend la progression très lente sur un si grand plateau, il existe une sous-variante qui autorise le double pas au premier coup. Une autre sous-variante autorise le double pas et le roque.  


On y joue avec...

L'interface ChessV propose la variante Great exposée ci-dessus en trois versions : "Classic" (pas de double pas, pas de roque), "Faster pawns" (avec double pas, sans roque) et "Faster pawns and castling" (avec double pas et roque).
Les moteurs FairyMax, ShaMax et SjaakII jouent dans Winboard une variante dite "Great" qui utilise un plateau de 10x8 et qui semble plutôt être une variante Great Shatranj.

Le site Chess Variants offre un applet doté d'une IA sommaire permettant aussi de tester la variante.


Capablanca Chess (10x8) et variantes proches

Capablanca chess (10x8)


Les échecs Capablanca sont une variante du jeu d'échecs, se jouant sur un échiquier 10×8 et proposée en 1920 par l'ancien champion du monde d'échecs, José Raúl Capablanca (1888-1942). Celui-ci estimait que l'on avait fait le tour des échecs et qu'il fallait modifier le jeu pour le rendre plus intéressant et limiter les occasions de parties nulles.
En fait, Capablanca a adapté la variante proposée au début du 17eme siècle par Pietro Carrera plutôt qu'inventé une nouvelle variante (voir plus bas).  

Dans la variante Capablanca, chaque joueur dispose, en plus des pièces habituelles des échecs, de deux nouvelles pièces, dites "féeriques" :
➤ Le Chancelier (ou "l'Impératrice"), qui combine les mouvements de la tour et du cavalier et qu'on représente comme un cavalier sur une tour ou comme une tour surmontant un fer à cheval (cas de Smirf Fullchess).
➤ Le Centaure (ou encore "la Princesse"), qui combine les mouvements du cavalier et du fou, représenté comme un cavalier au socle élargi, une tête de licorne ou par deux épées croisées
(cas de Smirf Fullchess).
Le Chancelier comme le Centaure peuvent passer par dessus les autres pièces lorsqu'ils se déplacent comme des cavaliers mais pas lorsqu'ils se déplacent comme des fous ou des tours.


Position de départ de la variante Capablanca dans Smirf Fullchess

Contrairement aux échecs orthodoxes, chaque roi, au lieu de chaque reine, commence sur une case de sa propre couleur : le roi blanc sur une case claire ; le roi noir sur une case sombre. Le centaure est placé du côté dame, entre le cavalier et le fou ; le Chancelier occupe l'emplacement symétrique, côté roi.

Le roque est légèrement modifié : le roi se déplace de trois cases lors du roque au lieu de deux cases comme aux échecs standard.


On y joue avec...

Le serveur de parties Pychess permet de jouer à la variante Capablanca.

Le programme Smirf FullChess joue à la variante Capablanca avec un niveau de force élevé, ainsi
qu'à de nombreuses variantes proches.  
L'interface ChessV utilise les moteurs ChessV engine, FairyMax, Shamax et SjaakII pour jouer avec des niveaux de force et des styles variables aux échecs de Capablanca.
Fairy Stockfish (avec son interface en ligne Fairyground) ainsi qu'avec les interfaces CuteChess et Winboard)
ChessV engine avec CuteChess.
Vous pouvez compter aussi sur un applet Jocly, moins fort mais plus fun.  

La variante Capablanca Chess n'a jamais eu beaucoup de succès. Aucun grand joueur d'échecs de l'époque n'a daigné s'y intéresser.  Selon le champion britannique William Winter, il y aurait trop de pièces fortes, ce qui rendrait peu pertinente la présence des pièces faibles et nuirait à l'équilibre général du jeu. D'autres ont fait remarquer que l'on gagne beaucoup plus souvent lorsqu'on a les blancs. Néanmoins, la variante est considérée comme historiquement importante, sans doute à cause de la grande notoriété de son promoteur. Beaucoup de variantes proches l'ont précédées ou suivies. En voici quelques unes :



Carrera's chess et Carrera modernisée (10x8)


En fait, Capablanca n'a pas inventé sa version des échecs, il serait plus juste de dire qu'il a adapté celle qu'avait proposé Pietro Carrera au début du dix-septième siècle. Dans son livre "Il Gioco degli Scacchi", ce prête italien décrivait en 1617 une version des échecs se déroulant sur un plateau de 10x8 cases, avec deux pièces dotées des mêmes caractéristiques que celles de Capablanca - qu'il appelait alors le Centaure et le Champion. Ces nouvelles pièces lourdes sont positionnées entre les tours et les cavaliers. Les pièces noires et les pièces blanches sont disposées en miroir.



Variante de Carrera, position de départ dans Smirf FullChess

Fergus Duniho et Sam Trenholme ont proposé en 1999 une version modernisée de Carrera's Chess. Seule la position des pièces est modifiée.


Position de début de la variante Carrera modernisée, dans Smirf.

On y joue à la variante Carrera avec...

Le logiciel Smirf FullChess
L'interface ChessV (avec le moteur ChessV engine)
L'applet Jocly Carrera's chess

Le serveur de parties Pychess.  Il faut sélectionner d'abord la variante Capablanca puis ouvrir le pop-up "début alternatif" et sélectionner "Carrera"

On y joue à la variante Carrera modernisée avec...

Le logiciel Smirf FullChess et le fichier PGN que j'ai créé pour cette variante
L'interface ChessV et les moteurs ChessV engine, FairyMax, ShaMax et Sjaak II.



Bird's array chess (10x8)

Le grand joueur d'échecs anglais Henri Bird a proposé en 1874 une variante très proche de celle de Carrera. Seule la position des pièces du premier et du huitième rang est différente : Bird a placé les nouvelles pièces de part et d'autre du couple royal. Le Chancelier, qu'il nomme "Ecuyer" se trouve du côté dame ; le Centaure, qu'il appelle "Garde", est à côté du roi.


Position de départ de la variante Bird dans Smirf FullChess



On y joue avec...

Smirf Fullchess
ChessV (ChessV engine et SjaakII)

Le serveur de partie Pychess. Il faut sélectionner d'abord la variante Capablanca puis ouvrir le pop-up "Début alternatif" et sélectionner "Oiseau".




Capablanca Random Chess - CRC (10x8)


Tout en développant en 2004 son logiciel Smirf Fullches, spécialisée dans les variantes 8x8 et 10x8, l'allemand Reinhard Scharnagl a inventé une version "Capablanca" avec tirage au sort de la position des pièces du premier rang, comme pour la variante Fischer. Les règles sont bien sûr les mêmes qu'aux échecs de Capablanca, sauf que la configuration initiale est aléatoire et que le roque est un peu différent.
Les pièces du premier rang sont placées après tirage au sort avec les restrictions suivantes :
➤Les fous doivent être sur des cases de couleur opposée.
➤La reine et le Centaure doivent également commencer sur des cases de couleur opposée.
➤Le roi doit être positionné entre les tours, afin de préserver la capacité de roquer.
➤Tous les pions doivent être protégés dans la configuration initiale, ce qui minimise l'avantage des Blancs de jouer en premier.
➤Les positions de départ avec les fous voisins doivent être évitées, car cela augmente l'avantage pour les blancs de jouer en premier.
➤Les pièces noires sont placées en huitième rangée en position miroir.
Ensemble, ces règles restreignent la configuration d'ouverture à 12.118 positions de départ.


Une position possible de la variante CRC dans Smirf FullChess



Le roque : il est possible, à la manière des échecs de Fischer, c'est-à-dire :
➤Le roi a toujours une tour du côté gauche et une autre du côté droit.
➤Quelle que soit la position initiale du roi et de la tour, l'emplacement d'arrivée des pièces  est le même qu'aux échecs orthodoxes.
Pour le reste, les restrictions sont identiques à celles des échecs classiques :
➤Le roi et la tour qui participent au roque ne doivent pas avoir déjà bougé.
➤Le roi ne doit pas être en échec.
➤L'espace entre les positions initiale et d'arrivée du roi et de la tour à roquer ne doit contenir aucune autre pièce.
➤Le roi ne peut pas traverser ou arriver sur une case attaquée par une pièce adverse.

On y joue avec...

Le logiciel Smirf FullChess
Fairy Stockfish (avec son interface en ligne Fairyground et avec les interfaces CuteChess et Winboard)
Le moteur Smirf engine (avec les interfaces CuteChess et Winboard)
Avec l'interface ChessV (moteurs ChessV engine et SjaakII)

Le serveur de parties Pychess.




Chancellor chess (9x9) et New Chancellor (10x8)

Inventée par Benjamin R. Foster en 1887, la variante Chancellor se joue sur un échiquier 9x9. Il y a donc un pion de plus par côté. D'autre part, une pièce féérique, le Chancelier, prend place à la droite du roi blanc et à la gauche du roi noir.  Le Chancelier a les mêmes pouvoirs que celui de la variante Capablanca : il combine les mouvements de la tour et du cavalier.


Variante Chancellor : position de départ dans l'interface ChessV

Dans le livre où il expose sa variante Ben Foster décrit clairement sa filiation avec les échecs de Carrera, du duc de Rutland, de Tressan et de Henri Bird. C'est une variante historiquement importante, bien qu'elle ne se soit pas imposé. Elle fut l'une des premières à prétendre succéder aux échecs en raison d'un meilleur équilibre global et elle a obtenu pour cela un certain succès d'estime.

La variante New Chancellor

On y joue à la variante Chancellor avec...

L'interface ChessV (avec les moteurs ChessV engine et SjaakII)
Le moteur ChessV engine avec Cutechess
L'applet Jocly Chancellor
Fairy Stockfish (avec son interface en ligne Fairyground et les interfaces CuteChess et Winboard)


Beaucoup plus près de nous - c'était en 1197 - David Paulowich a suggéré une sous-variante de la variante Foster.  Il conserve l'idée d'une seule pièce féérique supplémentaire, le même chancelier combinant les pouvoirs du cavalier et de la tour, mais il l'installe en double exemplaire, dans les coins gauche et droit de la première rangée, sur l'échiquier 10x8 de la variante Capablanca.



Position de début de New Chancellor dans Smirf Fullchess.

On joue à la variante New Chanvellor avec...

L'interface ChessV et son moteur ChessV engine
Avec Smirf Fullchess et le PGN "New Chancellor" que j'ai produit pour cette variante.



Conservative Capablanca Chess (10x8)

Il s'agit d'une variante récente de type "Capablanca", donc sur échiquier 10x8, proposée par Davor Vujacic. Elle a pour particularité de rassembler toutes les pièces féériques sur les colonnes des extrémités. Toutes les autres pièces sont placées comme aux échecs standards. Selon son auteur, il s'agit de permettre aux joueurs d'échecs de retrouver un peu leurs repères ; une partie de la théorie est en effet toujours utilisable, comme par exemple celle qui concerne la maîtrise du centre de l'échiquier.


Position de début de partie de la variante "conservatrice" sur le site Pychess...


On y joue avec...

Seul le serveur de parties Pychess propose la variante conservatrice : sélectionner d'abord la variante Capablanca puis ouvrir le pop-up "Début alternatif" et sélectionner "Conservateur".



Embassy Chess (10x8)

Cette variante, inventée par Kevin Hill en 2005, combine la variante Grand chess (pour la position des pièces -  voir plus bas) et le plateau 10x8 de Capablanca Chess. Les pièces nouvelles sont donc disposées à l'aile roi, le Chancelier à côté du roi et le Centaure à côté du fou.



Position de départ de la variante Embassy dans Smirf FullChess


On y joue avec...

Le logiciel Smirf FullChess
L'interface
ChessV (Moteurs ChessV engine et SjaakII)
Fairy Stockfish (avec son interface en ligne Fairyground et les interfaces CuteChess et Winboard)

Le serveur de parties Pychess.
Il faut sélectionner d'abord la variante Capablanca puis ouvrir le pop-up "Début alternatif" et sélectionner "Embassade".

Pour tester la variante, on peut aussi utiliser l'applet de Chessvariants.com, qui propose un applet doté d'un moteur très basique.




Gothic Chess (10x8)

Les échecs gothiques reprennent le principe de la variante Capablanca mais la position des pièces est différente. Elles sont disposées de cette façon : Tour, Cavalier, Fou, Dame, Chancelier, Roi, Centaure, Fou, Cavalier, Tour.


Départ de la variante Gothic dans l'interface ChessV...

Cette variante a été développée par Ed Trice au début des années 2000 afin de corriger certaines faiblesses des variantes Capablanca ou Bird. Selon Trice, le principal problème de ces variantes réside dans la configuration initiale des pièces, qui favorise trop les blancs. Ceux-ci auraient ainsi beaucoup plus de facilité à l'emporter, toute chose égale par ailleurs.
L'amélioration de Trice consiste à positionner toutes les pièces de telle sorte qu'aucun des pions ne reste sans défense au début de la partie. Concrètement, il a repris la position de la variante Bird, en échangeant les cases initiales de la reine et du chancelier.

Ed Trice a déposé un brevet pour sa variante, ce qui a beaucoup nui à sa diffusion. Il a abandonné ses droits en 2006. La configuration "Gothic" est donc maintenant totalement libre. C'est une bonne nouvelle car c'est une variante des plus intéressantes, qui devient très populaire.


On y joue avec...

Variante populaire, la "Gothic" est prise en charge par de nombreux moteurs et interfaces.

L'interface ChessV avec les moteurs ChessV engine, FairyMax, Shamax et SjaakII
Le moteur ChessV engine avec CuteChess
Le logiciel Smirf Fullchess, à condition de télécharger le PGN que j'ai construit pour cette variante.
L'applet Jocly Gothic
Les moteurs ChessV engine, Nebiyu, FairyMax, ShaMax, SjaakII, Joker80, Smirf engine et Fairy Stockfish (avec les interfaces CuteChess et Winboard).
Avec Fairyground, l'interface en ligne de Fairy Stockfish.

Le serveur de parties Pychess. Il faut sélectionner d'abord la variante Capablanca puis ouvrir le pop-up "Début alternatif" et sélectionner "Gothique".

L'applet du site Chessvariants.com permettra de tester la variante contre une IA très modeste.





Grotesque Chess (10x8)

La variante Grotesque des échecs, mise au point par Fergus Duniho, s'inspire largement de la variante Capablanca. Duniho a repris cependant les termes de Pietro Carrera pour les nouvelles pièces lourdes. Le Garde correspond au Chancelier de Capablanca (combinaison d'une tour et d'un cavalier) et l'Ecuyer au Centaure (combinaison d'un fou et d'un cavalier).
La position des pièces, sur un échiquier 10x8, est telle qu'aucune pièce reste non-protégée en début de partie. Voici la configuration de départ :


Position de départ de Grotesque Chess dans ChessV

Comme vous le voyez, Fergus Duniho a eu l'idée de redessiner toutes les pièces sur un mode abstrait, ce qui ne facilite pas les choses. C'est pourquoi je détaille la correspondance des pièces. Cela peut être utile, d'autant que le seul programme proposant de joueur à la variante grotesque, ChessV, a pris le parti de représenter la variante avec les graphismes de Dunhilo.

L'autre différence d'avec la variante Capablanca concerne la règle du roque. Lorsqu'un roi roque, il peut se déplacer de deux cases ou plus vers la tour et s'arrête à côté d'elle. La tour saute par-dessus le roi et s'installe juste à côté de lui, sur la dernière case qu'il vient de traverser.  
Les situations empêchant le roque sont les mêmes que pour la variante CC, de même d'ailleurs que les échecs orthodoxes.

On y joue avec...

Comme indiqué plus haut, ChessV permet de jouer à la variante grotesque, avec le dessin abstrait des pièces.



Grand Chess (10x10)

Variante assez récente, inventée en 1984 par un designer de jeux néerlandais, Christian Freeling. Elle est assez proche de la variante Capablanca, avec le même Chancelier, appelé ici Maréchal (combinant le mouvement des tours et des cavaliers) et le même Centaure, devenu Cardinal (combinant le mouvement des fous et des cavaliers).
Grand chess s'éloigne de la variante Capablanca par la position des pièces et par la taille du plateau. Grand Chess se joue sur un échiquier 10x10 et la disposition des pièces est vraiment particulière :



Grand chess vu par ChessV


Notez que les pièces féériques sont en position "miroir" sur les mêmes colonnes, à droite du roi blancs et à gauche du roi noir. Et la position des tours, seules dans les angles. Cette disposition augmente leur puissance car elles peuvent agir plus vite, étant moins entravées dans leurs mouvements qu'aux échecs orthodoxes ou Capablanca.
La règle de promotion diffère aussi fortement : un pion atteignant le huitième rang ou le neuvième rang peut-être promu, si le joueur le souhaite. S'il atteint le dixième rang, la promotion est obligatoire, à condition toutefois que l'adversaire ait déjà capturé une pièce légère ou lourde. En effet, la promotion ne peut avoir lieu qu'en reprenant l'une des pièces déjà perdue. A défaut,  le pion reste au neuvième rang. Il peut néanmoins faire échec au roi.
La prise en passant s'applique, le mat est standard, la partie peut finir par un match nul (appelée "impasse"). Par contre, le roque n'existe pas.


On y joue avec...

On peut jouer à la variante Grand Chess avec ChessV (ChessV engine et SjaakII)
Avec l'applet Jocly Grand Chess
Avec les moteurs SjaakII, ChessV, Nebiyu et Fairy Stockfish dans CuteChess
Avec les
moteurs SjaakII, Nebiyu et Fairy Stockfish dans Winboard
Avec Fairyground, l'interface en ligne de Fairy Stockfish.

Le serveur de parties Pychess propose cette variante.

Un applet à l'intelligence sommaire permettra de tester la variante sur le site Chessvariants.com.




Janus Chess (10x8)

Janus Chess est une variante des échecs inventée en 1978 par l'Allemand Werner Schöndorf de Bildstock. Il se joue sur un échiquier 10x8 et comporte une pièce féerique, le Janus, dotée des mouvements combinés d'un fou et d'un cavalier. Autrement dit, la pièce correspond exactement au Centaure de la  variante Capablanca.  
A noter : Janus est le nom d'un dieu romain souvent représenté avec deux visages regardant dans des directions opposées. D'où son nom ici.
Il y a deux pions de plus pour la seconde rangée et deux Janus par joueur, représentés par un cavalier au socle élargi,  par une tête de licorne ou encore par deux épées croisées.

Les janus sont placés entre les tours et les cavaliers. La position relative du roi et de la reine est inversée par rapport aux échecs.
Après le roque, le roi se tient sur la colonne b ou i et une tour se tient sur la colonne c ou h, selon le côté où le roque est effectué.


Position de depart de la variante Janus dans Smirf FullChess

Le Janus est considéré comme presque aussi puissant qu'une reine et est généralement évalué à 8 points. C'est la seule pièce du jeu qui est capable de mater le roi adverse sans l'aide d'aucune autre pièce, si le roi est acculé dans un coin.
Les joueurs débutent la partie avec une puissance matérielle très supérieure aux échecs orthodoxes, mais cet excès est relativisé par la taille du plateau de jeu, qui dilue la puissance des pièces, les joueurs ayant beaucoup plus d'espace pour manoeuvrer.  

La variante Janus est assez populaire en Europe, où des compétitions sont régulièrement organisées, auxquelles participent parfois de forts joueurs d'échecs.  Korchnoï appréciait par exemple beaucoup les échecs Janus, qui permettait, selon lui, plus de créativité que les échecs normaux. Plus près de nous,  Peter Léko ou Artur Yusupov pratiquent aussi cette variante.


On y joue avec...


Avec le logiciel Smirf FullChess
Avec l'interface ChessV (moteurs ChessV engine, FairyMax et ShaMax)
Avec les moteurs Shamax, FairyMax, ChessV et Fairy Stockfish dans CuteChess
Avec les moteurs Shamax, FairyMax et Fairy Stockfish dans Winboard
Avec l'applet Jocly Janus Chess
Avec Fairyground, l'interface en ligne de Fairy Stockfish.



Ladorean Chess (10x8)

Inventée par Bernhard Hermes en 2005, à partir d'une idée initiale de Fergus Dunilho, Ladorean est une sous-variante Capablanca qui ne s'en différencie que par la position des pièces. Le centaure de la variante Capablanca, qui combine les mouvements du cavalier et du fou, est appelé ici le "cardinal". Le chancelier, combinant tour et cavalier, devient le "marshall". La position des pièces est la suivante :

Tour, fou, dame, cavalier, roi, cardinal, cavalier, marshall, fou, tour.


La variante Ladorean créé pour Smirf Fullchess

Le roque est symétrique : la tour se trouve toujours sur la colonne "c" ou "h", selon le côté du roque et le roi sur la colonne sur la colonne "b" ou "i". A la fin du mouvement, la tour et le roi sont adjacents.


On y joue avec...


Variante peu connue et assez marginale, Delorean se joue essentiellement avec l'interface ChessV et son moteur ChessV engine. J'ai également utilisé les possibilités de création de variantes de Smirf Fullchess pour créer un PGN permettant d'y jouer avec ce logiciel.




Schoolbook (10x8)

Sam Trenholme est l'un de ses fanas des variantes qui aiment la variante Capablanca et qui sont partis à la recherche de la position de départ la plus équilibrée. Il a proposé en 2006 la variante Schoolbook avec une pièce appelée l'archevêque, équivalente du centaure, et une autre appelée Maréchal, identique au chancelier. Les pièces sont positionnées ainsi :

Tour, dame, cavalier, fou, archevêque (cavalier + fou), roi, fou, cavalier, maréchal (cavalier + tour), tour.

Les noirs sont en position miroir...


La configuration Schoolbook dans Smirf Fullchess

En 2009, le meilleur moteur pour jouer à la variante Capablanca était Joker 80. Sam Trenholme s'en est servi pour tester sa variante. Le moteur a semblé montrer que Schoolbook donnait un net avantage aux blancs et il a abandonné sa variante. Puis est apparu Fairy Stockfish, d'une force considérablement plus élevée que Joker 80. Configuré pour jouer à la variante Capablanca avec la position de départ de Schoolbook, Fairy Stockfish a prouvé que la variante ne donnait aux blancs qu'un très petit avantage. C'est donc probablement l'une des positions de départ les meilleures, avec Gothic.  


On y joue avec...

L'interface ChessV avec les moteurs ChessV engine et Sjaak II
Fairyground, l'interface en ligne de Fairy Stoçckfish.
Le logiciel Smirf Fullchess avec le PGN Schoolbook que j'ai produit pour cette variante.
Le serveur Pychess propose également la variante Schoolbook (sélectionner la variante Capablanca et le début "Schoolbook").



Echecs aléatoires de Fischer et variantes proches

Fischer random chess (8x8)

Inquiet de voir les champions d'échecs passer leur temps à apprendre par coeur toutes les bonnes lignes d'ouvertures jusqu'à 20 coups ou plus, l'ancien champion du monde Bobby Fischer a mis au point une nouvelle règle du jeu d'échecs appelée Chess 960 - ou souvent aussi les "échecs aléatoires de Fischer" (Fischer Random Chess) - qui rend inutile l'apprentissage des ouvertures.
Les changements sont finalement relativement modestes. On peut même dire que les règles sont les mêmes, sauf sur deux points: la position de départ et le fonctionnement du roque.



Une position de départ possible aux échecs 960 avec Arena

Dans la version 960, les pièces de la première et de la huitième rangées - où se trouvent les pièces majeures - sont positionnées au hasard, et changent donc à chaque parties, la configuration des noirs étant exactement en miroir de la configuration des blancs. Il y a quelques petites restrictions très logiques :

➤Le roi doit être entre deux tours, pour pouvoir roquer (car la règle 960 conserve la manoeuvre du roque).
➤Les fous doivent évidemment être sur des cases de couleur différente.
➤Les pions seront par contre à leur place habituelle.

Bobby Fischer avait calculé que cela faisait 960 possibilités de coup de départ possibles, contre à peine une vingtaine pour les échecs classiques. D'où le nom de sa variante.
Le bouleversement de la première rangée a toutefois contraint Fischer à aménager un peu la règle du roque de la façon suivante :  

➤Le roi a toujours une tour du côté gauche et une autre du côté droit
➤Quelque soit la position initiale des pièces, le roi et la tour atterrissent toujours, au cours de la manoeuvre du roque, là où elles devraient être dans une partie classique. Pour le petit roque, blancs ou noirs peu importe,  la tour arrive sur la colonne f et le roi sur la colonne g. Pour le grand roque, la tour atterri en d et le roi en c.
Pour le reste, les règles habituelles s'appliquent : il ne doit plus y avoir de pièces entre le roi et la tour, le roi ne doit pas être en échecs et les cases qu'il traverse ne doivent pas être menacées.
Une fois l'ouverture terminée, une partie 960 ressemble beaucoup à une partie classique.

La variante Fischer constitue une évolution vraiment intéressante des échecs qui a de nombreux aficionados parmi lesquels on a toujours compté quelques grands joueurs. Pour autant, elle a eu beaucoup de mal à s'imposer au niveau compétitif, n'obtenant que récemment un statut officiel. Longtemps, la FIDE a boudé la variante Fischer, qui n'était jouée en compétition que dans des épreuves officieuses. L'une des plus importantes fut de 2001 à 2009 le championnat du monde organisé par la ville de Mayence, en Allemagne. Il a été remporté en 2001 par Peter Léko, en 2003, 2004 et 2005 par Peter Svidler, en 2006 et 2007 par Levon Aronian et en 2009 par Hikaru Nakamura.
Un championnat du monde officieux a été organisé en septembre 2018 à Hovikodden en Norvège, remporté par Magnus Carlsen. Le succès de ce championnat a sans doute poussé la FIDE a créer enfin une épreuve officielle, le championnat du monde d'échecs aléatoires de Fischer, dont la première édition s'est tenue une fois de plus en Norvège, en octobre et novembre 2019. L'épreuve a été remportée par Wesley So, devant Magnus Carlsen et Ian Népomniachtchi. Pour la seconde édition, qui s'est tenue à Reykjavik (Islande) en octobre 2022, c'est Hikaru Nakamura qui a obtenu le titre de champion du monde.  


On y joue avec...

Beaucoup de bons moteurs d'échecs supportent nativement la variante 960 : par exemple Stockfish, Komodo, Fruit, Spike, Hermann...
Les interfaces d'échecs l'emploient parfois également. C'est le cas de l'interface commerciale Fritz. Dans le domaine libre et gratuit, Scid vs PC la propose, mais uniquement en partie tactique contre le moteur Phalanx, pas en partie sérieuse contre un moteur UCI, même s'il supporte la variante.
Sur ce point par contre Arena fait fort. Avec cette interface, on peut jouer à la variante 960 dans toutes les conditions et avec n'importe quel moteur, UCI ou Winboard, qu'il supporte ou non nativement la variante. Il faudra juste être attentif à désactiver la bibliothèque d'ouvertures du moteur ou celle d'Arena si elle avait été sélectionnée, ceci afin d'éviter qu'il ne perde du temps à chercher dans la table des coups qui ne peuvent pas s'y trouver.
Crafty Chess Interface et Lucas Chess ont fait par contre l'impasse totale sur la variante 960.

Côté programme d'échecs, ChessV (moteurs ChessV engine et SjaakII) et Smirf Fullchess proposent tous deux  la variante 960.
Coté moteurs, Fairy Stockfish joue à Fischer random chess avec toutes les interfaces gérant la variante : Arena, LiGround, Pychess, CuteChess et Winboard. Il y joue également bien sûr avec son interface en ligne Fairyground.
SjaakII, ChessV engine et Smirf engine jouent aussi à la variante avec CuteChess et Winboard.

On peut aussi pratiquer la variante Fischer depuis un navigateur Internet avec un applet Jocly.

Enfin, tous les serveurs de parties, FICS, Lichess, Pychess et Chess.com, offrent la possibilité de jouer aux échecs aléatoires de Fischer.


Shuffle Chess et Wild castle (8x8)

En réalité, Bobby Fischer n'a pas tout inventé de sa variante 960. Elle est une adaptation de la variante Shuffle (qui signifie "mélange" ou "tirage au sort"), apparue à la fin du 18eme mais tombée en désuétude sans avoir connu le succès. Comme pour la 960, la variante Shuffle prévoit un tirage au sort de la position de toutes les pièces de la première rangée, avec une seule restriction : les fous devront toujours être sur une couleur différente. Mais elle abandonne le roque.

On y joue avec...

L'interface Arena permet de jouer à la variante shuffle pure, quel que soit le moteur employé. L'interface Pychess aussi, sous le nom de "Aleatoire1".

Le programme ChessV (avec son moteur ChessV engine) permet de joueur à Wild Castel, une forme très proche de Shuffle, qui s'en différencie seulement par le fait que le roque reste possible, parce que le roi et les tours échappent au tirage au sort de la position. Les rois sont positionnés toujours sur la colonne "e" et les tours sur les colonnes "a" et "h". L'interface Pychess propose elle aussi la variante Wild castle ainsi qu'une sous-variante dite "Wild castle mélangé". Enfin, il est possible de jouer à la variante Wild Castle avec l'interface Winboard et le moteur Pulsar 2009.



Chess 480 (8x8)

Cette variante a été inventée en 2005 par John Kipling Lewis. Elle s'inspire beaucoup de la variante Fischer mais introduit quelques différences. Elle se joue sur un échiquier de 8x8 cases et avec les pièces habituelles du jeu d'échecs mais comme pour les échecs 960, il y a un tirage au sort de la position des pièces du 1er rang, selon les règles suivantes :

➤ Les pions sont placés comme pour les échecs
➤ Toutes les pièces restantes sont placées au premier rang, après tirage au sort
➤ Le roi est positionné quelque part entre les deux tours blanches.
➤ Les fous blancs sont placés sur des cases de couleurs opposées.
Les pièces noires sont positionnées en miroir des pièces blanches.



Les règles des échecs s'appliquent sauf en ce qui concerne le roque.  Il est conservé mais fonctionne de la façon suivante :
➤Le roi est déplacé de sa case d'origine de deux cases en direction de la tour et cette tour est transférée sur la case que le roi vient de traverser (si elle n'y est pas déjà).
➤Si le roi et la tour sont adjacents dans un coin et que le Roi ne peut pas se déplacer de deux cases vers la Tour, alors le roi et la tour échangent les cases.
Il n'est plus possible de roquer si :
➤Le roi a déjà bougé
➤Une tour a déjà bougé
Le roque est temporairement empêché si :
➤Si la case sur laquelle se tient le Roi, ou la case qu'il doit traverser, ou la case qu'il doit occuper, est attaquée par une ou plusieurs pièces de l'adversaire.
➤S'il y a une pièce entre le Roi et la Tour avec laquelle le roque doit être effectué.


On y joue avec...

Le logiciel Smirf FullChess permet de jouer à la variante Chess 480.

L'interface ChessV permet de jouer à la variante avec le ChessV engine.



Autres variantes 8x8



Antichess, Giveway, Suicide, Losing chess,
Loser's chess...


Ce sont les variantes "Qui perd gagne" des échecs, connues aussi sous de nombreuses appellations : antichess, giveway, loser's chess, losing chess, suicide... Les différences d'appelation sont en général justifiées par de petites différences. Mais il y a parfois une certaine confusion dans les noms aussi bien sur les sites de parties proposant des variantes qu'avec les moteurs de variantes. Pour mettre un peu d'ordre dans ce fatras, je distingue pour ma part une variante principale, antichess ou giveway, et deux sous-variantes : suicide et losing.


Antichess ou Giveway

Pour gagner il faut soit ne plus avoir de pièce, soit être dans l'impossibilité de faire mouvement. Notons aussi que :
1/ Les pièces se déplacent toutes comme aux échecs standard, mais le roi est une pièce comme les autres. Il n'y a pas d'échecs, ni de mat, ni de roque.
2/ La capture est forcée, comme aux dames. Lorsque plusieurs captures sont possibles en même temps, le joueur au trait peut choisir la prise qu'il souhaite.

Suicide

Les règles sont identiques, sauf sur un point de détail : le roi étant une pièce ordinaire, un pion peut-être promu en roi. Il peut donc y avoir deux rois de la même couleur sur l'échiquier.

Loser's chess ou Losing chess

Loser's chess est également très proche dans son principe de l'antichess de Lichess, mais avec quelques différences plus importantes que suicide :
1/ Le but est toujours de perdre toutes ses pièces, mais cette fois à l'exception du roi.
2/ Le roi conserve un statut spécial. Il peut être mis en échecs et si c'est le cas, il doit être défendu. Si une défense implique une capture, elle doit être privilégiée.
2/ Pour gagner, il y a trois voies possibles :
-Perdre toutes ses pièces sauf le roi
-Être maté
-Ne plus pouvoir faire mouvement
3/ Les petits et grands roques sont possibles, bien que beaucoup moins utiles.
4/ la règle des 50 coups s'applique et aboutit à une partie nulle, de même que la règle des trois mouvements successifs identiques.


Stratégie et tactiques

Le site Chess Variant donne des éléments de réflexion utiles pour mieux jouer à la variante Losing : principes généraux, valeur des pièces, théorie d'ouverture, pratique de fin de partie...

https://www.chessvariants.com/diffobjective.dir/giveaway.html



On y joue avec...

Les variantes QPG sont très populaires et très souvent prises en charge, nortamment sur les serveurs de parties. Lichess propose la variante Antichess, FICS les sous-variantes Suicide et Loser's chess. Chess.com permet de jouer à la variante Giveway.
Un applet Jocly joue à Losing Chess.
Enfin, l'interface en ligne Fairyground permet d'y jouer avec Fairy Stockfish comme moteur.  

Parmi les moteurs de variantes, beaucoup jouent également aux variantes QPG. C'est le cas de Fairy Stockfish qui joue avec CuteChess à Antichess, Giveway, Suicide, Loser's chess et Codrus, (variante de Loser's chess). Avec Winboard, Fairy Stockfish gère les mêmes variantes à l'exception de Codrus. Avec Pychess le moteur joue à Antichess, Suicide et Giveway.
Avec LiGround, Fairy Stockfish joue à Antichess de la même manière que sur Lichess. Enfin, le moteur Pulsar 2009 joue à Giveway, Suicide et Losing chess avec CuteChess et Winboard.

Bref, uniquement l'embarras du choix !



Atomic Chess

Introduite dès 1995 dans un serveur de parties allemand (GICS), repris par plusieurs petits serveurs, puis repris en 2000 par Chess Live et Internet Chess Club 5ICC), ce qui n'était qu'une variante anecdotique pratiqué par quelques rares initiés a commencé à devenir populaire. Mais c'est à l'occasion de l'insertion dans le site Free Internet Chess Server (FICS) que l'Atomic est devenue incontournable. Lichess l'a implanté en 2015 peu après le début de ses activités et Chess.com s'y est mis à son tour en 2020. Aujourd'hui, plus de 5 millions de parties Atomic sont jouées par an sur Lichess.  

Règles


Dans la variante Atomic, les règles des échecs standards continuent à s'appliquer, mais avec une différence de taille : la pièce qui prend fait "exploser" toutes les cases autour d'elle, sienne comprise. Et toutes les pièces qui s'y trouvent, y compris la pièce attaquante et la pièce attaquée, sont retirées du jeu, sauf les pions.
Les pions ne peuvent être pris que par les méthodes des échecs standard, à une exception près: lorsque un pion est la pièce attaquante. Dans ce cas,  il est quand même retiré du jeu.

Quelques précisions s'imposent :
1/ Les rois ne peuvent pas exploser, de la même manière qu'ils ne peuvent pas être pris dans les échecs standard - mais seulement mis en échec. Cela entraîne que les rois ne peuvent pas  prendre de pièce. Mais :
Le mat traditionnel s'applique.
➤Si un coup abouti à menacer de faire exploser les cases où se trouve le roi adverse, cela équivaut à un mat. L'attaquant gagne la partie.
➤Un coup qui amènerait un joueur à menacer son propre roi est illégal.
➤Rois adjacents : avec la règle "atomic", les deux rois peuvent légalement se trouver sur des cases adjacentes, puisqu'ils ne peuvent prendre aucune pièce. La règle précédente entraîne que la partie ne peut pas être gagnée tant que les rois sont adjacents. Si les rois ne peuvent plus être séparés, la partie est nulle.


illustration : si le pion attaque la dame blanche il disparait dans "l'explosion", ainsi que la dame et le cavalier. L'autre pion reste en place.


En savoir plus ?
La règle d'atomic selon Lichess
"Study" Lichess illustrant la variante atomic

A noter : dans la variante "atomic" des échecs, les blancs ont un avantage décisif du au fait qu'ils ont un 1/2 coup d'avance sur les noirs. Ceux-ci sont souvent contraints à la défensive et si les blancs jouent correctement, les noirs perdent, même s'ils ont eux aussi une bonne maîtrise du jeu. C'est pourquoi une sous-variante stipule comme règle supplémentaire qu'aucune pièce ne peut-être prise durant les trois premiers tours de jeu. Ni Lichess ni FICS n'ont toutefois retenu cette amélioration.


On peut jouer à Atomic avec...

On peut jouer à la variante Atomic sur les serveurs de parties Lichess, Chess.com, Pychess ou FICS.


Fairy Stockfish joue à Atomic avec un niveau de force élevé aussi bien avec LiGround que Pychess,  CuteChess ou Winboard. Les moteurs Pulsar 2009 et Nebiyu, beaucoup plus faibles, pourront être d'excellents sparring partner, interfacés avec Winboard ou avec CuteChess.  

L'interface en ligne Fairyground permet aussi d'y jouer avec Fairy Stockfish comme moteur.  

Pour tester la variante avec une IA de force très modérée, vous pouvez aussi recourir à l'applet proposé sur le site Chess variants.


Atomic 960

Cette variante combine Atomic avec les règles du tirage au sort des pièces du premier rang de la variante Fischer random chess.  Elle est proposée par le site Pychess.org (il faut cocher l'option "960" lors de la sélection de la variante).




Berolina

Dans les années 20, un allemand résidant à Berlin, Edmund Nebermann, a inventé le pion Berolina ou pion de Berlin, une pièce féerique ressemblant au pion des échecs avec cette différence que les mouvements de déplacement et de capture sont inversés. Le pion Berolina prend en avançant devant lui et se déplace en diagonale.  C'est pour cette raison qu'il est souvent représenté comme un pion à l'envers.
Il a la possibilité d'avancer de deux cases en diagonale à son premier coup et connaît également une forme de prise en passant. C'est le pion qui se déplace de deux cases qui peut être pris "en passant" par un pion adverse arrivant.   Voici un illustration fournie par  Wikipedia:



En haut à gauche, nous voyons les déplacements possibles du pion blancs (ronds noirs) et la case de capture (croix noire)
En dessous à droite, une illustration de capture en passant : si le pion blanc f2 avance de deux cases pour arriver en d4, le pion noir e4 peut capturer le pion blanc en passant en e3.

Implications stratégiques et tactiques

L'introduction du pion Berolina est la seule différence d'avec les échecs standards mais elle est de taille. En effet ce simple changement bouleverse la pratique du jeu - et illustre accessoirement l'importance des pions : puisque chaque pion n'attaque qu'une seule case au lieu de deux, sa capacité offensive est moindre. Par ailleurs, sa capacité défensive aussi est plus limitée, puisqu'il ne peut pas former de chaines de pions diagonales protectrices. C'est en fin de partie qu'il est très dangereux car il peut progresser plus facilement vers le haut de l'échiquier que le pion des échecs et sa promotion est beaucoup plus fréquente.

On y joue avec...

La popularité marginale mais pas anecdotique de la variante Berolina fait qu'elle est souvent prise en charge par les systèmes informatiques.

Avec l'interface Winboard la variante peut être jouée avec les moteurs FairyMax, ShaMax, SjaakII et Nebiyu.
Avec l'interface CuteChess ont peut compter sur les moteurs FairyMax, ShaMax, SjaakII, Nebiyu et ChessV engine
Avec l'interface ChessV la variante est jouée par les moteurs ChessV engine, FairyMax, ShaMax et SjaakII
Sur la Berolina, le grand absent de toutes les interfaces est le moteur Fairy Stockfish. Ce dernier peut néanmoins y jouer depuis Fairyground, son interface en ligne.




Bughouse ou double Blitz (blitz à quatre)

Règles

Le Double blitz, Blitz à quatre ou Bughouse est une variante du jeu d'échecs assez populaire qui se joue en deux équipes de deux joueurs, avec deux échiquiers, les équipiers ayant des couleurs alternées.
En cours de partie, lorsqu'un joueur prend une pièce adverse, celle-ci est transférée dans la réserve de son équipier. Lequel peut, lorsqu'il est au trait, poser la pièce sur un emplacement vide de l'échiquier. Ce qui équivaut à un coup.
Le Bughouse est joué à la pendule et le temps de chaque joueur est assez bref, souvent 5 minutes. Il s'agit bien de parties blitz.
La victoire est obtenue idéalement par l'équipe qui arrive la première à faire échec et mat. La victoire est acquise si l'un des joueurs adverses abandonne ou encore perd au temps.  
Autres points particuliers :
➤Lorsqu'un pion est capturé, le partenaire ne peut pas le poser sur la première ou la dernière rangée de l'échiquier.
➤La promotion des pions fonctionne, mais si un pion promu est pris, il ne pourra réapparaitre sur l'échiquier du partenaire que comme un simple pion.
➤Un pion réactivé sur l'échiquier du partenaire posé sur sa seconde rangée peut avancer de deux cases pour son premier coup, comme un pion "natif".
➤La communication orale entre les équipiers est tolérée.

Vous aurez remarqué que cela ressemble beaucoup à la règle du Crazyhouse, mais à quatre.
Le Bughouse est employé régulièrement en championnat.



On y joue avec...

Le serveur de parties FICS propose la variante sous le nom de Bughouse, de même que le site Chess.com.
L'interface en ligne Fairyground permet d'y jouer avec  Fairy Stockfish comme moteur.  

Le moteur Fairy Stockfish peut également jouer au double blitz avec l'interface Winboard.



Corner chess

Règles

La variante Corner se joue sur un échiquier 8x8 classique et avec les mêmes pièces que les échecs orthodoxes. Elle diffère principalement par la position initiale des pièces. Notamment, les rois sont positionnés dans le coin droit de la première rangée pour les blancs et dans le coin gauche de la huitième rangée pour les noirs (vu des blancs). Les autres pièces sont disposées de manière totalement symétrique, comme sur l'image ci-dessous :


Corner Chess dans Smirf FullChess


Seconde différence majeure : il n'y a pas de roque dans la variante Corner.

Il existe une sous-variante pour laquelle la position des cavaliers, fous, dames et tours est déterminée de manière aléatoire. Je ne connais aucun programme qui propose d'y jouer mais il est possible de la créer facilement avec Smirf FullChess.

On y joue avec...

Smirf FullChess

L'interface Pychess joue à une variante Corner légèrement différente, la position des autres pièces du premier rang étant tirée au sort.




Crazyhouse

Le Crazyhouse est une variante des échecs qui emprunte au Shogi la possibilité de poser sur n'importe quelle case libre du plateau une pièce précédemment capturée, comme si elle était une des siennes. On appelle cela le "parachutage" ou "drop".

Règles

Les règles habituelles des échecs sont conservées. Mais s'y ajoutent les règles du parachutage. Voici comment cela fonctionne :
1/ Une pièce que vous capturez est stockée dans votre réserve de pièces, en prenant votre couleur ;
2/ Vous pouvez prendre l'une de ces pièces à votre tour de jeu et la poser sur n'importe quelle case libre de l'échiquier. Ce qui équivaut à un coup.
3/ Un parachutage peut entraîner un mat immédiat.
4/ Les pions ne peuvent pas être parachutées sur la première et la huitième rangée.
5/ Si un pion promu est capturé, il entre dans la réserve du joueur sous forme d'un simple pion. Et il reste un simple pion s'il est parachuté.


Ici, les blancs s'apprêtent à remettre en jeu le fou noir - devenu blanc-  sur la case C3, mettant le roi noir en échecs.

Voir une démo ?

A noter : la variante Double blitz ressemble beaucoup à Crazyhouse, mais se joue à quatre et sur un rythme très rapide.   


Stratégie et tactique

Une défense forte et statique est peu payante au Crazyhouse, jeu où tout bouge très vite. Il est davantage payant de rechercher l'initiative.
Les pièces lourdes ont moins d'intérêt qu'aux échecs classiques. En effet, la possibilité de parachuter un pion pour protéger le roi nuit à l'efficacité de ces pièces. En revanche, le cavalier, avec son pouvoir de sauter par dessus les autres pièces, a une valeur offensive plus élevée qu'aux échecs. Ce sont les pièces à chouchouter.  Et il ne faut manquer aucune occasion d'en priver l'adversaire.  
Après un échange de dames en début de partie, il vaut mieux ne pas droper une dame trop vite - un peu pour les mêmes raisons qu'il faut éviter de sortir trop tôt une dame aux échecs : elle risque fort d'être prise pour cible et contrainte de fuir.  Mieux vaut différer son retour et bien le préparer.
Le parachutage de pions sur la 7eme rangée est particulièrement redoutable.



On y joue avec...

La variante Crazyhouse a aujourd'hui beaucoup de succès sur les serveurs de parties, notamment sur Lichess. On peut y jouer également sur les serveurs FICS, Pychess et Chess.com.
Les moteurs SjaakII, Pulsar 2009, Nebiyu et Fairy Stockfish jouent à la variante Crazyhouse avec CuteChess
Pulsar 2009 et Fairy Stockfish y joue avec Winboard.
Fairy Stockfish y joue aussi avec LiGround et avec son interface en ligne Fairyground.
L'interface Pychess y joue sous le nom français de "Maison de fou".


Crazyhouse 960


Cette variante combine Crazyhouse avec les règles du tirage au sort des pièces du premier rang de la variante Fischer random chess.  Elle est proposée par le site Pychess.org (il faut cocher l'option "960" lors de la sélection de la variante).


Duck chess

La variante Duck est de création récente. Elle a été inventée par le Dr Tim Paulden, président de l'Exeter Chess Club de Devon, en Grande Bretagne. Après être restée longtemps discrète, sa pratique a explosé lorsque Chess.com l'a proposé sur sa plateforme en 2022 et lorsque quelques grands joueurs, tels Hikaru Nakamura, Anna Cramling et Levy Rozman, ont commencé à y jouer assidûment.


Le canard

La grande différence avec les échecs classiques est qu'il y a une pièce supplémentaire, le canard, que chaque joueur doit déplacer tout de suite après son mouvement légal. Le canard peut être posé n'importe où mais il doit impérativement être déplacé. Évidemment, il va être utilisé pour gêner l'adversaire, c'est-à-dire en pratique jouer un rôle de "bloqueur". En effet, à part le cavalier, aucune pièce ne peut prendre sa place (le canard ne peut pas être pris) ou passer par dessus lui.


Un début de partie de la variante Duck sur Pychess.org


Les règles

Les règles des échecs s'appliquent globalement, avec une importante restriction : il n'y a plus de concept d'échecs ou d'échecs et mat. Le but du jeu est ici de capturer le roi adverse. Bloquer l'adversaire, c'est-à-dire lui interdire tout mouvement légal (situation de pat) équivaut aussi à une victoire.
Autre différence : le roque est conservé avec comme condition que ni le roi ni la tour impliqués n'aient déjà fait mouvement. Par contre, il n'y a plus de conditions liées aux éventuelles attaques. Un roi peut parfaitement roquer en passant à travers une case menacée ou s'il est menacé lui-même.


On y joue avec...

Variante très nouvelle, Duck Chess n'a pas encore été prise en charge par les moteurs et les interfaces. Essentiellement, on peut y jouer sur Chess.com et sur Pychess.org (à la demande d'implantation sur Lichess, les administrateurs du site ont répondu qu'ils ne prévoyaient pas de mettre en place de nouvelles variantes à court ou moyen terme sur le site).

Fairy Stockfish est capable d'y jouer mais les interfaces ne connaissant pas encore la variante, il ne reste en pratique que Fairyground, son interface en ligne, pour y jouer avec ce moteur.

Enfin, le site Chessvariants.com offre un applet doté d'une IA rudimentaire permettant de tester Duck Chess à bon compte.



Kinglet (ou Imperial Fiddlesticks)


Encore une invention du prolifique Vernon Parton. La variante Kinglet a été révélée en 1953. Les pièces, leur capacité de déplacement, leur position de départ sur l'échiquier sont les mêmes qu'aux échecs standard. Mais ici le but de chaque joueur et d'éliminer les huit pions de l'adversaire. Le roi n'est qu'une pièce comme les autres. Il n'y a ni échec ni mat. Les rois peuvent d'ailleurs être capturés. Autre point important : lorsqu'un pion arrive en position de promotion, il se transforme automatiquement en roi.

On y joue avec...

Bien que la variante Kinglet ait connue une certaine popularité, elle n'a pas été reprise par les serveurs de parties en ligne. Pour y jouer nous avons essentiellement :
Le petit programme Rival Chess, qui joue aux échecs standard mais accepte aussi la variante Kinglet, avec un niveau de jeu notable (plus de 2000 Elo).
Fairy Stockfish, avec l'interface CuteChess ou avec son interface en ligne Fairyground.
L'interface ChessV avec son moteur universel ChessV engine.


King of the Hill

Dans la variante King of the hill (Roi de la colline ou de la montagne, en français),  toutes les règles des échecs s'appliquent y compris le mat, mais il y a une autre voie pour gagner la partie: arriver à amener son roi sur l'une des quatre cases centrales (e4, e5, d4, d5), appelées "la colline" ou la "montagne". Notez qu'un roi ne peut se positionner sur l'une de ces cases si cela le met en échec.

On y joue avec...

On peut jouer à la variante King of the hill sur les serveurs Lichess et Pychess.

Jouent également à King of the hill :
L'interface CuteChess avec les moteurs SjaakII et Fairy Stockfish.
L'interface Winboard avec les moteurs FairyMax, ShaMax et Fairy Stockfish.
L'interface LiGround avec Fairy Stockfish.
L'interface Pychess sous le nom de "Roi de la colline".  

L'interface en ligne de Fairy Stockfish, Fairyground, joue aussi à la variante King of the hill


King of the hill 960

Cette variante combine King of the hill avec les règles du tirage au sort des pièces du premier rang de la variante Fischer random chess.  Elle est proposée par le site Pychess.org (il faut cocher l'option "960" lors de la sélection de la variante).



Placement

La variante Placement aurait été inventée par le grand champion ukrainien David Bronstein - d'où parfois le nom de variante Bronstein. C'est une version moderne de la Shuffle, qui consistait à tirer au sort la position des pièces du premier rang en abandonnant le roque.
Dans la variante Bronstein, ce sont les joueurs eux-mêmes qui décident de la position des pièces du premier rang. Ils le font pièce par pièce, l'un après l'autre, les blancs commençant les premiers. Il n'y a pas de restriction sur la position des pièces, de sorte qu'il est tout à fait possible de placer deux fous sur la même couleur. Le roque est conservé à une condition : la tour et le roi doivent être placés sur leur position de début de partie aux échecs standards.



On y joue avec...

Le serveur PyChess.org  propose de jouer à la variante Placement. L'interface Pychess le permet également.  
L'interface en ligne Fairyground permet d'y jouer avec Fairy Stockfish comme moteur.



No Castling (ou No Castle)

Cette variante est conforme aux échecs standards sur tous les points sauf un : il n'y a plus de roque ! Selon un storytelling très répandu sur le Web actuellement, elle aurait été inventée en 2019 par l'ancien champion du monde Vladimir Kramnik avec l'aide de la société DeepMind, spécialisée dans les intelligences artificielles (et qui a développé le premier moteur d'échecs neuronal AlphaZero). C'est évidemment faux et j'en veux pour preuve que plusieurs moteurs d'échecs n'ayant plus évolué depuis 10 ans la propose - sous le nom de No Castle. Par contre, il est vrai qu'elle était passée totalement inaperçue et qu'avant que Kramnik ne s'en empare (ou la réinvente), presque rien n'était écrit à son sujet.


Implications stratégiques et tactiques

L'absence de roque ne bouleverse pas fondamentalement le jeu mais a tout de même des répercussions importantes.  Selon Kramnik, qui a longuement testé la variante avec l'aide d'AlphaZero, le simple fait de supprimer le roque efface l'essentiel du bagage théorique des échecs. No Castling pousse les joueurs à déployer un jeu plus dynamique, plus inventif, plus intéressant. Coincé au centre, le roi est beaucoup moins protégé ; et les possibilités pour un joueur d'obtenir une nulle tranquille sont réduites. La longue et méticuleuse préparation de l'ouverture, qui conduit à des débuts trop bien balisés, est devenue inutile.
Le fait est que les premières compétitions organisées autour de cette variante ont donnée des parties vraiment intéressantes, pleines des surprises et des coups d'éclats qui manquent aux échecs d'aujourd'hui.
Mais les critiques aussi ont fusé : certains estiment que l'instauration du roque avait pour but de résoudre des problèmes d'équilibre du jeu, problèmes qui seraient fatalement de retour avec la variante No Castling. Et que le dynamisme apparent des parties de cette variante disparaîtra lorsque la théorie aura progressé. Affaire à suivre...


On y joue avec...

L'interface Winboard joue à No Castle avec FairyMax, ShaMax, Pulsar, SjaakII et Fairy Stockfish
Fairyground, l'interface en ligne de Fairy Stockfish y joue aussi. Par contre, seul le serveur Chess.com offre cette variante.


Knightmate


Dans la variante Knightmate, inventée par Bruce Zinov en 1972, les situations des cavaliers et des rois sont échangées. A la place du roi des échecs il y a un cavalier, appelé "chevalier royal", qui a les mouvements du cavalier mais le role du roi. C'est lui que l'adversaire doit mater. Les places habituellement dévolues aux cavaliers sont occuppées par deux roturiers, ou "rois non royaux", souvent représentés sous la forme du roi des échecs et se déplacant de la même manière, mais sans pouvoir royal. Autrement dit, ce sont des pièces ordinaires, qui peuvent être capturées par l'adversaire.
Pour le reste, les règles des échecs s'appliquent normalement :
➤La positions des autres pièces est identique aux échecs
➤Le roi ne peut être capturé et doit donc sortir des situations d'échec
➤Le roque fonctionne de la même façon
➤Les pions peuvent être promus en n'importe quelle pièce, sauf bien sûr en chevalier royal.


Représentation d'un début de partie Knightmate dans l'interface
ChessV. Les roturiers sont représentés comme les rois des échecs
et le chevalier royal comme un cavalier.


Implications tactiques

Le chevalier royal est plus difficile à mater que le roi des échecs.  Dans les cas de finales à deux pièces, seule la dame peut mater le roi sans aide. Aucune autre pièce, même avec l'aide du chevalier, ne peut mater le chevalier royal d'un joueur un peu aguerri. Avec deux tours le mat est  assez facile. Le mat est relativement facile lorsqu'il reste une tour et un roturier, deux roturiers, une tour et un fou, un roturier et un fou ou encore deux fous. Mais une connaissance des finales théoriques et des configurations classiques de mat est recommandée. Le soucis, comme souvent avec les variantes, c'est de trouver l'information. Vous pourriez déjà consulter la page du site Greenchess.net consacre à cette variante, où sont exposés quelques éléments utiles.


On y joue avec...

Les interfaces CuteChess et Winboard y jouent avec les moteurs SjaakII, ShaMax, ChessV engine, Nebiyu, JokerKM et Fairy Stockfish.
L'interface ChessV y joue avec les moteurs ChessV engine, FairyMax, Shamax et SjaakII

Fairy Stockfish joue à la variante Knightmate avec son interface en ligne Fairyground.

Un applet doté d'une IA très basique permet aussi de tester un peu la variante sur Chessvariants.com


Racing kings (course de rois)

Une variante légère mais très amusante, inventée par Vernon R. Parton en 1961 (par ailleurs aussi à l'origine des variantes Alice et Kinglet). Les deux joueurs démarrent la partie du même côté de l'échiquier avec toutes les pièces habituelles sauf les pions. Les noirs occuppent l'aile dame et les blancs l'aile roi. La configuration est la suivante :



Le but du jeu est de faire parvenir le premier son roi sur la huitième rangée.
Détail des règles :
1/ Les pièces se déplacent toutes comme dans la version standard des échecs
2/ Le roi reste une pièce à part. Ici, il ne peut pas être mis en échecs ou attaqué de quelques manière que ce soit. Par exemple, dans la position de démarrage, le cavalier ne peut pas attaquer le fou à sa porté car dans cette position il mettrait le roi en échec. Pour la même raison, un roi ne peut pas se déplacer sur une case où il serait lui même attaqué, comme dans la règle standard.
3/ Les blancs commencent la partie et ont donc une avance d'un 1/2 coup sur les noirs. C'est pourquoi, si le roi blanc arrive premier sur la huitième rangée et que le roi noir suit immédiatement, il y a naturellement égalité. La partie est considérée comme nulle.


On y joue avec...

La Course de rois est proposée sur Lichess.
Fairy Stockfish joue à cette variante avec son interface en ligne Fairyground, ainsi qu'avec les interfaces CuteChess, Pychess et LiGround.




Seirawan Chess - ou S-Chess

Cette variante assez récente (elle date de 2007) a été inventée par le grand maître américain Yasser Seirawan.  Le jeu commence comme une partie d'échecs classique, sur un plateau 8x8 avec toutes les pièces en position standard. Mais chaque joueur dispose, en réserve, de deux pièces puissantes supplémentaires : l'éléphant, qui combine les mouvements de la tour et du cavalier, et le faucon, qui combine les mouvements du fou et du cavalier.  


Affichage d'une partie d'échecs de Seirawan dans Winboard. Notez la
présence des pièces féériques en réserve...


Règles d'insertion des pièces :

➤Chaque fois qu'une pièce du premier rang quitte son emplacement, l'une des deux pièces en réserve peut prendre sa place.
➤Lorsque toutes les pièces du premier rang ont bougé, il n'est plus possible d'introduire une pièce.
➤Après une manoeuvre de roque, une pièce en réserve peut prendre la place laissée vacante par le roi ou bien la tour.

Dans cette variante, la protection du roi prend une importance accrue. Une pièce capable d'attaquer à distance (reine, tour, fou) peut en effet se voir tout à coup soutenue dans son attaque par une pièce féérique entrante.



On y joue avec...

Connaissant une certaine popularité, la variante S-Chess est assez fréquemment prise en charge. Les interfaces CuteChess et Winboard permettent ainsi d'y jouer  avec les moteurs SjaakII, ShaMax, FairyMax, Leonidas et Fairy Stockfish. Fairyground, l'interface en ligne de Fairy Stockfish, y joue également.

Enfin, le serveur de parties PyChess.org propose aussi cette variante.




Three-check chess

Dans cette variante on peut gagner en réussissant à mettre trois fois le roi en échec. Toutes les autres règles des échecs s'appliquent. Quelques précisions :
1/ Si votre roi est en échec, vous devez y porter remède avant toute chose, comme aux échecs standard. Vous ne pouvez pas par exemple gagner en mettant pour la 3eme fois votre adversaire en échec si votre roi est lui même en échec.
2/ On peut toujours gagner en matant à la manière traditionnelle.
3/ Si plusieurs pièces mettent un roi en échec, cela ne compte que comme un seul échec.

On y joue avec...

On peut jouer en ligne à la variante Three-check sur les serveurs Lichess, Pychess et sur Chess.com
Jouent également à Three-check :

L'interface CuteChess avec les moteurs SjaakII, Pulsar et Fairy Stockfish
L'interface LiGround avec Fairy Stockfish
L'interface Winboard avec SjaakII, Pulsar, Fairy Stockfish
L'interface Pychess sous le nom français "Trois échecs".


Three-Check 960

Cette variante combine Three-Check avec les règles du tirage au sort des pièces du premier rang de la variante Fischer random chess.  Elle est proposée par le site Pychess.org (il faut cocher l'option "960" lors de la sélection de la variante).


Les mini-échecs (4x4, 4x5, 4x8, 5x5, 5x6, 6x6)

Il s'agit de variantes dont les règles sont quasi-identiques à celles des échecs orthodoxes mais qui se jouent sur des échiquiers plus petits : 4x4, 4x5, 4x6, 4x8, 5x5, 5x6…
Elles sont souvent très intéressantes et pourtant généralement ignoré des programmeurs. Aucun serveur de parties en ligne n'en propose, à ma connaissance. ChessV, le spécialiste des variantes qui en affiche plus d'une centaine, les ignore superbement. En revanche, beaucoup d'entres-elles ont fait l'objet d'un applet Jocly. Même si le niveau de force de Jocly est faible, il est suffisant en général pour découvrir une variante. Car la plupart du temps votre expérience des échecs orthodoxes sera inutile…


Mini-Chess Silverman 4x4

Proposé en 1981 par le mathématicien David Silverman, cette variante  se présente plus comme un casse-tête que comme un jeu de stratégie. Il s'agit en effet pour les blancs de trouver l'une des deux combinaisons gagnantes. Amusant, mais limité.

Jouer à Mini-Chess 4x4 avec Jocly ?


Mini-Chess Silverman 4x5

Silverman a ajouté une ligne de plus à son plateau, de façon à obtenir une version de Mini-Chess plus jouable. Dans cette configuration, les pions peuvent avancer de deux cases pour le premier coup, s'il y a la place.

Jouer à Mini-Chess 4x5 avec Jocly ?


Microchess Glimne 4x5

Variante inventée par Glimne en 1997. Sur un plateau 4x5 chaque joueur n'a plus qu'un pion, une tour, un fou, un cavalier et son roi. Le roque est possible.  

Jouer à Microchess avec Jocly ?

Fairyground, l'interface en ligne du moteur Fairy Stockfish propose une variante "Micro" sur échiquier 4x5 mais avec possibilité de parachutage de pièces.


Demi-Chess Krystufek 4x8

Inventé par Peter Krystufek en 1986, ce jeu se joue sur une moitié de plateau d'échecs. Chaque joueur n'a plus que 4 pions, une tour, un fou, un cavalier et son roi. Le roque est possible.

Jouer à Demi-Chess avec Jocly ?

Jouer à demi-chess avec un applet sur le site Chess Variants ?


L'illustration ci-dessus est tirée de Wikipédia

Les variantes utilisant 5 colonnes sont aussi nombreuses et ont l'avantage de permettre d'utiliser toutes les variétés de pièces des échecs orthodoxes.


Mini-Chess Gardner et Baby Chess 5x5

Martin Gardner a été l'un des premiers à proposer, en 1969, une variante sur plateau 5x5 dans laquelle tous les coups des échecs sont autorisés, y compris la double avancée de pions, la prise en passant et le roque. La variante Gardner paraissait assez équilibrée, bien qu'il soit apparu assez vite qu'elle donne un avantage important aux blancs (les blancs remportent 40% des parties, contre seulement 28% pour les noirs). Assez couramment pratiquée dans les années soixante-dix, la variante a donné lieu à des développements théoriques importants, notamment à l'établissement d'une théorie des ouvertures. Puis elle a perdu de son intérêt car les progrès dans la connaissance du jeu ont abouti à une quasi-résolution et à la certitude que deux très bons joueurs ne peuvent arriver qu'à un match nul. C'est pourquoi Gardner à proposé 20 ans plus tard une sous-variante, qu'il a appelé Baby Chess. Il n'y a qu'un seul changement : les pièces des noirs sont disposées non en miroir mais symétriquement.

Jouer à Jocly Mini-chess Gardner ?
Dans Winboard, le moteur SjaakII permet aussi de jouer à cette variante.

Enfin, Fairyground, l'interface en ligne de Fairy Stockfish, y joue également.


On ne peut jouer à Gardner Baby chess qu'avec l'applet Jocly Baby chess.


Mallett Chess 5x5

Auteur du programme de variantes Zillions of games, Jef Mallett a proposé une nouvelle version des échecs 5x5, dans laquelle les blancs ont deux cavaliers tandis que les noirs se débrouilleront avec deux fous.

Jouer à Mallett Chess avec Jocly ?

Fairyground, l'interface en ligne du moteur Fairy Stockfish propose une variante "Mini" sur échiquier 5x5 mais avec possibilité de parachutage de pièces.




Chess Attack 5x6

Les versions 5x6 sont encore plus nombreuses. Impossible d'en faire le tour en quelques lignes. Je retiendrais surtout la variante "Attack", la plus jouée actuellement. Commercialisée par la société norvégienne Yes Games AS à partir de 2008, elle est fortement soutenue par Magnus Carlsen en personne, ainsi que par la championne du monde féminine Alexandra Kosteniouk. Chess Attack est en fait une sous-variante de Mini-Chess Gardner, avec une ligne de plus.

Jouer à Chess Attack avec Jocly ?


Les illustrations ci-dessus sont tirées de Wikipédia.


Los Alamos Chess 6x6

Il s'agit d'une variante d'échecs qui se joue sur un échiquier 6x6. Les règles sont celles des échecs standards, avec quelques petites restrictions :
➤Il n'y a pas de fou et les pions ne peuvent être promus en fou.
➤Les pions ne peuvent avancer que d'une case et la prise en passant n'existe pas
➤Il n'y a pas de roque (ou, sur certaines sous-variantes, un roque simplifié).



L'applet Jocly "Los Alamos"

L'histoire de la variante Los Alamos est assez originale. Cette version simplifiée des échecs a été imaginée pour permettre à un ordinateur des années 50 de jouer passablement malgré ses très faibles capacités. Le programme a été élaboré par deux ingénieurs du laboratoire national de Los Alamos, d'où son nom. De fait, ce fut le premier logiciel de l'histoire à avoir joué une partie d'échecs, en 1956.


On peut jouer à cette variante avec l'applet Jocly Los Alamos

L'interface CuteChess peut y jouer avec les moteurs SjaakII et Fairy Stockfish
L'interface ChessV y joue avec le ChessV engine
L'interface Winboard joue à Los Alamos avec SjaakII


Fairyground, l'interface en ligne du moteur Fairy Stockfish propose aussi cette variante.


Variantes asymétriques

Les variantes dites "asymétriques" sont celles dans lesquelles les blancs et les noirs ont des matériels - on dit aussi souvent des armées - différents.
La plus ancienne variante asymétrique est celle de lord Dunsany, révélée en 1942, où les blancs n'ont que des pions. Une légère évolution du jeu de Dunsany, baptisée Horde, a apporté un meilleur équilibre à cette variante qui est devenue très populaire sur les serveurs de parties.
Dans une tendance récente s'est multiplié les variantes dans lesquelles une armée est constituée de pièces d'échecs et une autre, de force équivalente, de pièces féeriques. La plus connue, et la seule dont l'usage n'est pas anecdotique, est la variante Spartan.



Horde


Ici, les noirs débutent la partie avec toutes les pièces du jeu standard et sur les mêmes positions. De leur côté, les blancs n'ont que des pions, mais en nombre : 36 pions, disposés comme ci-dessous :



C'est la horde. Le job des noirs est de la décimer entièrement ; celui des blancs est de les en empêcher et de mettre mat le roi noir. Précisions :
1/ Les pions du premier et du deuxième rang peuvent se déplacer de deux cases.
2/ Les pions noirs ne peuvent pas capturer les pions du premier rang qui ont bougé de deux cases car ce n'est pas une capture en passant valide.

Si le départ est assez simple, les prolongements tactiques et stratégiques de cette variantes sont assez complexes. Le canadien Philippe Saner a rédigé une excellente petite étude théorique qui vous permettra d'améliorer votre jeu dans cette variante. Je l'ai traduite pour vous.

Télécharger l'étude "guide détaillé de la horde" de Philippe Saner, en français ?


On y joue avec...

Sympathique variante, la Horde est populaire sur les serveurs de parties en ligne. On peut y jouer avec Lichess, Chess.com et le site Playstrategy.org.


Côté moteur, nous avons essentiellement Fairy Stockfish pour jouer à la Horde, avec les interfaces LiGround, CuteChess, Pychess ou son interface en ligne Fairyground.




Dunsany's chess

La Horde est une évolution du "jeu de Dunsany", variante d'échecs asymétrique inventée par un anglais, Lord Dunsany, en 1942, dans laquelle les noirs ont toutes les pièces du jeu d'échecs standard, avec la même configuration tandis que de l'autre côté, les blancs ont 32 simples pions. Comme ceci :



Les règles sont les mêmes que pour les échecs standards, avec les exceptions suivantes:
1) Les noirs se déplacent en premier.
2) Les pions noirs peuvent avancer comme d'habitude d'une ou deux cases pour leur premiers coups, mais pas les pions blancs.
3) Pour gagner, les noirs doivent capturer les 32 pions blancs, tandis que les blancs gagnent en matant les noirs.
A noter :
1) Les pions noirs comme blancs bénéficient de la promotion en arrivant au bout du camp adverse.
2) Si le jeu est bloqué du fait que les blancs n'ont plus de mouvement légal, la partie est déclarée nulle.


On y joue avec...

A ma connaissance, aucun site de parties en ligne ne propose la version originale de lord Dunsany. Et aucun moteur de variantes. Mais un applet doté d'une IA très basique permet de tester un peu Dunsany's chess sur Chessvariants.com.



Echecs Spartiates ou Spartan

Créé par Steven Streetman en 2010, la variante Spartan est la plus populaire des variantes dites "asymétriques". Métaphore de la bataille des Thermopyles, durant laquelle 300 spartiates tinrent tête à une armée d'invasion perse, elle met en scène l'affrontement entre les perses - ici les blancs avec les pièces des échecs - et les spartiates - les noirs - avec des pièces féeriques aux possibilités de mouvements généralement différentes des pièces des échecs.


Position de départ de la variante Spartan sur le serveur PyChess.org.


Mouvements de pièces

Côté perse (blanc), pas de surprise, ce sont les pièces d'échecs. Il y a une petite différence : les pions blancs ne peuvent capturer en passant.
Côté noir (spartiates) en revanche, tout ou presque est différent :
➤Il y a deux rois, qui se déplacent et prennent comme le roi des échecs
➤Sur la seconde rangée noire il y a huit "hoplites", l'équivalent des pions blancs mais qui se déplacent à l'inverse, comme les pions Berolina : ils avancent vers l'avant en diagonale et prennent en avançant tout droit, en direction du camp ennemi (comme les pions ils n'ont pas le droit de reculer). Pour leur premier coup, ils peuvent avancer de deux cases. En revanche, pour capturer, ils ne peuvent avancer que d'une case. Et ils ignorent eux-aussi la prise en passant. Dernière particularité des hoplites : lorsqu'ils avancent de deux cases, ils peuvent sauter par dessus une pièce présente sur leur ligne de déplacement.



➤Le général ou stratège dispose des mouvements orthogonaux de la tour des échecs et peut aussi se déplacer en diagonale d'une case.  
➤Le capitaine (Tyntagmatarchos) se déplace orthogonalement d'une ou deux cases dans toutes les directions. Il peut sauter par dessus une pièce présente sur son trajet.



Les illustrations ci-dessus proviennent du serveur Pychess.org

➤Le lieutenant (Tagmatarchos) se déplace en diagonale d'une ou deux cases et d'une case latéralement. Toutefois, il ne peut capturer lors du mouvement latéral.
➤Le seigneur ou chef de guerre (Polemarchos) combine les mouvements du fou et du cavalier des échecs. C'est la pièce la plus puissante du jeu.


Valeur des pièces selon l'auteur de la variante :
Seigneur de guerre = 8
Général = 7
Roi supplémentaire = 5
Lieutenant = 3
Capitaine = 3
Hoplite = 1


Les règles

Il y a asymétrie également dans les buts de jeu. Pour les noirs, c'est comme aux échecs : il s'agit de mater le roi blanc.
Pour gagner, les blancs doivent atteindre l'un ou l'autre des objectifs suivants :
1/ capturer un roi noir et mater l'autre
2/ soumettre à un échec simultané les deux rois noirs (situation de double-check), aucun des deux ne pouvant s'échapper au coup suivant. Bref, un double mat !
➤Tant que les spartiates ont deux rois en jeu, l'un d'entre eux peut être attaqué. Cette propriété  appelée ''immunité" apporte beaucoup de puissance au couple de rois spartiates. Cela signifie notamment qu'un roi peut se déplacer vers une case attaquée ou qu'une pièce qui le protégeait d'une attaque peut quitter son poste de protection. En revanche, dès lors qu'ils ne leur reste plus qu'un roi, ce dernier ne peut rester en situation d'échec. L'immunité a disparue.
➤Les blancs avancent en premier
➤Promotion : pour les blancs la règles des échecs s'appliquent. Pour les noirs, un pion arrivant à la dernière rangée du camp adverse peut être promu en n'importe quelle pièce, même en roi - à condition toutefois que les noirs n'aient plus qu'un roi. Autrement dit, il ne peut y avoir trois rois noirs sur l'échiquier.
➤Roque :
pour les blancs, le roque fonctionne comme aux échecs. Les noirs ignorent la maneouvre du roque.


Eléments de stratégie

La variante Spartan offre une vraie richesse stratégique. Voici quelques conseils utiles :

Pour les spartiates (noirs)

➤Il est conseillé de favoriser les jeux fermés en évitant autant que possible les échanges. Les noirs ont un net avantage sur les échiquiers encombrés car ils ont davantage de pièces capables de sauter par dessus les autres pièces.
En revanche, ne manquez pas d'utiliser la mobilité supérieure des hoplites pour prendre le contrôle d'un secteur du plateau. Les hoplites, avec leur capacité de se déplacer en diagonale d'un côté ou de l'autre, font de bons remparts d'une position spartiate lorsqu'ils se trouvent l'un derrière l'autre sur une colonne. N'hésitez pas à construire des "phalanges" de hoplites (deux ou trois l'un derrière l'autre sur la même colonne) pour protéger un secteur stratégique.
Les spartiates ont plus de pièces "à pieds" (qui n'effectuent que de petits déplacements). Leur développement est donc plus lent. Faites preuve de patience.
Tant que les spartiates ont deux rois, il ne faut pas hésiter à les engager dans le combat, car ce sont des pièces puissantes. Mais il ne faut pas échanger un roi contre une pièce légère sans une très bonne raison car cela met fin à l'immunité.
Si vous recherchez une victoire rapide, associez le général et le seigneur de guerre pour mener vos actions offensives.

Pour les perses (blancs)

➤Il convient au contraire de favoriser les jeux ouverts. Les blancs ont davantage de pièces avec de l'allonge mais celles-ci sont bloquées par les pièces présentes sur le plateau. Un jeu aéré leur conviendra donc mieux. Échangez le plus possible de pièces et ouvrez les lignes.
Une victoire rapide sur les spartiates est un objectif difficile du fait qu'ils ont deux rois. Mieux vaut miser sur une stratégie d'usure de long terme.
Neutralisez les hoplites en plaçant une pièce sur les deux diagonales devant eux.
Échanger une pièce légère contre l'un des rois adverses est le plus souvent une très bonne opération car cela détruit l'immunité dont bénéficient les rois noirs.
Contre-attaque : là où les spartiates avancent, montez une contre-attaque et forcez des échanges favorables. Cherchez ensuite un flanc ouvert et portez-y vos tours et votre dame.


On y joue avec...

Coté interface, vous ne pourrez compter ni sur CuteChess, ni sur ChessV, ni sur Pychess, qui ignorent toutes la variante Spartan, même interfacées avec les moteurs qui sont capables d'y jouer. Heureusement, ce n'est pas le cas de Winboard, qui affiche la variante sans problème avec les moteurs FairyMax, ShaMax, Nebiyu et Leonidas. Ce dernier étant et de loin le plus fort des quatre.


Le serveur Pychess.org offre toute une série de variantes asymétriques dont la variante Spartan. C'est ici que vous obtiendrez le niveau de force le plus élevé car le moteur utilisé est Fairy Stockfish, beaucoup plus puissant que les quatres moteurs de Winboard.
Il est d'ailleurs possible de jouer aussi à la variante Spartan avec l'interface en ligne de Fairy Stockfish, Fairyground.

Pour tester la variante Spartan avec une IA pas trop forte, nous avons aussi l'applet fourni sur le site Chess variants.



Les variantes régionales



Makruk (échecs thaïlandais)

Le Makruk, est un jeu très populaire en Thaïlande et au Cambodge où il rassemble plusieurs millions d'adeptes. Ce n'est  pas une variante des échecs, plutôt un cousin ayant évolué parallèlement à partir d'un ancêtre commun. L'identité de cet aïeul commun n'est pas connue avec certitude. Il s'agit peut être du Chaturanga, lui même ancêtre du Shatranj auquel le Makruk ressemble beaucoup... A moins que le Makruk ne soit une évolution directe du Shatranj… Dans le premier cas, le Makruk pourrait être un très vieux jeu, remontant au premier millénaire. Dans le second, il apparaitrait beaucoup plus tard, aux alentours du douzième siècle, époque où l'on trouve les premiers témoignages certains de son existence. Les historiens divergent, aucun élément déterminant n'étant venu corroborer une thèse plutôt qu'une autre.


Trois représentations du Makruk : celle de ChessV, celle de Jocly, celle de CuteChess... Les pièces d'un jeu d'échecs peuvent aussi être utilisées pour jouer à ce jeu.

Ce qui est certain c'est la parenté avec les échecs. Les éléments en commun sont très nombreux. Voyons ce qui caractérise le Makruk :

➤Il se joue sur un plateau de 8x8 cases. Cela peut être un échiquier mais traditionnellement, les cases du plateau n'ont pas de couleurs différentes.
➤Il y a 8 pions blancs et 8 pions noirs très semblables aux pions des échecs. Ils avancent d'une case en avant et prennent en diagonale. Par contre, ils sont situés sur la troisième ligne et ignorent le saut de deux cases des échecs.  Autre élément remarquable : un pion bénéficie d'une promotion dès qu'il arrive sur la ligne de départ des pions du camp adverse. Dans ce cas, il est automatiquement commué en met (pièce occupant la place de la dame).
➤A la même position que les tours aux échecs il y a les "bateaux" ou "rua", qui ont exactement les mêmes pouvoirs que les tours.
➤A la même position que les cavaliers aux échecs il y a les "chevaux" ou "ma", qui se déplacent exactement comme les cavaliers.
➤A la même position que les fous on trouve les "nobles" ou "khon" qui se déplacent d'une case en diagonale dans toutes les directions ou d'une case tout droit en direction du camp adverse



➤Le "seigneur" ou "khun" est l'équivalent du roi des échecs. Il se déplace de la même manière. Le seigneur blanc est par contre sur la première case de la colonne "d" (sur une case sombre si l'on utilise un échiquier) et le seigneur noir sur la première case de la colonne "e". Donc à la place de la dame aux échecs.
➤Aux emplacements du roi aux échecs nous trouvons les "graines" ou "met", qui se déplacent d'une case en diagonale dans toutes les directions.



➤Le but du jeu est proche des échecs modernes en ce sens qu'il faut là aussi mater le roi. Il y a cependant une différence importante : lorsque l'un des joueurs n'a plus que son seigneur, la partie ne durera qu'un certain nombre de tours de jeu variant en fonction du matériel restant à l'autre joueur. On appelle cela le "décompte". Si à la fin du décompte le seigneur isolé n'est pas maté la partie est nulle. Voyons en détails comment cela fonctionne :
+Lorsque le joueur qui est en position de force, on l'appelle le "poursuivant", a encore deux bateaux (tours), il lui restera au maximum 8 coups pour mater le seigneur adverse. S'il ne lui reste qu'un bateau, il aura droit à 16 coups.
+Lorsqu'il a encore deux nobles (fous) il a 22 coups pour mater le roi adverse. S'il ne lui en reste qu'un il a 44 coups.
+Lorsqu'il a encore deux chevaux (cavaliers), il lui reste 32 coups pour mater. S'il n'en a qu'un, il lui reste 64 coups.
+Enfin s'il ne dispose plus que de la met (dame) il restera 64 coups au maximum.
Dans tous les cas, ce sont les pièces les plus fortes disponibles qui comptent. Dans cet ordre : bateaux, nobles, chevaux et met.
Une fois que l'on a identifié la ou les pièce(s) lourde(s) disponible(s) et établi le nombre de coups maximum, il faudra encore en retrancher autant de coups qu'il reste de pièces sur le plateau, hormis les seigneurs.
Quelques exemples :
+Cas 1 : il reste un bateau, un noble, deux pions, soit 4 pièces. Le nombre de coups à jouer est : 16 coups moins 4 = 12 coups
+Cas 2 : il reste deux chevaux, la met, trois pions, soit 6 pièces. Coups à jouer : 32 coups moins 6 = 26 coups.
La disparition de certaines pièces dans les tours suivants ne modifie plus le décompte.

Le but de cette règle assez compliquée est de limiter les occasions de déclarer les parties nulles. Du fait de la rareté des pièces lourdes, un roi isolé au Makruk a beaucoup plus de possibilités de fuite qu'aux échecs.

Notez que les pièces du jeu d'échecs peuvent parfaitement être utilisées pour jouer au Makruk.


Stratégie et tactique

Principes stratégiques : le rythme du Makruk est assez lent du fait que les pions ne peuvent avancer que d'une case et que peu de pièces ont beaucoup d'allonge. Il est préférable dans ces conditions de rassembler les pièces et de les faire avancer en groupe compact, se soutenant mutuellement. Éviter les jeux trop ouverts ou de diluer les forces en attaquant sur plusieurs fronts.
Du point de vue tactique, le Makruk est très éloigné des échecs. Les seules pièces à avoir de l'allonge sont les bateaux (équivalents des tours). De plus, une fois les pièces lourdes disparues de l'échiquier, elles ne reviennent plus puisque la promotion se fait uniquement en met, pièce peu puissante et à courte portée. Cela favorise le corps-à-corps et la fourchette sera la tactique la plus souvent employée.
Mater le roi adverse nécessitera de bien connaître les situations de mat potentiels.
Beaucoup de parties évoluent vers une finale sans bateau et avec peu de pièces. Les rois ont alors beaucoup plus de possibilités de fuite qu'aux échecs. Si le joueur qui est en position de force ne maîtrise pas assez bien les fins de partie, celles-ci risquent fort d'évoluer vers un match nul.


On y joue avec...

L'interface CuteChess
peut jouer au Makruk avec les moteurs FairyMax, ShaMax, Nebiyu, SjaakII et Fairy Stockfish.
L'interface LiGround y joue avec Fairy Stockfish

L'interface Winboard y joue avec FairyMax, ShaMax, Nebiyu, SjaakII et Fairy Stockfish.
L'interface ChessV y joue avec Chessv engine, FairyMax, ShaMax et SjaakII
L'interface en ligne de Fairy Stockfish, Fairyground, peut aussi être utilisée.
Il y a aussi un applet Jocly qui joue très bien au Makruk.

Pour tester le Makruk le site Chessvariants.com propose un applet à l'intelligence modeste.

Enfin, l
e serveur de parties Pychess permet de jouer au Makruk et à plusieurs de ses variantes.



Cambodian chess (Ouk Chaktrang)

Le Makruk est un jeu populaire en Thaïlande mais aussi au cambodge voisin. Le jeu est toutefois légèrement différent et connu sous le nom de "Ouk Chaktrang" ou plus généralement en occident, de "Cambodian". Il est très proche du Makruk, dont toutes les règles restent valables. S'y ajoutent deux modestes dispositions, qui peuvent s'appliquer tant qu'aucune pièce n'a été capturée :
1/ A son premier coup, le roi, à condition qu'il ne soit pas en échec, peut se déplacer comme un cavalier. Il ne peut toutefois pas atteindre par ce moyen la rangée initiale des pions
2/ A son premier coup, la met (dame) peut se déplacer de deux cases vers l'avant

On y joue avec...

Le serveur Pychess.org propose de jouer à la variante cambodgienne sous le nom d'Ouk Chaktrang.
Sous le nom Cambodian on peut aussi y jouer avec :

L'interface Winboard et les moteurs FairyMax et ShaMax.
L'interface CuteChess et les moteurs SjaakII, ShaMax et Fairy Stockfish
L'interface en ligne Fairyground et le moteur Fairy Stockfish



Makpong

Le Makpong est une variante du Makruk qui ne s'en différencie que sur un seul point : le roi ne peut pas s'écarter de l'échec. Autrement dit, lorsqu'un roi est mis en échecs, il ne peut pas bouger. Les seuls moyens d'éviter de perdre la partie sont de bloquer l'attaquant ou de le capturer avec une autre pièce. Le but de cette règle est de limiter les risques de partie nulle du fait des possibilités accrues de fuite du roi. On peut y jouer sur le serveur Pychess.org et avec l'interface en ligne de Fairy Stockfish, Fairyground.




Sittuyin ("échecs birmans")


Habituellement appelé "échecs birmans", le Sit-Tu-Yin, abrégé en Sittuyin, est une variante des échecs dont l'origine est mal connue. Il peut descendre directement du Chaturanga, ce que sembleraient prouver plusieurs des mots liés au jeu qui sont phonétiquement proches du sanskrit. Le Sittuyin reprend aussi le concept des quatre armées associé au Chaturanga : infanterie, chars, éléphanterie et cavalerie.
Il est possible aussi qu'il soit plutôt un descendant du Shatranj ; ou même encore une évolution locale du Makruk, les échecs thaïlandais (le Sittuyin est souvent classé comme une variante du Makruk, du fait que les mouvements des pièces sont identiques).  Quoi qu'il en soit, il est à peu près certain que le jeu est très ancien. On commence à en trouver trace au neuvième siècle et il semble qu'il ait été beaucoup pratiqué par l'aristocratie birmane du dixième siècle au treizième siècle. Au dix-septième siècle, un voyageur hollandais a rapporté en occident l'existence du jeu et ses principales règles. D'autres personnalités sont venues alimenter la connaissance du jeu en occident mais les règles variaient beaucoup d'une source à l'autre. Sans doute parce que les birmans eux-mêmes ont beaucoup tardé à figer les règles du jeu. Il a fallu attendre l'après-seconde guerre mondiale pour qu'enfin la  férération birmane de Sittuyin se décide à le faire.  

Aujourd'hui la pratique du Sittuyin est en fort repli en Birmanie, les échecs occidentaux prenant nettement le dessus. Le jeu est desservi par des règles compliquées, qui font obstacle à sa diffusion. Sa pratique reste cependant encore vive dans le nord-ouest du pays.


Forme traditionnelle

Traditionnellement, le Sittuyin se jouait sur un plateau de 64 cases sans damier, barré d'une croix formée sur les grandes diagonales. L'une des armées était de couleur rouge et l'autre de couleur verte ou noire. Mais par commodité nous appellerons les rouges les blancs, comme aux échecs et l'autre camp simplement les noirs.
Les pièces étaient soigneusement sculptées et très figuratives, loin des formes stylisées voire abstraites des échecs.


Gravure représentant un début au Sittuyin sous sa forme traditionnelle (source : Wikimedia)

Les pièces

Chaque joueur à huit soldats, un roi, un général, deux éléphants, deux cavaliers et deux chariots.
➤Les soldats (né) : ils avancent et prennent comme les pions aux échecs - mais ne connaissent pas la double avancée lors de leur premier mouvement.  Les règles de promotion sont par contre très différentes de celles des échecs, et beaucoup plus complexes (voir plus bas).
➤Le grand roi (mín-gyi) : il a les mêmes pouvoirs que le roi aux échecs
➤Le général (sit-kè ) : c'est l'équivalent du farzin du Shatranj ou du met du Makruk. La pièce se déplace d'une seule case en diagonale
➤Les éléphants (sin) : ils avancent d'une case en diagonale comme le général mais il peut aussi avancer d'une case droit devant lui
➤Les cavaliers (myin) : ils fonctionnent comme les cavaliers des échecs
➤Les chariots (yahhta) : ils bougent comme les tours des échecs



Les règles

Au départ seuls les soldats sont sur le plateau, positionnés comme ci-dessous.


Position des pions au départ d'une partie de Sittuyin dans Winboard.

Puis les blancs positionnent toutes les autres pièces en respectant les règles suivantes :
➤Les chariots peuvent prendre place n'importe où sur la première rangée.
➤Les autres pièces sont placées n'importe où sur les deuxièmes et troisièmes rangées
➤Il est possible qu'une pièce prenne la place d'un pion. Celui ci est alors poisitionné n'importe où sur une case libre dans son propre camp.
Ensuite les noirs font de même, après avoir attendu que tous les pions blancs soient en place. Leur positionnement est donc en grande partie une réponse au choix des blancs.
Les noirs ont une petite contrainte supplémentaire : pour éviter de déstabiliser trop précocement le jeu, un chariot noir ne peut pas être placé sur la même colonne que le roi blanc.
➤Le but de jeu est comme aux échecs de piéger le roi dans un mouvement analogue au mat des échecs. Mais l'adversaire doit obligatoirement être informé de la menace. La situation de pat est interdite. Mais...
➤La partie peut être déclarée nulle par déficit de matériel ou lorsqu'une même position se répète plusieurs fois.


Règles de promotion :
➤Les pions blancs peuvent être promus dès qu'il atteignent l'une des cases traversées par les diagonales de la moitié adverse.  Soit les cases a8, b7, c6, d5, e5, f6, g7, h8
➤Pour les noirs les cases de promotion sont en miroir dans le camp adverse.
➤Les pions ne peuvent être promus qu'en général et seulement si le joueur à qui appartient le pion n'a plus son général.
➤La promotion est différée. Elle intervient au tour suivant et compte pour un coup. Autrement dit, le pion est converti en général au tour suivant s'il ne bouge pas.
➤Le pion peut aussi faire l'un des mouvements possibles à un général (une case en diagonale) et être dans la foulée promu en général. Mais ce mouvement n'est pas possible s'il consiste à capturer le roi ou le général adverse.
➤Si un pion est déjà sur une case de promotion alors que le général du même camp vient d'être capturé, ce pion se trouve de facto en position d'être promu selon la règle vue plus haut.

La position des pions et les règles de promotion font que l'équilibre du jeu est très différent du Makruk. Contrairement à la dame des échecs, le général n'est pas une pièce très puissante. Sa valeur est de 1,5 à 2 fois celle des simples pions. C'est une pièce qui sera sacrifiée facilement, par exemple pour éliminer un pion gênant. Mais la facilité de la promotion la fait réapparaître tout aussi facilement et il n'est pas rare que les finales comportent un ou deux généraux.

Règles des finales :
Selon les règles exposées sur le site Pychess.org, qui propose de jouer au Sittuyin, il y aurait comme pour le Makruk, un décomptage du nombre de coups à jouer dès lors que l'un des joueurs n'a plus que son roi. Dans ce cas, on observerait le nombre de pièces restantes pour faire le décompte selon le barème suivant :
Un chariot restant = 16 coups.
Un éléphant = 44 coups.
Un cavalier = 64 coups.
Toutefois la plupart des autres sources que j'ai consulté ne mentionnent pas cette règle de décompte. Je suppose qu'il faut s'attendre à de petites variations dans les règles, en fonction de l'interface ou du moteur utilisé...



Position de départ

Le positionnement des pièces sur le plateau est important et ne se fait évidemment pas au hasard. Il y a bien un corpus de théories à ce sujet mais la tradition a retenu un petit nombre de débuts des blancs appelés "constellations" avec un jeu de réponses adéquates des noirs. Les variantes à ces positions de départ sont, contrairement aux variantes d'ouvertures aux échecs, assez peu codifiées et étudiées ; de sorte que finalement, les positions de départ sont choisies le plus souvent parmi une trentaine de configurations standards. Voici à titre indicatif quatre exemples de positions de départ habituelles :



(Source : Wikipedia)

Stratégie et tactique


Malgré l'équilibre différent résultant du positionnement des pièces, ce qui a été dit plus haut au sujet du Makruk, en matière stratégique et tactique, reste relativement vrai pour le Sittuyin. Sauf que les bateaux sont ici les chariots et le met un général.


On y joue avec...

L'interface Winboard peut y joueur avec le moteur SjaakII
CuteChess avec les moteurs SjaakII et Fairy Stockfish
Fairy Stockfish y joue avec son interface en ligne Fairyground.

Enfin, le serveur Pychess.org joue aussi au Sittuyin



ASEAN Chess

Le Makruk occidentalisé

Un premier train de modifications est purement formel : l'iconographie ancienne du Makruk est abandonnée au profit de l'iconographie des échecs. Même chose pour les noms. Les appellations thaïlandaises disparaissent pour la terminologie des échecs. Ainsi un "rua" devient une tour, le "ma" un cavalier, le "khon" un fou, la "met" une dame et le "khun" un roi.
La position des pièces du premier rang est également légèrement modifiée pour se calquer sur les échecs. Les dames se font face sur la colonne "d" et les rois sur la colonne "e", comme aux échecs.


Position de départ de l'ASEAN Chess (ici sur Pychess.org)

En revanche, les pions restent sur la troisième et la sixième rangée.

L'influence des échecs est sensible aussi dans la règle de promotion : les pions peuvent être promus en n'importe quelle pièce mais seulement en arrivant sur la dernière rangée du camp adverse.
Le déplacement des pièces est par contre conforme au Makruk. Notamment les pions n'avancent que d'une seule case, la dame avance comme la met d'une case en diagonale et le fou d'une case en diagonale ou d'une case devant lui.
Les règles de comptage pour les fins de partie sont conservées mais simplifiées : dès qu'un joueur n'a plus que son roi le nombre de tours encore à jouer est de :
➤16 coups s'il y a encore une tour en jeu
➤44 coups si la plus forte pièce encore en jeu est un fou
➤64 coups si la plus forte pièce encore en jeu est un cavalier
Si le joueur poursuivant n'arrive pas à coincer le roi avant le nombre de tour défini par la règle ci-dessus, la partie est nulle.
Enfin, une partie des règles des échecs occidentaux concernant les conditions d'une partie nulle sont reprises. Le match se termine par un match nul si :
➤Il y a trois fois répétition de position
➤S'il y a déficit de matériel (le mat n'est plus possible avec les pièces restantes)
➤En cas d'impasse
➤Si 50 coups consécutifs ont eu lieu sans prise et sans mouvement de pion.



Stratégie et tactique

Très proche du Makruk, ce qui a été dit plus haut à son sujet en matière de stratégie ou de tactique reste valable pour l'ASEAN - bien que la possibilité de réinsertion de tours par le biais de la promotion suppose une approche de la question un peu moins tranchée.  



On y joue avec…

L'ASEAN connait un certain succès dans l'espace occidental, ce qui se traduit dans le domaine informatique par un nombre assez élevé de moteurs et d'interfaces la prenant en charge.  Ainsi, les interfaces CuteChess et Winboard jouent à l'ASEAN avec SjaakII, ShaMax, FairyMax et Fairy Stockfish. Fairyground, l'interface en ligne de Fairy Stockfish, y joue également.

Enfin le serveur Pychess.org propose beaucoup de variantes du Makruk dont l'ASEAN.



Xiangqi ("échecs chinois")

Il est un peu abusif de dire que le Xiangqi est une variante régionale des échecs. Il y a bien quelques ressemblances - dus probablement a un ancêtre commun très ancien - mais les deux jeux sont vraiment éloignés - beaucoup plus par exemple que les échecs et le Makruk thaïlandais. Pour ma part, je considère que nous ne sommes plus dans le domaine des échecs. Mais comme beaucoup de moteurs de variantes et d'interfaces le prennent en charge, je survolerai au moins le sujet, sans trop entrer dans les détails.


Traits généraux


Le Xiangqi se joue sur un plateau de 8x9 cases mais contrairement aux échecs, les pièces trouvent place sur les intersections des cases et non sur les cases elles-mêmes. Il y a 9x10 intersections, ce qui fait que le territoire de jeu est nettement plus vaste qu'aux échecs. La ligne centrale, qui départage les deux camps, est appelée la "rivière". Les joueurs ont chacun 16 pièces.


Position de départ de l'applet Jocly jouant au Xiangqi

Traditionnellement le camp sud avait des pièces rouges et le camp nord des pièces bleues mais le bleu était souvent remplacé par du noir. Par ailleurs, les pièces étaient - et sont toujours - matérialisées par des jetons, et non par des figures comme les échecs occidentaux, l'identité de chaque pièce étant donnée par un idéogramme peint sur la surface. Cela rend la lecture du plateau particulièrement difficile pour les occidentaux et c'est pourquoi les pièces sont parfois représentées avec des figures (tour, pion, canon, cavalier, roi, etc).
Le but du jeu est comme aux échecs de mater le général adverse ou, à défaut, de l'empêcher de faire mouvement. C'est l'un des points de rapprochement avec les échecs.


Pièces et règles particulières

Chaque joueur a un général, deux gardes, deux éléphants, deux chevaux, deux chariots, deux bombardes et cinq soldats.

➤Le général est l'équivalent du roi des échecs. Il se déplace d'une intersection verticalement ou horizontalement et ne peux pas quitter son "palais", soit un espace de neuf positions au centre des trois premières lignes de chaque camp. Ce qui fait qu'il n'a au mieux que quatre mouvements et cinq positions possibles sur le plateau. En occident, il est souvent représenté comme le roi des échecs.
➤Les gardes. Positionnés à gauche et à droite du général, ils se déplacent d'une intersection en diagonale dans toutes les directions mais comme le général, ils ne peuvent pas quitter le palais et n'ont eux aussi que quatre mouvements possibles au mieux et cinq positions sur le plateau.  En occident ils sont représentés sous la forme d'un écu marqué d'une croix.
➤Les éléphants. Les éléphants se déplacent de deux intersections en diagonale. Ils ne peuvent sauter par-dessus des pièces se trouvant sur leur route et ils ne peuvent pas traverser la rivière, le camp adverse leur étant interdit. On les représente comme les fous des échecs.
➤Les chevaux. Il se déplacent d'une intersection horizontalement ou verticalement puis d'une intersection en diagonale, ce qui fait ressembler son mouvement à celui du cavalier des échecs. Cependant le cheval du xiangqi ne peut pas sauter par-dessus une pièce sur son chemin.
➤Les chariots, représentés par la tour des échecs, ont les mêmes possibilités de déplacement que celles-ci : soit de n'importe quel nombre d'intersection verticalement et horizontalement.
➤Les bombardes. Représentées sous la forme d'un canon, elles ont le mouvement des tours mais leurs possibilités de capture sont plus limitées. Pour capturer une pièce, la bombarde doit arriver sur la position de cette pièce après avoir sauté par-dessus une autre pièce sur son parcours - peu importe de quel camp.
➤Les soldats. Équivalents des pions aux échecs, ils se déplacent d'une intersection en avant et prennent de la même manière. N'ayant aucun mouvement diagonal, ils restent sur la même ligne verticale tant qu'ils n'ont pas traversé la rivière. Après, les pions pourront se déplacer et prendre latéralement.  Il n'y a pas de possibilité de promotion pour les soldats.  


Deux représentations du Xiangqi : traditionnelle à gauche et occidentalisée à droite.

Il y a quelques règles très spécifiques au Xiangqi qu'il faut souligner :

➤L'échecs perpétuel est interdit. Un joueur ne peut pas mettre en échec le roi de l'adversaire plus de trois fois à la suite avec la même pièce et dans la même position.
➤La menace perpétuelle d'une pièce adverse non protégée est aussi interdite. Un joueur ne peut attaquer la même pièce adverse non protégée en allant et venant des deux mêmes intersections indéfiniment. Le joueur qui provoque une telle situation est obligé d'y mettre un terme.
➤Les rois ne peuvent pas se faire face sur une même colonne ouverte. Il faut au moins une pièce entre eux.


Origine du jeu

Comme pour beaucoup de variantes orientales, on ne sait pas avec certitude d'où vient le Xiangqi. Il a pu se développer directement à partir du Chaturanga indien ou bien à partir du Shatranj, lui-même évolution du Chaturanga. Il est certain par contre que c'est un jeu très ancien dont les premièrs indices vraiment solides d'existence datent du neuvième siècle. Il est très populaire en Chine, au Vietnam et dans l'Asie en général.


Stratégie et tactique

Le xiangqi est un jeu beaucoup plus rapide et plus dynamique que les échecs en raison de la faiblesse de la barrière de pions (cinq pions contre huit aux échecs) et de la grande mobilité des bombardes, pièces offensives vite mobilisables dans le jeu. Par ailleurs, le centre du plateau n'a pas d'intérêt stratégique particulier au xiangqi. Par contre, la défense du palais et de son général est un élément essentiel du jeu. A ce propos, le général et les quatre pièces à côté de lui sont dans un espace encombré où les déplacements sont difficiles. En début de partie, le xiangqi se joue davantage sur les côtés du plateau, avec les  pièces latérales.
Les pions sont lents et faibles durant les débuts et milieux de partie et sont même génants en défense, tant qu'ils n'ont pas atteint le camp ennemi. Mais ils deviennent de redoutables pièces offensives dans le dernier tiers de la partie, lorsque le plateau s'est vidé de beaucoup de ses pièces.
J'invite ceux qui voudraient en apprendre davantage à lire l'article de Wikipédia en français. A lire également l'article de Yakamedia et celui du Comptoir des jeux.
Au delà des généralités, le serveur Xiangqi.com propose une section didactique assez fournie avec une première approche stratégique et tactique du jeu.


On y joue avec...

L'interface LiGround avec Fairy Stockfish
L'interface Winboard avec MaxQi, HaQiki, Sjaak II, Elephant Eye et Fairy Stockfish

En ligne on pourra utiliser un bel applet Jocly Xiangqi ou Fairyground, l'interface web de Fairy Stockfish.

Avec les serveurs de parties Playstrategy (qui permet de jouer au Xiangqi et au mini-Xiangqi) et Xiangqi.com, serveur chinois plein de contenu mais qui ne joue qu'au Xiangqi standard.  

Il existe aussi de nombreux logiciels. J'en ai sélectionné deux qui présentent l'avantage d'être faciles à utiliser pour un joueur occidental :

Quianhong

Quianhong est un programme de Xianqi développé au début des années 2000 par Jeremy Craner. Malgré son âge, il fonctionne très bien sur un système moderne et l'interface est à la fois assez jolie et agréable à utiliser.  On apprécie la possibilité de choisir entre plusieurs styles de représentation, par exemple d'abandonner les idéogrammes chinois pour une iconographie proche des échecs. Le moteur qui accompagne l'interface est très faible et sera surtout utile à ceux qui découvrent le jeu. Mais l'archive contient deux autres moteurs qui peuvent être installés dans l'interface : VSCCP (Very Simple Chinese Chess Program) et Killegg. VSCCP a été l'un des premiers moteurs de xiangqi open source et offre un niveau de jeu correct. Killegg est un moteur beaucoup plus fort.


Le programme Qianhong intègre trois moteurs de Xiangqi, de faible à très fort

Télécharger Quianhong ?

Décompressez l'archive puis lancez d'abord le programme "Qianhong31.exe". Dans un second temps installez les deux plugins : "keplugin14.exe" et "VsccPlugin11.exe".

Pour choisir un moteur depuis l'interface : menu "Game" > "Game setup" (ou F3).



Une fois ici, choisissez un moteur pour player 1 ou player 2 en cliquant sur le bouton "Choose AI" et sélectionnez un niveau de jeu en ouvrant le popup qui se trouve à côté.


Xie Xie

Un autre logiciel chinois dont l'interface est traduisible en français, anglais, espagnol et allemand. Une bonne surprise, d'autant plus que ce logiciel offre des fonctionnalités évoluées, est facile à utiliser et que son moteur interne est d'une force très consistante, suffisante pour la plupart des joueurs.   



Vous pourrez le télécharger sur le site officiel du programme, avec un utilitaire de création de livres d'ouvertures, des collections de parties de Xie Xie et d'autres tirées de grandes compétitions chinoises ou internationales.




Jangqi (échecs coréens)

Cette section reste à compléter, ce qui sera fait dans les prochains jours.



Shogi (échecs japonais)

Cette section reste à compléter, ce qui sera fait dans les prochains jours.






Les variantes hexagonales


Les échecs hexagonaux sont des variantes du jeu d'échecs qui se jouent sur des plateaux hexagonaux, en général avec des côtés de six cases -  lesquelles sont appelées "hexs" en raison de leur forme, elle aussi hexagonale. Chaque "hex" a six cases adjacentes, contre quatre seulement pour les cases du jeu d'échecs, ce qui accroît beaucoup les possibilités de mouvement des pièces. C'est aussi pour cette raison que les cases ont en général trois couleurs différentes et non deux.



Echecs hexagonaux de Glinski

La variante hexagonale de Glinski est la plus connue et, de loin, la plus pratiquée.  Créé en 1936 par le polonais Wladyslaw Glinski, elle a connu un grand succès en Europe de l'Est, particulièrement en Pologne et en Hongrie, réunissant un temps plus d'un demi-million de joueurs. Une intense activité compétitive s'est développée autour d'elle, donnant lieu à des championnats nationaux et à un championnat européen qui a connu plusieurs éditions. Mais après la mort de Glinski, en 1990, l'activité est retombée, faute de sponsors intéressés à soutenir les événements. Néanmoins les échecs de Glinsky gardent de nombreux fidèles.


Ci-dessus, la position de départ de la variante Glinsky sur un applet Jocly.

Plateau et pièces

Le plateau de la variante Glinski est un hexagone dont les six côtés ont six hexs, soit au total 91 hexs, sur lesquelles prennent places 36 pièces. Chaque camp possède : un roi, une dame, deux tours, trois fous (un pour chaque couleur d'hex), deux cavaliers et neuf pions. Les pions sont disposés de sorte que toutes les pièces peuvent faire mouvement dès le premier coup.
Les déplacements des pièces sont différents de ceux des pièces d'échecs. Il y a quatre types de mouvements possibles :
➤Un mouvement vertical (les pièces montent ou descendent)
➤Un mouvement horizontal (les pièces se déplacent vers la droite ou vers la gauche)
➤Un mouvement orthogonal (les pièces passent d'un hex à un autre par une frontière commune. En plus de son mouvement vertical, la tour a, par exemple, un mouvement orthogonal).
➤Un mouvement diagonal (les pièces passent d'un hex à un autre en suivant une ligne qui connecte deux coins d'hex. C'est le cas du fou).




Mouvements du roi, des tours et des fous



Mouvements de la dame, des cavaliers et des pions. Pour le pion, notez qu'il avance devant lui d'une ou deux cases (hexs à point rouge) et prend latéralement (hexs à point bleu)
(ces illustrations sont tirées du site chessvariants.com).


Règles


Le but de jeu est le même qu'aux échecs classiques : il faut mater le roi adverse.

➤Il n'y a pas de roque

➤Les pions peuvent avancer de deux cases lors de leur premier déplacement, la prise s'effectuant sur les hexs adjacents, à gauche et à droite. La prise en passant est autorisée et la promotion a lieu sur l'un des onze hexs des deux bords opposés.
Un pion qui arrive après une capture sur la case de départ d'un autre pion conserve le droit d'avancer de deux cases (cette règle simple permet d'éviter de se poser la question de savoir si un pion a déjà bougé ou non)
Il n'y a pas de roque.
Dans une compétition, un mat vaut 1 point ; le joueur qui met pat son adversaire marque 3/4 de point et son adversaire 1/4 de point.



On y joue avec...

Les échecs hexagonaux et l'informatique ne semblent pas coïncider ! Aucun des moteurs ou des interfaces que je conseille ne joue à une quelconque variante hexagonale. Je n'ai trouvé qu'un vieux programme freeware pour jouer à la variante Glinsky. Il s'agit d'Hexodus, qui est très âgé (il date de l'époque de Windows 98) mais fonctionne plutôt bien avec nos Windows modernes. Il offre les fonctions de base (sauvegarde / lecture de parties), éditeur de positions, avant/arrière de n coups, réglage du niveau de force par la profondeur ou le temps de réflexion. Côté force, je suis bien incapable de l'évaluer, mais je suppose qu'il ne faut pas s'attendre à des niveaux de jeu très élevé.


Télécharger Hexodus ?

On y joue également avec l'applet Jocly "Glinski Chess Hexagonal Chess"



Echecs hexagonaux de McCooey

McCooey a repris le principe des échecs de Glinsky mais avec l'idée de se rapprocher autant que possible des échecs orthodoxes. Le plateau est le même, les pièces également et les règles à peu près identiques. Il y a quatre différences à observer :

1/ La position des pièces : elles sont rassemblées en un groupe compact aux extrémités sud et nord du plateau comme on le voit ci-dessous.


Jocly joue aussi à la variante McCooey

2/ La capture par les pions. Mc Cooey estime que Glinski a commis une erreur en permettant à ses pions de prendre latéralement. Rapporté aux échecs classiques, cela signifierait que les pions prendraient sur la case de côté. Il propose que la prise se fasse en diagonale, comme sur l'illustration ci-dessous :


Mouvement et prise des pions, ici sur une avancée d'une case (cette illustration est tirée du site chessvariants.com).

3/ Le pion central est le seul des pions à ne pouvoir avancer que d'une case au premier coup. Très avancé sur le plateau, il donnerait en effet un avantage d'espace trop grand au blancs.

4/ La règle du Pat. Elle revient à la norme des échecs classiques : lorsqu'il y a impasse, la partie est nulle et chacun repart avec un ½ point.

On y joue avec...

Uniquement avec l'applet Jocly "McCooey Chess Hexagonal Chess"...



Echecs hexagonaux de De Vasa

Variante proposée par Helge E. de Vasa, en 1953. La première différence qui saute aux yeux est la forme particulière du plateau, en forme de losange. Il y a quatre côtés de neuf cases.


Applet Jocly Hexagonal Chess De Vasa

C'est la principale différence. Voici les autres éléments à retenir :
➤Les pièces sont celles des échecs de Glinsky. Autrement dit, il y a trois fous, pour occuper les diagonales de toutes les couleurs.
➤Les pièces légères sont sur la première et la neuvième rangée. Par contre, les pions sont sur la troisième rangée.
➤Les pièces se déplacent comme dans les échecs de Glinski, sauf les pions. Les pions avancent vers le camp adverse, dans deux directions : d'un hex vers l'avant gauche ou vers l'avant droite vers un hex adjacent (hexs à point vert).  Ils capturent en diagonale vers l'avant à gauche ou à droite (hexs à point rouge). Les pions peuvent aussi avancer de deux hexs pour leur premier coup.
Les cases de promotion sont celles de la dernière rangée opposée.


Ci-dessus, illustration des possibiltés des pions dans la variante De Vasa (doc. Wikipedia) : le pion blanc b3 n'a pas encore fait mouvement et dispose donc de quatre options de déplacement (points verts) et de deux façons de capturer (points rouges). Le pion blanc g5 a déjà fait mouvement et ne dispose plus que de deux possibilités de déplacement et de ses deux possibilités de capture.

➤Le roque est de retour, dans une forme assez proche des échecs classiques : il y a un petit et un grand roque, le roi et la tour se déplaçant de deux cases pour le petit roque et de trois cases pour le grand roque comme ci-dessous :


(illustrations tirées du site https://greenchess.net/)

On y joue avec...

Uniquement avec l'applet Jocly "De Vasa Chess Hexagonal Chess"



Les échecs hexagonaux de Brusky

Cette variante  a été inventée en 1966 par Yakov Brusky. Elle utilise un hexagone irrégulier, plus large que haut.
L'essentiel à retenir :


Les pièces sont les mêmes que celle de la variante Glinsky et se déplacent de la même façon sauf les pions, dont les mouvements et captures sont assez proches de ceux de la variante De Vasa. La seule différence est que le pion qui n'a pas encore faire mouvement à une possibilité de capture supplémentaire, droit devant lui.



Ci-dessus, illustration des possibiltés des pions dans la variante Brusky (doc. Wikipedia) : Mouvements possibles du pion (en vert les déplacements, en rouge les captures).
Le roque se pratique comme pour la variante De Vasa.



On y joue avec...

Uniquement avec l'applet Jocly "Brusky Chess Hexagonal Chess"

 
 
 
 
 
 
 
 
 
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