Chessmaster 4000 Turbo - Echecs et informatique sur PC-Windows

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Chessmaster 4000 Turbo


Chessmaster 4000 sort en 1993. L'évolution par rapport à la précédente version est considérable. Kittinger à quitté le bateau et c'est le néerlandais Johan de Köning qui s'est chargé de développer le moteur de la nouvelle édition. C'est un grand succès. Appelé The King, il est immédiatement salué comme excellent : très fort*, équilibré et au jeu d'apparence humaine, il a beaucoup fait pour populariser la franchise...



 


Énormément de progrès sont enregistrés aussi du côté de l'interface : les graphismes, très travaillés, ont d'ailleurs très bien vieilli. En 2D ou en 3D, les sets de pièces et les modèles d'échiquiers sont nombreux et souvent superbes.   Il est difficile de jouer sur un plateau en 3D mais y regarder avancer une partie de grand maître est confortable et agréable.
L'ergonomie a fait un peu de progrès, bien que l'on reste tributaire des contraintes d'un vieux programme Dos.



Surtout, Chessmaster 4000 Turbo a inauguré ou poussé ce qui a fait de lui un fabuleux outil d'apprentissage et d'entraînement. Tout est déjà là, avec un bon niveau de développement : les parties de grand maîtres, les modules éducatifs et le système de création de personnalités, qui permet, avec le même moteur, d'avoir des dizaines d'adversaires de style et de force différents.



Malheureusement, malgré mes intenses efforts, il ne m'a pas été possible de mettre la main sur une version française de ce programme, pas plus que sur un vieux manuel, en français (un fichier Help en anglais mais assez complet est cependant accessible depuis l'interface).  
En principe, c'est une cause de recalage, mais, comme pour Kasparov's gambit, je ferai une exception. Même en anglais (anglais assez simple au demeurant), ce programme reste une valeur sûre, qui mérite sa place dans toute bonne bibliothèque de programmes d'échecs.

* Je n'ai trouvé aucune évaluation du moteur The King de CM 4000 mais il est probable, sur un ordinateur moderne, qu'il atteigne au moins 2200 Elo.


Téléchargement et installation

On trouve le programme sur l'excellent site Abandonware France.  
Télécharger Chessmaster 4000 Turbo ?
C'est une version dite "automatisée" (merci Abandonware France), c'est-à-dire que vous lancez le setup et il s'installe comme un programme Windows, avec DosBox pour le faire fonctionner, tous les paramètres réglés pour une utilisation optimale.
Lorsque vous lancerez CM 4000, il s'affichera exactement comme autrefois, dans une fenêtre Dos. Pour l'utiliser il suffira de cliquer sur l'interface. Vous passerez alors en quelque sorte à l'intérieur du programme Dos. Pour revenir à Windows, deux possibilités :
1/ Appuyer sur la touche Windows
2/ Utiliser la commande DosBox "CTRL+F10", ce qui a pour effet de libérer le curseur de la zone de jeu.
La fenêtre de Chessmaster va s'afficher avec les paramètres de taille de l'époque, c'est-à-dire faible. Si vous disposez d'un bel écran plat moderne, à la résolution élevée, cela vous paraîtra petit. On ne peut pas afficher une résolution plus élevée, mais on peut par contre basculer en mode plein écran, avec la commande DosBox "Alt + Entrée". Ca pixelise un peu mais c'est encore très bien, même sur un écran de haute résolution.


Jouer avec Chessmaster

Un mode d'emploi succinct me paraît utile.


Démarrage rapide

Le plus simple pour démarrer une partie est d'ouvrir le menu "Play" et de sélectionner "Quick level set", puis l'un des huits niveaux disponibles, de "Newcommer" (grand débutant) à "Championship".




Démarrage un peu moins rapide

Un peu plus compliqué mais plus pointu, le menu "New game" :  
Faire CTRL+N (ou menu "Game" > "New game") et plutôt que d'accepter le choix par défaut, cliquez sur le bouton "New players". Le menu suivant s'affiche :



Quelques précisions s'imposent :

Choix de l'adversaire : 42 adversaires sont proposés ici, des joueurs de niveaux de force standards (les même que ceux de "Quick level set"), des joueurs de style prédéfinis (Defender, Brute force, Kamikaze...) et des simulations de grands maîtres d'autrefois - ou de l'époque contemporaine (de cette version de Chessmaster, c'est-à-dire début des années 90).  
Il est possible de faire un choix ici puis d'afficher la personnalité (bouton "Setup") et de la modifier. J'y reviens plus loin.
Same time controls / Seperate time controls : ce choix est important car il permet de fixer un temps de réflexion à l'ordinateur et un autre plus favorable pour vous.
Touching pieces allowed : si ce choix est "allumé", toucher les pièces puis les relâcher est autorisé.
Blindfold permet de jouer "à l'aveugle".
Swap Color retourne l'échiquier et Swap chairs inverse les camps.
La force du moteur est fixée par défaut par la méthode "Second per move". C'est la meilleure, mais "Moves/minutes" et "Minutes per game" sont aussi valables. Éviter "Fixed deph", qui nuit à la qualité du jeu. "Infinite time" laisse tout son temps au moteur pour jouer, jusqu'à ce que vous le forciez à le faire (Ctrl+F ou "Action" > "Force move"). C'est le moyen d'obtenir la force maximale du moteur.


Organiser un tournoi

Organiser un tournoi est un peu plus complexe. Mais utile, pour évaluer par exemple la force d'un nouveau profil. Voici une méthode rapide :
1/ Régler les conditions de tournoi :
Menu "Play" > "Set up game details". Choisissez "Minutes per game" et déterminer le temps en minutes, par exemple 30 minutes (vraisemblablement pour 40 coups) et validez.
2/ Choisir les protagonistes :
Menu "Play" > "Tournament" > "Create". Choisissez les joueurs. Et le nombre de manches à jouer.



Le programme va apparier automatiquement les manches d'un classique tournoi "round Robin"  (chaque participant joue contre tous les autres participants et tous se rencontrent un nombre égal de fois).
Ce module est un peu sommaire : on ne peut pas programmer un temps additionnel, il n'y a qu'un seul type d'épreuve et les joueurs humains ne peuvent pas participer. C'est réservé aux bots de Chessmaster !


Changement d'apparence et aménagement de l'interface


Tous les changements d'apparence et aménagements de l'interface se font depuis les menus "Look/Feel", "Windows" et "Layout".

Plateaux et pièces

"Look/Feel" permet de choisir 11 plateaux de jeu différents, quatre en 2D, six en 3D plus le curieux (mais peu pratique) "Surreal landscape", dans le style Salvador Dali. Et onze jeux de pièces, la plupart très beaux, mais quelques-uns vraiment trop fantaisistes.

Éviter "Custom board" qui semble dysfonctionner et n'apporte que des changements cosmétiques dans  l'affichage du plateau. Par contre "Move board", qui permet de déplacer l'échiquier 3D, est très utile (attention : la commande n'est utilisable qu'une fois. Il faut la resélectionner si la position n'est pas bonne).


 


Choix de la disposition (Layout)


"Layout" rassemble sept dispositions différentes, autorisant l'ada^ptation de l'interface à ce que l'on fait. La disposition "War room" est parfaite lorsqu'on se livre à des activités d'étude,  "Think tank" permet de regarder fonctionner le moteur.
Pour jouer une partie de tournoi, avec pendule, "Table top chess" est une bonne disposition 3D. Mais on peut lui préférer "Plain & simple", en 2D.
Il est possible de customiser une disposition et de la sauvegarder.
"Windows" permet d'afficher ou de faire disparaître certains éléments (pendules, réflexion du moteur, pièces capturées...) mais d'autres éléments sont sélectionnés (ou pas) depuis le menu "Look/Feel".
Voir aussi plus bas les raccourcis clavier et la section "Aménager l'interface"

A noter : pour sauvegarder votre configuration : menu "Game" > "Settings" > "Save Current".


Profils de personnalités

Le système de création de personnalités apparaît pour la première fois. Il est un peu moins complet que celui de Chessmaster 11 mais il comporte tout de même 22 paramètres permettant de programmer des personnalités bien typées et de reproduire grossièrement  le style des grands maîtres. On accède au module directement depuis le menu "Play" > "Set up a personality" ou bien moins directement depuis le menu "Set up game details".  Il comporte trois onglets : "Style", "Positional" et "Material".
La limitation la plus préjudiciable réside dans le fait qu'on ne peut pas choisir une bibliothèque d'ouverture spécifique pour chaque profil. On peut seulement limiter la profondeur de coups prise en compte par le moteur. Celui-ci utilise ensuite cinq bibliothèques généralistes mais de tailles différentes, de "small" à "xlarge".  




Onglet Style


Il comprend les choix suivants :

Attacker / Defender (-100 / +100)
Ce paramètre très important détermine le tempérament du joueur, entre hyper-offensif (-100) et hyper-défensif (+100).

Strenght of play (0 / 100)
Détermine le niveau de force, entre 1 et 100. A 1 le niveau de jeu est très faible, à 100, la force du moteur sera utilisée à plein.

Randomness of play (0 / 100)
Permet au jeu du moteur de s'éloigner plus ou moins, aléatoirement, de sa programmation. A zéro, il n'y a aucun effet ; à 100, la valeur maximale, le style initial n'est plus qu'un souvenir.  Des valeurs faibles, disons entre 1 et 10, pourraient gommer un peu la rigidité de l'algorithme sur des personnalités fortes. Jusqu'à 30 ou 40 il pourrait simuler le manque de constance d'une personnalité faible. Au delà, le joueur simulé est probablement un alcoolique invétéré.

Book depth (0 / 100)
Ce paramètre va régler la profondeur de recours à la bibliothèque d'ouvertures. A 100, dans une partie, le moteur pourra puiser au maximum dans sa bibliothèque d'ouvertures, le rendant très fort dans la première phase d'une partie. Si l'on veut créer un personnage pas trop fort, il faut abaisser le recours à la bibliothèque. En réglant Book depth sur 6, la bibliothèque ne sera utilisée que pour les six premiers coups de la partie. Après quoi, le moteur prendra le relais, avec le niveau de force adéquat.

Selective search (0 / 10)
Il s'agit de régler la puissance des routines d'élagage de The King. Rappelons que l'élagage est un ensemble de techniques permettant au moteur d'éviter certaines branches sur la base d'indices de performance, grâce à quoi il pourra explorer beaucoup plus en profondeur.
Le niveau de l'élagage se règle entre zéro (pas d'élagage) et 10 (recours maximal). A 10, le moteur gagne en force mais perd en qualité de jeu. Il peut sacrifier d'excellentes branches sans s'en apercevoir et commettra plus facilement de grossières erreurs. C'est pourquoi d'ailleurs le profil standard de la personnalité Chessmaster est réglé sur 6 et non sur 10.

Contempt for draw (-5 / +5)
Les joueurs d'échecs font preuve de plus ou moins d'esprit sportif. Certains refuseront une offre de nullité d'une partie même s'ils sont dans une position très déséquilibrée à leur désavantage, alors que d'autres s'empresseront d'accepter. Le paramètre Contempt permet de définir ce trait. La plage de réglage se situe entre -5 (le moteur acceptera la nullité même s'il a l'équivalent de 5 pions d'avance) et +5 (le moteur refusera la nullité même s'il a 5 pions de retard). S'il est réglé sur infini, dans l'un ou  l'autre sens, le joueur acceptera toujours la nullité ou la refusera toujours. Un contempt à 3 (celui de Spielman), traduit déjà un très fort refus de la nullité.




Onglet Positional


Material /  Position (-100 / +100)
Autre paramètre majeur, influant fortement sur le style du joueur. Il s'agit de déterminer la façon dont la personnalité va évaluer les pièces sur l'échiquier, par rapport aux attributs généraux de la position, comme la structure des pions, le potentiel d'attaque, la mobilité des pièces, la sécurité du roi, etc. La fourchette pour cette option est de -100 à 100. Les valeurs négatives signifient que dans son évaluation de la situation, le moteur va privilégier le matériel ; au contraire, les valeurs positives indiquent que l'évaluation va privilégier la position. Attention, cela ne préjuge pas nécessairement du style de la personnalité : une valeur de 80 ou 100 ne signifie pas automatiquement par exemple que le joueur aura un style positionnel et défensif.

Control of center (0 / 200)
Ce paramètre détermine l'importance que le moteur accorde au contrôle du centre, principalement les cases d4, d5, e4 et e5, d'un point de vue offensif comme défensif. La plage de réglage va de 0 à 200. A zéro, son désintérêt sera total. A 200, le contrôle central est une obsession névrotique. Un exemple : Paul Morphy avait un jeu central particulièrement vigoureux. Son CC est réglé à 150.
Les joueurs de l'époque classique accordaient beaucoup d'importance au contrôle direct du centre. Par la suite, notamment sous l'influence de l'école hypermoderne, ce dogme a été remis en cause. Le contrôle central a cessé de devenir impératif pour devenir une option parmi d'autres.

Mobility (0 / 200)
Les joueurs mobiles sont ceux qui tentent de conserver une position leur laissant le maximum de coups possibles, tout au long de la partie. Les joueurs de l'époque romantique étaient généralement très mobiles ; ils avaient un style très offensif et échangeaient facilement des pièces. Les joueurs défensifs - et en particulier ceux qui se sentent à l'aise dans les positions fermées - accordent moins d'importance à la mobilité.

King safety (0 / 200)
Ce paramètre détermine l'importance que le moteur va accorder à la protection de son roi. Un joueur très offensif va mobiliser prioritairement ses pièces pour attaquer et sera moins enclin en général à affecter beaucoup de pièces à la protection de son roi. Son KS sera faible. Un joueur très défensif aura au contraire un KS élevé.

Passed pawns (0 / 200)
Règle l'importance que le moteur va consacrer à la promotion d'un ou plusieurs pions. Si la valeur est élevée, le moteur privilégiera cette tactique offensive. Cela signifie qu'il préparera le passage de ses pions en les protégeant lors de leur avance.

Pawns weakness (0 / 200)
Structure de pions : un joueur dont la valeur de PW est élevée consacrera beaucoup d'effort à maintenir une bonne structure de pions, évitant autant que possible d'avoir des pions arriérés, isolés ou doublés. Ce sont en général des joueurs au style positionnel et prudent.
Inversement, les joueurs très offensifs consacrent en général moins d'effort à préserver une bonne structure de pions. Un joueur au style équilibré aura un PW proche de 100.




Onglet Material


Ici est fixé le poids que la personnalité va accorder aux différentes pièces, les siennes et celles de son adversaire.  Voici les valeurs retenus par la personnalité Chessmaster :
Own Queen = 9
Opposing Queen = 9
Own Rook = 5
Opposing Rook = 5
Own Bishop = 3
Opposing Bishop =3
Own Knight = 3
Opposing Knight = 3
Own Pawn = 1
Opposing Pawn = 1
Ce sont les valeurs communément admises : 9 sur 10 pour les dames, 5 sur 10 pour les tours, 3 sur 10 pour les fous et les cavaliers et 1 sur 10 pour les pions.
Toutes les valeurs sont doublées avec les mêmes valeurs mais pour l'opposant, ici donc généralement l'adversaire humain.
Cet ensemble de poids est très utile pour affiner un profil : accuser un style, simuler une préférence pour un type de pièce, préciser le goût du moteur pour les pièces adverses...
Quelques repères :
Un joueur positionnel aura souvent une valeur du pion un peu plus élevée.
Un joueur défensif et positionnel aimant les positions fermées aimera particulièrement les cavaliers, d'où une augmentation de la valeur des cavaliers.
Un joueur offensif aimant les jeux ouverts pourrait négliger un peu les cavaliers (valeur en baisse) et apprécier davantage les fous et/ou les et/ou les dames (valeur en hausse).


Table de hachage et pondération

Deux choix doivent également retenir votre attention sur ce menu des personnalités : "Transposition table" et "Deep thinking".

Transposition table : la table de transposition, appelée aussi hashtable ou table de hachage, est un espace de mémoire dans lequel le moteur stocke les évaluations de positions de branches déjà explorées. C'est un instrument majeur de performance du moteur. Elle n'est désactivée que sur les profils très faibles. Et d'ailleurs, selon moi, même sur un profil faible il vaut mieux que la table de transposition soit activée.

Deep thinking : cette option est plus connue aujourd'hui sous le nom de "pondération" ou de "réflexion sur temps adverse". Si elle est activée, le moteur continuera à approfondir l'arbre de recherche pendant que vous réfléchissez à votre prochain coup. C'est l'un des moyens de tirer de Chessmaster le maximum de force. Restez toutefois cohérent : si vous affrontez l'un des profils du moteur à un niveau faible ou moyen, désactivez Deep thinking, sans quoi il sera beaucoup plus fort que prévu.

Créer de nouvelles personnalités

Pour créer une nouvelle personnalité, il suffit de modifier l'une des personnalités disponibles, d'effacer le champ Nom, d'inscrire un nouveau nom puis de sauvegarder (bouton "Save").
Créer des joueurs exactement comme on le souhaite est assez facile, mais il faut respecter quelques règles. Commencez par étudier les profils proposés, en particulier ceux qui sont très typés, comme Petrossian (hyper défensif), Tal ou Spielman (hyper-offensif). Au besoin, vous pouvez télécharger les profils complets et commentés de tous les les GM.

Télécharger les profils des 22 GM de Chessmaster 4000 Turbo ?

Je donnerai juste deux conseils :
1/ Pour obtenir des profils forts et de qualité, il convient d'éviter, d'une manière générale, les valeurs extrêmes.
2/ Ne pas choisir des paramètres qui se contredisent radicalement, sans quoi le moteur ne saura pas quoi jouer d'intelligent. Ne créez pas, par exemple, une personnalité extrêmement offensive ayant une obsession pour la qualité de la position et un poids des pièces majoré.

Quelques mots sur les grands maîtres simulés de
Chessmaster 4000 Turbo


Pour la première fois, Chessmaster proposait des simulations de grands maîtres de l'histoire des échecs. Ils sont 22 en tout. Sont-ils fiables ? Hum… Certains choix de paramètres m'ont un peu interpellé et, en comparant les valeurs choisies de certains GM de CM 4000 avec ceux de CM 11, on voit qu'il y a parfois des différences importantes. A partir de Chessmaster 9, les profils de grands maîtres ont été fortement testés et validés par des spécialistes. Il me semble évident que les GM de CM 4000 sont moins fiables.

Presque tous les GM de CM 4000 ont été repris sur les versions ultérieures de la franchise, sauf, bizarrement,  trois d'entre-eux : Andersson, Spielman et Kasparov. Les deux premiers sont des étoiles mineures ; il n'en est pas de même de Kasparov, champion du monde au moment de la commercialisation du jeu, en 1993. Le fait que le grand maître russe se soit mobilisé par la suite pour la franchise concurrente d'Electronic Arts (Kasparov's gambit) y est sans doute pour beaucoup.

Andersson et Spielmann ont des styles de jeu très typés et donc ce sont des adversaires intéressants à affronter.
Le GM suédois Ulf Andersson est un joueur positionnel, prudent et solide, qui est surtout connu pour avoir popularisé l'ouverture en hérisson avec les noirs. Voici son profil :

Attacker/Défender : 80 (solide défenseur)
Strength : 100
Randomness : 0
Book depth : 100
Selective search : 6
Contempt : -1,5 (frileux)
Material / Position : -10 (évaluation quasi-équilibrée)
Control center : 80 (souci modéré pour le CC)
Mobility : 70 (mobilité très modérée)
King Safety : 120 (protection solide du roi)
Passed pawns : 120 (forte attention aux pions passés)
Pawns weakness : 120 (bonne structure de pions)
Poids des pièces standard

...contre lequel je n'ai, à première vue, rien à reprocher…

L'Autrichien Rudolf Spielmann, très fort joueur des années 1910 à 1930 était surnommé "le maître de l'attaque" ou "le dernier chevalier du gambit du roi". Il fut, avec Marshall, l'un des derniers héritiers du style romantique. Il sacrifiait ses pièces avec autant de facilité que Tal et il jouait toujours pour le gain. Il restera comme l'un des joueurs au monde ayant concédé le moins de parties nulles. Traduction en profil CM 4000 :

Attacker/Défender : -70 (féroce attaquant)
Strength : 100
Randomness : 0
Book depth : 100
Selective search : 6
Contempt : 3.0  (très fort refus de nullité)
Material / Position : 100 (évaluation exclusivement positionnelle)
Control center : 100 (CC moyen)
Mobility : 200 (jeu hyper-mobile)
King Safety : 10 (quasi-absence de protection du roi)
Passed pawns : 100 (moyen)
Pawns weakness : 10 (quasi absence de structure de pions)
Poids des pièces non standard :
Own Rook = 1
Opposing Rook = 1,3
Own Bishop = 2,2
Opposing Bishop = 2,2
Own Knight = 2,1
Opposing Knight = 2,2

Là, par contre, je suis un peu sceptique. Ce profil me paraît vraiment caricatural et sa force doit d'ailleurs être vraiment faible. Personnellement, je vais tester le profil suivant, moins extrême :

Attacker/Défender : -70
Contempt : 3.0
Material / Position : 100
Control center : 100
Mobility : 180 (contre 200)
King Safety : 20 (contre 10)
Passed pawns : 100
Pawns weakness : 20 (contre 10)
Poids des pièces non standard :
Own Rook = 2 (plutôt que 1)
Opposing Rook = 2,3 (plutôt que 1,3)
Own Bishop = 2,2
Opposing Bishop = 2,2
Own Knight = 2,1
Opposing Knight = 2,2

Voici par ailleurs le profil de Kasparov
, d'autant plus précieux que l'ancien champion du monde a disparu des éditions les plus récentes de Chessmaster :

Attacker/Défender : -70 (très vif attaquant)
Strength : 100
Randomness : 0
Book depth : 100
Selective search : 6
Contempt : 2.5 (fort refus de nul)  
Material / Position : 80 (évaluation fortement positionnelle)
Control center : 110 (CC modéré)
Mobility : 160 (très mobile)
King Safety : 70 (faible protection du roi)
Passed pawns : 100 (valeur moyenne)
Pawns weakness : 70 (faible structure de pions)
Poids des pièces standard

A priori, rien à redire non plus ici.


Apprendre avec Chessmaster

En matière d'outils d'études et de contenu éducatif, CM 4000 Turbo est loin des versions 9, 10 et 11 de Chessmaster, mais il y a tout de même de quoi faire. Pour ceux bien sûr qui lisent ou, mieux, comprennent l'anglais.


Aménager l'interface

Mais la première chose à faire pour travailler avec CM 4000 Turbo est d'aménager l'interface. Dos oblige, le seul espace disponible pour afficher quelque chose se limite à la fenêtre de l'interface en fonctionnement. C'est le plus gros handicap d'un vieux logiciel sous Dos. Heureusement, des aménagements particuliers ont été prévus. Depuis le menu "Layout", la disposition "War Room" est bien adaptée à l'étude.

Aménagement War Room : l'échiquier, en 2D, est placé en haut à gauche de l'interface. Le reste de la place disponible est utilisé pour afficher la fenêtre de statut, un état (simplifié) de la réflexion du moteur, les pièces capturées, les pendules, la liste des coups avec le navigateur de parties et, enfin, la fenêtre des coups légaux possibles à l'instant T.


Disposition "War room"

L'échiquier est vraiment très petit, mais si vous affichez l'interface en plein écran (Alt+Entrée), ça passe très bien.

Aménagement Think Tank : cette disposition est plutôt destinée à observer le fonctionnement du moteur.


Disposition "Think tank"

Aménagements Plain & Simple et Table Top Chess : ces dispositions permettent de jouer simplement une partie contre l'ordinateur avec un minimum d'infos sur la partie en cours et :
➤Un échiquier en 2D assez grand et visuellement agréable pour Plain & Simple ;
➤Un bel échiquier en 3D dans une configuration ergonomiquement passable pour Table Top Chess.


Disposition "Table Top Chess"

Les autres dispositions sont plus anecdotiques, sauf "Personal guide", qui permet d'afficher la fenêtre de conseils commentés (voir plus bas).


Naviguer dans une partie

Le navigateur de partie n'est affiché qu'avec la disposition War Room, faute de place sans doute. Pour se déplacer dans une partie en cours, en dehors de War Room, le plus simple est d'utiliser les raccourcis clavier Ctrl+R (pour aller en avant) et Ctrl+T (pour reculer).


Fonctions d'édition

Depuis le menu "Game" > "Clipboard", il est possible de copier la partie en cours ou une position quelconque dans le presse-papier. Seulement voilà : c'est celui du Dos, pas de Windows. Impossible de reprendre la main depuis Windows, mais on peut néanmoins exporter dans un fichier texte. Après avoir copié la liste des coups, la position ou les annotations, faire un export vers une "ASCII Move List", une "ASCII Board Position" ou une "Forsythe Board Position" (en clair une position FEN). Puis sauvegardez avec un nom court (8 caractères maxi) et sans espace. Vous retourverez vos données dans le sous-répertoire "CM4000" du jeu.


Base de parties

530 parties de l'histoire des échecs, d'avant 1900 jusqu'aux années 90 et au moins autant de parties de Karpov et Kasparov : on est loin des dizaines de milliers de parties de Chessmaster 11, mais c'est une bonne sélection. Qui toutefois s'arrête à 1993.
Pour les charger : menu "Game" > "Load a game" > "Game Library" ou "Karpov on Karpov" ou encore "Karpov/Kasparov".


Le module de Conseil

Au cours d'une partie, un conseil rapide peut vous être donné en sélection "Quick hint..." depuis le menu "Mentor" (ou Ctrl+H). Mais si vous souhaitez une suggestion plus solide, ouvrez la disposition "Personal guide" (menu "Layout" > "Personal guide") et cliquez sur "Advice", puis réglez le temps de réflexion du moteur. Par défaut, ce temps est réglé sur 20 secondes mais une durée d'une minute - ou davantage - donnera un conseil de très bon niveau.
Après réflexion, le moteur vous fournira une suggestion commentée d'une séquence de quelques coups. (si "Spoken" était allumé, Chessmaster prononcera tout le texte proposé). En cliquant sur "Move", toute la séquence sera exécutée.


La fenêtre de conseils commentés de l'affichage "Personal guide"

Ce module de conseil est excellent, on n'a pas fait mieux depuis. On ne peut pas en dire autant du module d'analyse, assez rustique. Mais néanmoins utilisable - et utile car l'exportation de parties dans un format courant est impossible avec Chessmaster.


Le module d'analyse

Pour analyser une partie, commencez par la charger (Ctrl+L) si elle n'est pas déjà affichée, et choisissez la disposition "War Room".
➤Utilisez le navigateur pour revenir au premier coup de la partie, puis menu "Mentor" > "Analyse Mode List".
➤Choisissez le temps de réflexion de l'ordinateur (par défaut 10 secondes) et laissez-le travailler.
➤Lorsque l'analyse est terminée, ouvrez la fenêtre d'annotation (Ctrl+8 ou menu "Windows" > "Annotation") et naviguez dans la partie. Chaque coup, à part ceux de la bibliothèque d'ouvertures, est commenté et une séquence alternative éventuellement proposée.



Sur l'exemple ci-dessus, l'ordinateur aurait pris le cavalier avec la dame, un bien meilleur coup, évalué à 3,67, score élevé. Notez que si vous cliquez sur "Edit", il sera possible de modifier l'annotation ou d'y ajouter du texte. Dommage que l'on ne puisse pas exporter ensuite tout cela vers d'autres applications. Par contre, il est possible de copier la liste des coups commentés puis de l'exporter sous forme de texte :
➤Avec le navigateur de partie, allez au dernier coup de la partie.
➤Menu "Game" > "Clipboard" > "Copy Move Annotation"
➤Menu "Game" > "Export" > "ASCII Move List".
➤Sauvegardez avec un nom d'un seul bloc et d'au maximum huit caractères (eh oui, c'est le Dos !)
Vous obtenez un fichier de texte que vous pourrez lire avec le bloc note ou le Wordpad. Il se trouve dans le sous-répertoire "C\CM4000".

Il n'est malheureusement pas possible d'exporter la partie au format Pgn.


Le module de recherche de mat

Dans une position quelconque, vous pouvez demander à Chessmaster de rechercher des solutions de mat en "x" coups : menu "Mentor" > "Solve for mate".  Choisissez la profondeur de recherche et lancez l'exploration. Chessmaster affichera alors le nombre de positions examinées, avant de donner un éventuel résultat.  

Recherche de mat jusqu'à une profondeur peu raisonable de 10 coups. En plus d'une heure de recherche, Chessmaster a déjà analysé 147 millions de position sans trouver de résultat. Mieux vaut ne pas dépasser une profondeur de huit coups.


Vous devez vous doutez que Chessmaster est beaucoup moins rapide que Stockfish pour trouver une solution de mat. Éviter de choisir une valeur x trop élevée, sinon le moteur passera des heures à réfléchir. En pratique, une profondeur de recherche de huit coups me semble le maximum raisonnable.


Rate my play

Ce module du menu Mentor vous propose de choisir une partie parmi une trentaine de parties classiques, puis l'ordinateur sélectionne une position dans cette partie et vous demande de prédire les mouvements effectués par les joueurs. Si vous avez raison, vous obtenez des points et augmentez votre classement. Si vous vous trompez, vous perdez des points. Effectuer un grand nombre de ces "solitaires chess" devrait permettre, indique l'aide de Chessmaster, d'établir approximativement votre niveau, selon les normes de l'USCF (la fédération américaine des échecs). Mais ce Rate my play ne m'a pas convaincu.



Practice Openings



Le module d'entraînement aux ouvertures est plus intéressant. Lorsque vous le sélectionnez (menu "Mentor" > "Practice Openings"), une fenêtre contenant une liste d'ouvertures s'ouvre, classées par ordre alphabétique de leur dénomination courante. Vous choisissez celle que vous voulez étudier et l'ordinateur vous décrit l'ouverture pas-à-pas. D'accord, par rapport à ce qu'offre Lucas Chess ou le site en ligne Lichess, c'est assez rustique. La sélection d'une ouverture parmi 250 dans une petite fenêtre de quelques lignes, sans outil de recherche, est déjà un peu agaçante. Mais à part ça, si vous savez où vous allez, c'est un bon outil, facile à utiliser.





Chess tutor


Cet item du menu "Mentor" vous conduit à un cours d'échecs complet et bien illustré, malheureusement en anglais. En fait, il y a trois cours :
➤Chess Basic, en gros les règles du jeu et des déplacements de pièces
➤Chess Move : comment manoeuvrer les pièces, en 10 niveaux
➤Chess Strategy : approfondissement en 10 chapitres
L'ensemble est solide est sérieux, bien que plus limité bien sûr que ce qui est disponible sur les versions récentes de Chessmaster.



Aides visuelles


Menu "Mentor" > "Teaching" : Affiche les choix suivants :
Teaching off : toutes les aides désactivées
Legal moves for selected piece : mise en évidence des coups possibles pour une pièce sélectionnée
Pieces in take : mise en évidence des pièces en prise, susceptibles d'être capturées au coup suivant
Threatened pieces : mise en évidence des pièces en prise risquant d'être capturée en assurant à l'adversaire un important gain matériel. Bref, on vous montre les pièces qu'il faut vraiment mettre à l'abri !
Pinned pieces : mise en évidence des pièces clouées.
Skewered pieces : mise en évidence des pièces embrochées, c'est-à-dire celles dont le déplacement expose une autre pièce amie de moindre valeur à une attaque.
Isolated pawns : mise en évidence des pions isolés
Passed pawns : mise en évidence des pions passés
Promote threats : mise en évidence des pions pouvant être promus ou pouvant capturer à la huitième rangée.
White's coverage of the board : Met en évidence les cases que les blancs ont couvertes et sur lesquelles le roi noir ne peut pas se déplacer. Particulièrement utile en fin de partie pour bloquer le roi noir.
Black's coverage of the board : la même chose mais pour les blancs
Malheureusement, la dernière option sélectionnée annule la précédente. Ce qui, disons-le franchement, est assez nul.



Les raccourcis clavier

Nouvelle partie : Ctrl+N
Tout fermer : Ctrl+C
Chargement d'une partie : Ctrl+L
Sauvegarder une partie : Ctrl+S
Inversion des joueurs : Ctrl+G
Forcer l'ordinateur à jouer : Ctrl+F
Revenir en arrière dans la partie : Ctrl+T
Suggestion de coup : Ctrl+H

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Status : Ctrl+1
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Rob Rob, novembre 2021

 
 
 
 
 
 
 
 
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